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jeudi, 24 septembre, 2020
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Bouteflika-Challenge : Ce que l’on retient du règne de Abdelaziz Bouteflika

01 mars 2019 à 10 h 30 min

Ils représentent la génération Bouteflika. Ils ont grandi, fait leurs études et certains sont même nés sous le règne de Bouteflika et n’ont jamais connu d’autres présidents autres que lui. Pourtant, ces jeunes qui ont toujours foi en leur pays, refusent un 5e mandat. El Watan Week-end s’est rapproché de cette jeune génération pour avoirson point de vue sur ces 20 dernières années.

 

CHOUROUK. 27 ANS, TECHNICIENNE EN HYDRAULIQUE

Avec le président Bouteflika au pouvoir depuis maintenant 20 ans, on assiste après chaque année qui passe à une séparation grandissante entre les classes sociales. La classe moyenne est vouée à disparaître dans peu de temps, laissant un large fossé entre la classe des riches et des pauvres. Depuis l’instauration des nouvelles lois de finances, le niveau de vie devient de plus en plus difficile à maintenir. Le système éducatif est en déclin et le niveau scolaire à tous les étages est à la dérive.

TARIK. 25 ANS, DOCTORANT EN SOCIOLOGIE

Il m’est assez difficile de me prononcer ou de parler de notre Président actuel, alors que c’est le seul chef d’Etat algérien que j’ai connu. Dès son investiture en 1999, il a récupéré tous les pouvoirs et entamé le programme social que son prédécesseur Liamine Zeroual a laissé derrière lui. D’un point de vue social, il est vrai qu’il a distribué un nombre incalculable de logements, et pour ça il «demande» à la population de lui en être reconnaissant.

Depuis 1991, Abdelaziz Bouteflika, le candidat de l’armée, nous a rendus encore plus dépendants du pétrole. La surexploitation de cet or noir épuisera d’ailleurs nos réserves en 100 ans, voire moins. On évitera également de parler de la corruption autour de la construction de l’autoroute Est-ouest. De plus, l’islamisme n’a jamais été aussi présent durant ces quatre mandats, particulièrement avec la construction du nombre important de mosquées.

KADER. 30 ANS, EMPLOYÉ DANS LES MéDIAS

Lorsque l’on observe la progression à travers le monde et que l’on s’amuse à faire une comparaison avec ce a été accompli chez nous, il est indéniable que nous sommes très loin de cette évolution, et ce, dans tous les domaines. Bien au contraire, nous assistons au fil des ans à une régression affolante d’un pays riche.

Avez-vous déjà rencontré un président de la République qui en quatre ans de mandat n’a accordé aucune interview à des journalistes algériens et à la presse algérienne ? En effet, Abdelaziz Bouteflika, c’est ce président qui ne parle qu’à la presse étrangère.

Le seul point positif c’est l’attribution des logements et les branchements supplémentaires du gaz dans de nombreuses régions reculées. De plus, nous dépendons exclusivement du pétrole, alors que développer les énergies renouvelables entre autres énergies solaire et hydraulique aurait pu nous avantager. Il semblerait que notre président ne s’y intéresse pas.

LEILA. 27 ANS, AGRONOME

D’un point de vue social, économique et politique, l’Algérie s’enlise et s’enlisera davantage si le président Abdelaziz Bouteflika brigue un 5e mandat. Lorsqu’il est arrivé au pouvoir en 1999, j’avais 8 ans, j’entamais ma troisième année primaire, et même en étant aussi jeune je me rappelais de l’espoir que la population avait en lui. Le peuple était content. Toutefois, les jeunes d’aujourd’hui ont perdu cet espoir autrefois si présent. Beaucoup ont quitté l’Algérie pour s’assurer d’avoir les meilleures études et le meilleur diplôme. C’est d’ailleurs bien dommage de laisser les Occidentaux capter notre matière grise au lieu de donner à cette dernière les opportunités de développer un pays qui est le nôtre.

J’ai constaté que la corruption est devenue quelque chose de normal, particulièrement dans les services administratifs. Pour ce qui est du système de santé, les hôpitaux ne font que se détériorer, alors que le nombre de mosquées ne fait que croître dans chaque coin de rue.

Le président actuel ne voit pas l’importance d’un système de santé un tant soit peu doté d’un minimum de matériels et de structures décentes. Ce qui ne l’est guère d’ailleurs. Cette situation a mené nos médecins à quitter leurs postes afin de travailler dans de meilleures conditions et avec un meilleur salaire.

YASMINE. 26 ANS, CADRE DANS UNE ENTREPRISE PUBLIQUE

J’avais 6 ans quand Bouteflika a été nommé président de la République. Au début, je l’aimais bien. Je me rappelle que les gens étaient contents qu’il soit président. Depuis, j’ai fini le cycle primaire de 6 ans. Puis j’ai passé mes 4 années au collègue, suivi de 3 autres au lycée. J’ai obtenu mon bac en 2010. Je suis rentrée à l’université. J’ai obtenu mon diplôme. J’ai rejoint une entreprise étatique où j’ai fait mes preuves. Aujourd’hui, je me plais dans mon travail. Je n’ai pas changé d’entreprise et je cumule 6 ans d’expérience. Ma vie a connu beaucoup de changements. Une seule constante : Bouteflika est toujours président. Ce que je retiens de son «règne» : la concorde nationale, son discours de Sétif en 2012 et son actuel état de santé et le fait qu’il soit réduit par tout un peuple aujourd’hui à juste un cadre.

KHALIL. 31 ANS, CADRE DANS UNE ENTREPRISE PRIVÉE

J’étais en 6e année primaire et j’avais 11 ans quand le président Abdelaziz Bouteflika a été élu. Je me rappelle que le peuple était content non seulement à la télévision, mais également autour de moi. Mon grand-père était heureux. Il le comparait à Boumediène. Il ne ratait jamais une occasion pour faire des discours.

Je me rappelle d’un de ses discours lorsqu’il a dit : «Il ne faut plus dépendre des hydrocarbures pour assurer l’avenir des générations prochaines». Malheureusement, 20 ans après, on en dépend toujours. J’aurais tant voulu qu’on prenne exemple sur la Norvège plutôt que de «succomber» au spectre du Venezuela ! En 2003, ma ville a été ravagée par un séisme. C’était celui Boumerdès.

Il était venu le lendemain. Il a été mal accueilli par les citoyens. La raison : on nous a laissé livrés à nous-mêmes cette nuit-là ! On n’a bénéficié d’aucune aide, encore moins d’une assistance. Beaucoup sont morts «bêtement» ! J’ai suivi une scolarité normale et obtenu mon master. Aujourd’hui, je suis cadre dans une entreprise privée et j’ai déjà 6 ans d’expérience. Tant de chemin parcouru sous le règne du même président Bouteflika.

Ce que je retiens de ces 20 ans de règne, c’est la réconciliation nationale. Sur le plan international, «Ach men aref kadrou, tab jnani et irfaa rassek a ba», son discours de Sétif du 8 mai 2012.

Beaucoup de jeunes sont décédés en mer, beaucoup plus que pendant la décennie noire ; le phénomène de la harga. Tous les jeunes de ma génération sont partis. Il aurait pu sortir par la grande porte après ses deux premiers mandats. Je veux que mon président s’adresse à moi ! Il faut qu’il parte pour que l’Algérie vive.

MALIK. 35 ANS, COMMERÇANT

J’avais 17 ans, lors de l’élection présidentielle de 1999. Parmi les candidats, il y avait Abdelaziz Bouteflika. Pour beaucoup, il inspirait la confiance et l’espoir. Mais, c’était loin d’être le cas pour moi. J’ai tout de suite su que c’était un beau parleur dans ses discours à la télévision, et je n’ai pas eu tort. Ses intentions montraient clairement la création d’un clan malveillant dès le départ. Il se comportait exactement comme Boumediène.

J’étais contre la concorde civile, car il a pardonné aux terroristes et leur a même donné l’opportunité de se faire une situation. C’est honteux ! Nous avions tellement souffert à cette époque du terrorisme. Il a fait monter le mouvement islamiste, notamment le soufisme avec l’instauration des zaouïas. Tous les projets réalisés jusqu’à présent ont tous coûté très cher à l’Algérie.

Pour les réalisations comme le métro d’Alger, ce n’est que le résultat de la mondialisation et non le travail du président. L’Algérie n’est auto-suffisante qu’à hauteur de 30% de ses capacités, alors qu’elle devrait l’être beaucoup plus. Aujourd’hui, Bouteflika est resté trop longtemps sur le trône avec sa dictature hors du commun en oubliant l’essence même de la démocratie. Il n’est pas apte, il n’est plus apte à être président, même les enfants pourraient remarquer cet état de fait.



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