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Bouira : La chaîne du Djurdjura en proie aux flammes

28 juillet 2019 à 10 h 10 min

Les dégâts qu’ont causés les nombreux incendies qui se sont déclenchés, durant les quatre journées du 23 jusqu’au 26 de ce mois de juillet, sur les massifs du nord de la wilaya de Bouira sont énormes. C’est une catastrophe écologique à classer.

Des dizaines de personnes ont été blessées, légèrement brûlées ou asphyxiées alors qu’elles affrontaient les flammes. Des centaines d’hectares de forêt, de maquis et d’arbres fruitiers ont été réduits en cendres. La faune de la région n’a pas survécu à la catastrophe. Des dizaines de sujets du singe macaque de Barbarie, appelé communément le Magot, et autres espèces ont péri. Pourtant, les températures n’étaient pas aussi élevées que durant le début et la mi-juillet. La commune de Saharidj et ses villages ont été les plus touchés par la calamité. Le mont Tamgout ou Lalla Khelidja, le symbole de la Kabylie, était en feu durant des jours.

Les brasiers ont atteint les portes des deux villages d’Ath Hammad et Ath Oualvane. «Jeudi dernier était une journée cauchemardesque. Vers 15h, plusieurs feux se sont déclenchés en un court laps de temps et à différents endroits de la montagne.

Nous avons attendu jusqu’à 17h pour que les éléments de la Protection civile arrivent sur les lieux, alors que leur base est à quelques minutes. Les flammes avaient ravagé de grandes superficies», témoigne un jeune d’Ath Hammad ayant participé à l’opération de lutte contre les feux. Les cendres et les fumées émanant des incendies sont arrivées jusqu’aux communes de M’chedallah, Chorfa et autres. Selon nos interlocuteurs, l’intervention des forestiers et des agents du Parc national du Djurdjura (PND) n’a pas eu un grand impact.

Les effectifs des deux organismes se comptaient sur les doigts de la main. Pourtant, les massifs forestiers de Bouira sont immenses. Ils occupent 112 250 ha, soit 25% de la superficie totale de la wilaya. Même avec l’arrivée des renforts de la Protection civile, la maîtrise des feux était impossible, vu la densité de la végétation et les vents forts qui soufflaient. Des dizaines de villageois, équipés de sacs à dos extincteurs de la Protection civile ont activement participé à l’opération. L’aide en matériel est venue aussi de la part des communes limitrophes et des privés. Ce n’est que vers 4h, hier, que les brasiers ont été circonscrits après avoir tout consumé sur leur passage.

Cependant, un autre incendie s’est déclaré vers midi sur le flanc ouest du mont de Lalla Khelidja, non loin du village Imesdourar, toujours dans la commune de Saharidj. La même situation a été endurée dans la commune d’Aghbalou, au nord-est, où la vague d’incendies avait semé la panique. Sur une altitude dépassant les 1200 mètres à Ighil Oubawal, des habitants de la région ont observé des flammes à 3h, mardi dernier. Au lever du jour, le foyer avait pris de l’ampleur en se dirigeant dans toutes les directions. Il n’a perdu de son intensité que le lendemain. Cependant et contre toute attente, le brasier a repris l’après-midi de jeudi en menaçant même d’atteindre les habitations.

Un appel a vite été lancé via les haut-parleurs des mosquées d’Aghbalou à la population locale pour intervenir et sauver ce qui restait. Ils étaient d’ailleurs des dizaines de volontaires, munis de pelles et différents outils, à affronter les flammes. Quelques véhicules légers de la Protection civile et un camion-citerne ont été dépêchés en renfort vers 18h30. Les nombreuses personnes, que nous avons interrogées à Aghbalou pensent que l’incendie est l’œuvre de pyromanes. «Un feu qui se déclare à 3h ne peut émaner que d’un être humain, car à cette heure et à cette altitude, il fait souvent frais», estime Rezzak, habitant d’Aghbalou.

Par ailleurs, les hauteurs des communes du nord-ouest de Bouira, notamment celles de Lakhdaria, Kadiria, Guerrouma, Boukram, Bouderbala et El Mokrani, ont aussi été dévastées par de nombreux feux. Les villageois ont été les plus touchés par le désastre. Là aussi, plusieurs personnes ont été évacuées vers les hôpitaux suite à des brûlures et des asphyxies. Hier, c’était à la cédraie de Tikjda, ou du moins ce qui en reste, de subir le même sort.

D’autres départs de feu de moindre importance sont enregistrés quotidiennement et à différents endroits de la wilaya.

Côté bilan, la Protection civile à Bouira communique souvent des chiffres dérisoires des pertes. Quant à la conservation des forêts et le PND, ces deux organismes ne communiquent plus. Des questions légitimes se posent alors sur l’efficacité du plan de lutte contre les feux de forêt. Par ailleurs, aucun officiel de la wilaya ne s’est donné la peine de se déplacer sur les lieux des catastrophes. L’APW, quant à elle, est restée aux abonnés absents. Même l’installation de la cellule de crise, lors de la survenue d’une telle catastrophe, n’a finalement pas eu lieu.


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