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Surcharge des classes, faibles quotas de logements, «injustice fiscale» : «Bir Ghbalou est une commune pauvre»

13 octobre 2019 à 9 h 00 min

Si elle peut compter sur un secteur agricole assez prospère, la population de Bir Ghbalou attend plus de soutien en termes d’aide à l’habitat rural, de places pédagogiques et d’encadrement sanitaire.

La commune de Bir Ghbalou compte environ 12 000 habitants dont «la moitié en zone éparse», selon Ahmed Brahimi, vice-président de l’APC. «On a beaucoup de zones rurales. C’est une commune à vocation agricole, mais on espère et on aspire à devenir aussi une commune industrielle», ajoute l’élu municipal en misant notamment sur la nouvelle zone d’activité en voie d’aménagement.

En bon connaisseur du secteur agricole, étant lui-même agriculteur, Ahmed Brahimi confie : «Dans la famille, on est de petits producteurs de céréales mais on ne lâche pas. L«agriculture, caest la mère de tous les métiers.» D après lui, «le secteur agricole connaît une évolution positive. Ça avance à petits pas, mais ça avance.»

Il souligne, en outre, que «depuis la faillite du FNDRA (le Fonds national pour le développement rural et agricole, ndlr), il n’y a plus de programme spécial» pour soutenir le secteur. «80% des terres sont gérées par l«ONTA, l’Office national des terres agricoles.

Ce sont des EAC, des terres du domaine privé de lOEtat», indique le vice-président de l’APC. «La superficie majeure est dédiée à la production de céréales. C’est elle qui prime.» La filière pomme de terre est en plein essor, notamment autour de la plaine de Arib qui représente un périmètre irrigué de plus de 2000 hectares. A cela, il faut ajouter la culture maraîchère.

Au chapitre de la production animale, l’élevage de bétail est très ancré dans la région. A noter aussi l’aviculture qui prospère, «surtout le poulet de chair». «On a deux unités étatiques de poules pondeuses affiliées à l’ORAC (l’Office régional de l’aviculture du Centre, ndlr)», complète M. Brahimi.

Pour ce qui est de la zone d’activité, l’élu municipal estime que cela va ouvrir de belles perspectives à la commune. «L’agriculture fait vivre les gens, mais notre grand espoir, c’est la zone d’activité», se réjouit-il. Plusieurs zones d’activité ont été lancées ces dernières années sur l’ensemble du territoire de la wilaya de Bouira : à Sour El Ghozlane, à Dirah, à Oued El Berdi «Dans ce cadre-là, notre zone d’activité a été créée.

L’étude a été approuvée, les gens déposent leurs dossiers à la DMI (Direction des mines et de l’industrie), et la wilaya autorise les investisseurs à travailler.» Et de poursuivre : «C’est une zone de 50 hectares. D’après les dossiers déposés, c’est essentiellement une industrie agro-alimentaire, conformément aux spécificités de la région. Les travaux ont commencé.

Ce projet, c’est la bouffée d’oxygène de Bir Ghbalou, sinon, ces petites localités vont être confrontées à de gros problèmes avec la démographie galopante, le chômage grandissant.» La commune mise, par ailleurs, sur deux marchés hebdomadaires pour soigner sa trésorerie.

«On a besoin de plus de quotas pour l’habitat rural»

M. Brahimi insiste sur un point important : le paiement de la TAP (Taxe sur l’activité professionnelle). Il pointe une «injustice fiscale» qui pénalise un grand nombre de nos municipalités, en ce sens que le règlement de la TAP s’effectue au profit de la commune abritant le siège social et non pas le territoire où est implantée l’activité.

«C’est comme avec Sonatrach qui verse sa TAP à Hydra et non pas à Ouargla», explique l’élu FLN. «Bir Ghbalou est une commune pauvre. En ces temps de crise, on reçoit des instructions strictes nous exhortant à améliorer nos revenus.

On réclame donc le droit à la TAP. Cela représente un manque à gagner pour les communes.» «Il y a deux sites agro-alimentaires d’envergure sur le territoire de Bir Ghbalou, qui, par je ne sais quel artifice de gestion, versent leur TAP à d’autres communes. Le problème est que leur siège social et leurs registres de commerce ne sont pas ici.» C’est le cas notamment de l’ORAC, précise-t-il.

Evoquant la zone d’activité, Ahmed Brahimi prévient : «On va être méticuleux sur la question du siège social pour ne pas revivre le problème de l’ORAC. Le siège social doit être installé à Bir Ghbalou pour que ces entreprises paient leurs impôts à Bir Ghbalou. Au législateur ou aux décideurs de fermer cette brèche de lvimpôt payé au siège de la maison-mère.

Ça concerne toutes les communes.» Autre manque à gagner : «On a une importante centrale électrique implantée ici, mais là encore on ne perçoit rien sur l’activité de cette centrale. On nous dit : ‘‘ce n’est pas une entreprise commerciale.’’ Je regrette, le transport de l’électricité est un commerce», plaide l’adjoint au maire.

Le P/APC, Samir Zoubiri, qui nous a rejoints en cours d’entretien, occupé qu’il était à faire la tournée des écoles, nous fait part à chaud de l’état des établissements scolaires dans sa circonscription.

Hormis l’état du mobilier qui nécessite réparation dans certaines classes, le maire s’inquiète de la «surcharge des classes, surtout dans les CEM». La commune dispose de 8 écoles primaires, 2 CEM et un lycée «qui accueille également des élèves d’El Khabouzia».

«On a plus de 40 élèves dans plusieurs classes. Ça influe forcément sur les chances de réussite des élèves», relève M. Zoubiri. Un nouvel équipement est attendu sur des charbons ardents : «On doit réceptionner dans quelques mois un groupe scolaire de 12 classes», nous informe le P/APC.

Autre souci : le manque d’encadrement et la difficulté à fidéliser les profs dont certains, nous dit-on, viennent de Médéa, de Béjaïa, de Relizane… «Ils demandent un logement de fonction, mais ces logements sont occupés par les retraités et leurs enfants.» Le même déficit d’encadrement est constaté aussi au niveau des structures de santé, «surtout les médecins spécialistes».

S’agissant, plus globalement, du sempiternel casse-tête du logement qui a provoqué même des émeutes, les quotas sont maigres «alors que la demande est trop forte», déplore M. Zoubiri. «On a un quota de 50 logements LPA et 20 quotas d’aide à l’habitat rural.» M.  Brahimi fera remarquer : «On a besoin de plus de quotas pour l’habitat rural.

Cela permet de stabiliser les populations des campagnes.» Même l’équipe municipale est mal lotie, glissent nos hôtes, en espérant décrocher une enveloppe pour construire un nouveau siège plus digne, même si les deux élus insistent sur le fait qu’il passent plus de temps à l’extérieur, au contact de leurs administrés, que dans ces locaux austères et froids…


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