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jeudi, 28 mai, 2020
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BéjaÏa, un an de Révolution : Une halte pour repartir du bon pied

22 février 2020 à 10 h 19 min

Difficile de croire qu’une année entière s’est écoulée depuis le jour J de la révolution citoyenne algérienne tant le paysage est le même.

Le même peuple est toujours dehors, comme chaque vendredi, à clamer sa volonté de changement, son espoir têtu d’un avenir meilleur et d’un pays de dignité et de droits alors que les mêmes hommes de pouvoir, à quelques exceptions près, font les mêmes promesses éternellement ressassées mais jamais tenues. Et ce à l’heure où des hommes libres et innocents croupissent toujours en prison pour délit d’opinion ou volonté de changer les choses pacifiquement.

Ce sentiment d’un peuple toujours déterminé face à un pouvoir sourd, c’est sans doute l’épouse du prisonnier d’opinion Abdelwahab Fersaoui, le président de l’association RAJ, toujours embastillé à El Harrach, qui l’exprime le mieux. Venue comme chaque vendredi manifester avec ses enfants, elle dira : «La célébration de cet anniversaire d’une année de hirak est une victoire car le peuple est toujours déterminé malgré plusieurs facteurs, comme la répression et les changements politiques, la mobilisation reste intacte. Je suis fière d’être de ce peuple et parmi ce peuple qui est un grand peuple. Par rapport à mon mari, j’exige toujours sa libération immédiate et inconditionnelle. Il n’a rien fait de mal, il a juste exprimé ses opinions et rêvé d’une nouvelle Algérie libre et démocratique, d’une Algérie des droits. Sa place n’est pas à El Harrach. Il doit être parmi son peuple et ses enfants.»

L’esplanade de la Maison de la Culture de Béjaïa s’est remplie très tôt, ce vendredi 21 février, de manifestants armés de banderoles et de pancartes attendant patiemment que l’on donne le départ de la marche. Cela est devenu un rituel bien rodé. Les marcheurs arrivent en petits groupes ou individuellement et bavardent avec les connaissances et les amis tandis que certains carrés donnent de la voix et échauffent leurs cordes vocales en attendant que l’armée des prieurs sorte de la mosquée et vienne grossir les rangs des marcheurs tout en donnant le signal du départ.

Pendant le parcours de la marche, certains citoyens ont bien voulu nous faire part de leurs sentiments par rapport à ce premier anniversaire. Sofiane, avocat militant et assidu à toutes les marches et actions citoyennes de protestation, estime que la révolution du 22 février a pu garder son sourire malgré toutes les tentatives de la détourner de son objectif initial et principal. «Aujourd’hui en tant qu’Algérien, je me sens fier, de cette fierté qui nous a été interdite et confisquée depuis des années. C’est vrai que la Révolution n’a pas atteint tous ses objectifs mais je suis persuadé qu’avec la conviction et la détermination de ce peuple, nous allons aboutir», dira-t-il.

Pour Amira, étudiante et militante du Parti socialiste des travailleurs, cette année est exceptionnelle car personne n’imaginait que le peuple pouvait se mobiliser de si belle manière. «Ce qui est bien est qu’on a récupéré l’espace public et c’est peut-être là la chose la plus importante, car avant il nous était interdit de manifester ou de revendiquer nos droits», dira Amira.

Pour Toufik, marcheur également assidu et observateur averti de la chose politique, le plus important reste la détermination du peuple. «Je me suis rendu compte que je n’étais pas seul à avoir cette volonté et cette détermination de changement. Auparavant, on pensait que chacun était seul dans son coin, mais le 22 février est venu pour nous prouver que nous sommes des millions à vouloir changer les choses. Après le 22 février, les Algériens se sont à nouveau rencontrés et reconnus et ils ne sont pas près de se séparer. Le vendredi est un jour de communion générale. Au-delà des convictions politiques et idéologiques et parfois sectaires, on voit des Algériens de tout bord marcher les uns à côté des autres. C’est la plus grande victoire de cette Révolution, le peuple n’est désormais plus divisé mais uni dans sa vision d’un avenir commun meilleur. Il a aussi appris à connaître et à reconnaître ses véritables adversaires. Le peuple sait aussi qu’il doit absolument rester pacifique car c’est véritablement sa seule arme», dira-t-il.

Le 53e vendredi n’est pas un jour de grandiose mobilisation, loin s’en faut. Pour un premier anniversaire, il faut avouer qu’il n’y a pas eu les foules immenses que l’on était en droit d’attendre pour un tel événement, mais il faut reconnaître que même si la mobilisation peut varier d’un vendredi à l’autre, elle reste la même. Le premier anniversaire n’est pas une halte ni une arrivée, mais juste un autre départ. 



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