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Béjaïa : «Tebboune n’est pas mon président»

18 décembre 2019 à 10 h 15 min

Une compresse oculaire sur l’œil, le nez enfariné et un sachet contenant de la farine à la main. Telle est l’image qu’ont donné à voir, hier, plusieurs manifestants lors de la marche de la communauté universitaire et de la société civile de Béjaïa, qui ont battu le pavé du campus Targua Ouzemmour jusqu’au palais de justice.

Le port de la compresse ophtalmique est un message de solidarité avec les manifestants réprimés par la police à travers plusieurs wilayas du pays lors du 43e vendredi de contestation contre le système. Le geste se veut également une dénonciation des violences policières face à un mouvement qui n’a pas abandonné son caractère pacifique dix mois durant.

Les joues et le nez enfarinés renvoient à l’inacceptation d’un Président rejeté par plus de 60% des électeurs et dont le fils, Khaled Tebboune, est impliqué dans une affaire de trafic de cocaïne.

Lors de ce 43e mardi, le premier après l’élection présidentielle tenue le 12 décembre, les étudiants sont sortis plus nombreux que d’habitude. Les assemblées générales organisées durant la semaine écoulée a pu remobiliser un tant soit peu cette frange de la société aux côtés de leurs enseignants.

Fidèles à ce rendez-vous de protestation, plusieurs syndicats ont participé à la marche. A leur tête, le Snapap qui a mobilisé ses sections communales. Plusieurs communes et administrations ont répondu à l’appel à la grève de deux jours initiée par ce syndicat qui compte des adhérents, notamment, dans le secteur de la Fonction publique.

Les manifestants ont encore une fois contesté l’élection de Abdelmadjid Tebboune. Se félicitant d’avoir provoqué un insignifiant 0,12% au scrutin, les manifestants scandent «L’Etat agenouillé en Kabylie !» en s’asseyant sur la chaussée. Des dizaines de pancartes dénoncent une «élection de la honte» et «frauduleuse». Les protestataires ont explicitement signifié que Tebboune n’est pas leur président à travers des écriteaux.

Les slogans rejetant l’appel du panel de Karim Younès au dialogue et à la concertation, au début du mouvement populaire, ont été dépoussiérés pour les opposer à la proposition de dialogue du nouveau locataire d’El Mouradia. «Pas de dialogue avec la bande !» «La hiwar, la chiwar, trouhou gaa !» (Pas de dialogue avant votre départ), scandent-ils.

Encore une fois, les manifestants ont réaffirmé leur attachement à un «Etat civil non militaire !», sachant que le nouveau Président n’est, en réalité, que la vitrine civile du pouvoir militaire, qui est à la manœuvre depuis la démission du président déchu, Abdelaziz Bouteflika. Arrivés devant le palais de justice, les manifestants ont appelé à la libération des détenus du mouvement populaire.


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