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Béjaïa : «Nous refusons d’abdiquer»

22 janvier 2020 à 10 h 00 min

La 48e marche de mardi a eu lieu à Béjaïa avec le même apport précieux de la société civile et des travailleurs, sous un ciel gris et un temps frais qui n’ont pas dissuadé les fidèles de cette mobilisation hebdomadaire d’investir la rue et de faire le même itinéraire à partir du campus de Targa Ouzemmour vers le tribunal.

La coïncidence de la manifestation d’hier avec la période des examens qui débute à l’université n’a pas permis d’espérer le grand retour des étudiants. Hier encore, syndicats, PAD et travailleurs ont été au rendez-vous et le Snapap a reconduit sa grève hebdomadaire. Dans quel état d’esprit se trouve la majorité de la communauté estudiantine à Béjaïa ? Tarik Drissi, étudiant de master 2 en littérature et civilisation anglaises, croisé dans la marche, nous donne des éléments de réponse : «On a connu une grève qui a fait que nous sommes dans un grand retard. Je pense qu’elle est pour beaucoup dans l’absence de la majorité des étudiants qui préfèrent se concentrer sur leurs examens.» «Nous continuons le combat pour l’instauration d’un Etat de droit. La construction d’une vraie République ne se fait pas en un mois, une année ou même en dix ans, c’est un processus long. Pour ceux qui pensent que le mouvement n’aboutira à rien, on leur répond que c’est ce qui a fait que Bouteflika a gouverné pendant 20 ans, profitant de notre silence. Le système maintient la répression, nous, nous refusons la soumission», ajoute Tarik.

Un travail d’organisation a été initié, pour rappel, et a abouti à l’élection de comités de facultés. Mais beaucoup parmi les plus engagés des étudiants estiment qu’il y a encore un travail de conscientisation à mener. Nombreux, comme Tarik, les étudiants qui sont persuadés que le maintien des marches de mardi est déjà «une réussite» en soi. L’apport précieux de la société civile a sa part dans cette réussite. «La société civile nous rejoint toujours et cela nous donne de la force et une occasion pour nous remettre en cause, voir où nous en sommes et nous redonne l’espoir de pouvoir relancer la machine» explique Tarik, optimiste de voir la dynamique estudiantine reprendre du poil de la bête. «La révolution continue et la mobilisation est là, même si elle connaît un certain recul. Notre objectif est de maintenir la protestation de rue, malgré les quelques difficultés pour la mobilisation. Nous allons essayer de relancer la dynamique des conférences et des activités politiques» annonce-t-il. La communauté universitaire c’est aussi les enseignants et les ATS, avec les mêmes personnes engagées.

Elle a ressorti hier ses slogans pour réitérer son refus de se laisser entraîner dans la normalisation. Mahrez Bouich, enseignant de philosophie, considère que la mobilisation est là malgré tout. «La communauté universitaire est là, elle essaye de garder cette dynamique, parce que le peuple algérien sait au fond de lui qu’il n’y a que le hirak qui peut sauver l’Algérie du naufrage», nous répond-il. «Il est vrai que pendant l’été, il n’y avait pas assez de mobilisation pour des raisons subjectives et objectives, mais ces derniers temps on constate un retour graduel de la participation des étudiants, des enseignants et des travailleurs, avec l’implication de la société civile. Cela donne une mobilisation extraordinaire. C’est un indice clair de l’adhésion totale de la communauté universitaire de Béjaïa à la révolution. C’est une preuve aussi que la communauté universitaire porte haut et fort les revendications scandées par le peuple algérien depuis le 22 février, à savoir le changement radical et pacifique du système, l’instauration d’une République digne de ce nom, celle des libertés, de la démocratie et de la justice sociale et la réhabilitation de la souveraineté populaire», développe-t-il. Mahrez Bouich constate que la contre-révolution est menée par le pouvoir, mais aussi par une élite qu’il qualifie de «pessimiste» et qu’il voit dans une position «d’abdication et de soumission». «Nous sommes face à deux logiques : celle du peuple qui mène une révolution extraordinaire et celle du système en place qui veut se reproduire», résume-t-il à l’issue de la marche, qui s’est terminée avec un rassemblement de quelques dizaines de manifestants devant le commissariat central en soutien à des citoyens convoqués par la police pour leurs publications sur Facebook en rapport avec le mouvement populaire. 



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