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Bachir Hakem. Syndicaliste et enseignant retraité : «L’éducation est un secteur-clé, il faut investir dans l’homme»

12 mai 2021 à 10 h 47 min

Bachir Hakem est un syndicaliste chevronné, membre fondateur de deux syndicats, à savoir le Cnapest et le CLA. Il a à son actif 32 ans d’expérience. Bien qu’actuellement retraité, en sa qualité de syndicaliste, il suit de près le mouvement de protestation des enseignants.
Dans cet entretien, il revient sur les remous qui secouent le secteur qui a longtemps été le sien.

  • Peut-on avoir quelques éclaircissements sur ce mouvement de contestation des enseignants qui a débuté il y a près d’un mois et dont on dit qu’il est spontané ?

C’est la réaction des enseignants qui a été spontanée, mais le ministère devait s’attendre à cette réaction. Si cette protestation a été spontanée, elle vient du fait qu’on a touché aux salaires des enseignants à la veille du Ramadhan.

C’est un problème récurrent. Tant qu’il n’y a pas de réaction de la part de la tutelle, cette réaction, ou plutôt je l’appellerai ce «soulèvement» du 15 avril 2021 est devenue une grève qui a réactivé les anciennes revendications des syndicats, à savoir le pouvoir d’achat, le statut particulier de l’enseignant, l’intégration des contractuels, etc.

  • Il y a eu une réunion, à laquelle ont pris part notamment le chef de cabinet de la wilaya et le directeur d’académie en vue de calmer les esprits, et les salaires ont été versés. Mais la colère gronde toujours…

La protestation a commencé au lycée Lotfi d’Oran, puis les autres établissements ont rejoint le mouvement. Mais lorsqu’un mouvement grandit et prend toute une wilaya, il y a d’autres revendications qui se font automatiquement, qui dépassent le règlement des salaires : notamment le pouvoir d’achat. Cela s’est ressenti pendant le mois de Ramadhan. Et il n’y a toujours pas de réaction de la part du ministre, parce que ça le dépasse.

Automatiquement, cette protestation est devenue aujourd’hui nationale, les syndicats ont rejoint le mouvement, et la solution est entre les mains du gouvernement beaucoup plus que du ministre.

  • Que répondez-vous aux critiques qui pleuvent sur les enseignants, les taxant de manipulés à la solde de l’étranger ?

Quand on ne peut pas répondre concrètement aux revendications des protestataires, le ministre et le gouvernement se cachent derrière ces accusations qui n’ont aucun sens. C’est toujours la même chanson. Aujourd’hui, il y a un problème au niveau de l’éducation et de la Fonction publique d’une manière générale, c’est celui du pouvoir d’achat.

  • Les élèves, donc, sont en train de faire les frais de ce dialogue de sourds…

Dans toute grève dans l’éducation, ce sont les élèves qui en payent le prix. Depuis 2003 (année d’une grande protestation dans le secteur de l’éducation, ndlr), à tous les ministres qui se sont succédé, on a dit : vous n’avez pas le pouvoir décisionnel. C’est-à-dire qu’il s’était agi de dialogues vides. Tant qu’il n’y aura pas de pouvoir décisionnel, les grèves se répéteront alors que l’éducation est un secteur-clé. Il faut investir dans l’homme pour un pays qui veut se développer.

  • Les examens de troisième trimestre approchent, pensez-vous qu’une solution sera trouvée avant cette échéance ?

Les élèves sont en train de faire les frais de toutes ces grèves, mais la responsabilité n’incombe pas aux enseignants, loin de là. La réaction de la tutelle se fait toujours après 3 à 4 semaines. Maintenant, après près d’un mois de grève, pour ne parler que de la wilaya d’Oran, il y a une inégalité de progression dans les programmes.

On est à la mi-mai, le ministère a deux choix : ou bien annoncer officiellement le seuil pour arranger les élèves qui n’ont pas eu cours depuis un mois (autrement, arrêter le programme au deuxième trimestre), ou bien reporter les examens et demander aux enseignants de rattraper le retard qui a été fait.

Si on va au seuil, cela touchera la crédibilité du baccalauréat 2021, d’autant que les programmes sont d’ores et déjà allégés à cause de la pandémie. Sinon, il y a l’option du report de deux ou trois semaines, de manière à laisser aux enseignants le temps de rattraper les cours.

Propos recueillis par Akram El Kébir


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