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Baccalauréat : La moyenne d’admission fixée à 9/20

12 octobre 2020 à 11 h 06 min

Le ministre de l’Education nationale, Mohamed Ouadjaout, a justifié cette décision par les conditions sanitaires exceptionnelles liées à la pandémie de la Covid-19 ayant marqué, cette année, le déroulement des épreuves.

Choquante et inattendue ! Ce sont les premières impressions retenues quant à la décision de révision à la baisse de la moyenne de réussite à l’examen du baccalauréat session 2020.

La décision a été annoncée hier tôt dans la matinée. Dans une déclaration à la presse, le ministre de l’Education nationale, Mohamed Ouadjaout, a déclaré que la moyenne de réussite au baccalauréat session 2020 a été fixée à 9/20.

Il a justifié cette décision par les conditions sanitaires exceptionnelles liées à la pandémie de la Covid-19 ayant marqué cette année le déroulement des épreuves. «Nos enfants ont souffert durant ces 8 mois de confinement et d’éloignement du milieu scolaire d’un stress et d’une pression psychologique sans précédent.

C’est la raison pour laquelle et en complément des dispositions de l’arrêté numéro 25 du 2 octobre 2007 fixant les modalités d’organisation de l’examen du baccalauréat, modifié par l’article 23 bis, que tout candidat ayant obtenu une moyenne égale ou supérieure à 9/20 est considéré admis, à titre exceptionnel, à l’examen du baccalauréat session 2020», dévoile-t-il d’un ton serein avant d’annoncer que les résultats de cet examen «d’envergure internationale» seront proclamés incessamment juste après les délibérations.

Selon des cadres au ministère, la date du 18, voire le 15 septembre, serait déjà retenue pour cet événement crucial dans le cursus scolaire des 637 538 candidats à cet examen national.

Une décision refusée

«Le bac est un diplôme d’accès à l’université. Pour être un bachelier, l’élève doit justifier d’un niveau appréciable. Ce n’est pas le cas avec un 9 de moyenne et deux trimestres d’études seulement.

Pour nous, c’est une décision irréfléchie», déclare Meziane Meriane, coordinateur national du Syndicat des professeurs de l’enseignement secondaire et technique (Snapeste), qui dénonce cette prise de cette décision unilatérale sans aucune consultation avec les partenaires sociaux qui auraient pu, selon ses propos, proposer un système de rachat bien justifié avec des critères bien précis.

«Parmi ces bacheliers qui ont un 9 au baccalauréat, on peut très trouver des élèves qui n’avait que 5 de moyenne durant l’année. Est-ce un niveau d’université ?» s’interroge notre interlocuteur.

Un avis partagé par Messaoud Boudiba, porte-parole du Conseil national des enseignants du secondaire et du technique (Cnapest), qui qualifie cette décision d’«irraisonnée».

Son premier impact, selon lui, est la différence de niveaux entre le lycée et l’université, dont l’élève en est le premier et unique perdant. Même son de cloche du côté du Syndicat autonome des travailleurs de l’éducation et de la formation (Satef).

Son secrétaire général, Boualem Amoura, crie au scandale. «C’est une mascarade. Nous avions déjà refusé la révision à la baisse de la moyenne de passage du collège au lycée. Le faire pour le baccalauréat est juste inacceptable.

C’est du populisme à outrance Avec cette moyenne, aucun bachelier ne pourra prétendre à s’inscrire dans les spécialités de son choix, encore moins espérer suivre ses études sous d’autres cieux. C’est toute la crédibilité de l’examen qui est remise en question. Nous avons atteint le fond et nous creusons encore», s’emporte-t-il.

Incompréhension générale

Même écho du côté des parents d’élèves. «Que mon fils ou ma fille obtienne le bac est certes une bonne chose, mais finalement pour faire quoi ? Ce bonheur d’obtention de ce diplôme ne durera pas longtemps, étant donné qu’avec 9 de moyenne, aucune spécialité n’est accessible.

C’est une décision sans issue», fait savoir Ali Benzina, président de l’Organisation nationale des parents d’élèves.

Il met le doigt sur un autre immense problème qu’est de refaire le bac qui nécessite le gel de ces actuelles inscriptions. «Avec cette moyenne, le bac n’est valable que pour cette année.

L’élève est condamné à faire la spécialité qui lui est offerte sans avoir le droit de changer vers une autre meilleure. Pour le refaire, il devra abandonner cette pseudo réussite, puisque dans les années à venir, un 9 de moyenne ne sera accepté dans aucun département.

Sinon il devra se contenter d’une spécialité qu’il n’aime pas ou tenter d’obtenir un autre bac en candidat libre avec une meilleure moyenne», estime-t-il avant de dire préférer l’échec et la chance de refaire dans le milieu scolaire qu’une réussite exceptionnelle. Pourquoi une décision pareille ?

C’est la question que se posent bon nombre d’Algériens, de syndicalistes et de pédagogues. Selon les observateurs, en plus d’un aspect populiste à la veille du référendum sur la révision de la Constitution, cette décision pourrait être justifiée par la surcharge dans les lycées, notamment avec le passage de 90% des élèves de 4e année moyenne.

Autre explication plausible : le taux de réussite avec 10 de moyenne est très faible, d’où le recours à cette décision de révision à la baisse jusqu’à 9/20. Dans tous les cas de figure, cette décision n’est pas sans impact et sur le niveau des élèves au lycée et des étudiants à l’université.

Le ministère fixe le calendrier des vacances scolaires

Dans un communiqué rendu public, hier, le ministère de l’Education nationale a dévoilé le nouveau calendrier relatif à la rentrée scolaire et aux 3 périodes de vacances.

Il est précisé que la rentrée scolaire se fera le 21 octobre pour les élèves du primaire et le 4 novembre pour ceux du collège et du lycée.

Gardant toujours les 3 trimestres, malgré un retard de 2 mois déjà, le département de Mohamed Ouadjaout fixe le jeudi 28 janvier pour les vacances d’hiver. D’une durée de 10 jours, elles se poursuivront jusqu’au 6 février.

Idem pour les vacances de printemps qui auront lieu du 11 au 20 mars 2021. Les grandes vacances d’été sont prévues à partir du 8 juillet.

Ainsi, les trimestres sont cruellement rétrécis avec 3 mois pour le 1er trimestre et un seul maigre mois pour le 2e trimestre qui n’en garde que le nom.

Le 3e trimestre reste inchangé par rapport aux années précédentes avec près de 6 semaines d’études, compositions comprises.

Le personnel administratif ne pourra espérer partir en congé qu’à partir du 22 juillet pour la 1re et 2e régions et le 15 juillet pour la région du sud. A. Bersali


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