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Les rafles au Maroc durent depuis juillet

Au moins 5000 migrants refoulés vers la frontière algérienne

08 septembre 2018 à 1 h 47 min

Une répression féroce s’abat sur les migrants au Maroc. Les rafles de ressortissants subsahariens n’ont pas cessé depuis juillet dernier. «La répression d’envergure qu’exercent les autorités marocaines contre des milliers de migrants, demandeurs d’asile et réfugiés subsahariens en l’absence de procédure régulière est cruelle et illégale», a déclaré Amnesty International (AI) dans un communiqué rendu public hier sur son site.

Depuis fin juillet, la police marocaine, ainsi que la gendarmerie royale et les forces auxiliaires, procèdent à des raids majeurs dans les quartiers de plusieurs villes où vivent les réfugiés et les migrants, d’une intensité particulière dans les provinces du nord du pays de Tanger, Nador et Tétouan, qui bordent la frontière espagnole, précise l’ONG. «Cette répression choquante contre les migrants et les réfugiés au Maroc est à la fois cruelle et illégale

Elle représente un recul inquiétant pour un gouvernement qui, en 2013, a adopté de nouveaux engagements en matière d’asile et de migration afin d’amener le Maroc à respecter les normes internationales», a noté Heba Morayef, directrice du programme Afrique du Nord et Moyen-Orient à Amnesty International. Selon l’organisation, qui cite l’Association marocaine des droits humains (AMDH), quelque 5000 personnes ont été arrêtées dans le cadre des opérations depuis juillet, entassées dans des bus et abandonnées dans des zones isolées proches de la frontière algérienne ou dans le sud du pays.

Une traque pour «plaire aux Européens»

L’ONG a comptabilisé le nombre de bus quittant les provinces de Tanger, Tétouan et Nador, et estimé le nombre de personnes arrêtées. «Les migrants traqués à Tanger, y compris les blessés lors des interventions des autorités, se sont réfugiés dans les forêts proches. Même là, ils sont attaqués, arrêtés et refoulés comme cela était le cas aujourd’hui. La guerre aux migrants s’étend dans le temps et dans l’espace. Bientôt un mois de traque et de violations pour plaire aux Etats européens et sévir leurs politiques d’exclusion», a précisé, hier, la section de Nador de l’AMDH sur sa page Facebook.

D’après les informations obtenues par Amnesty International sur la répression en cours, les autorités, précise l’organisation, ont arrêté des migrants, demandeurs d’asile et réfugiés sans vérifier leurs papiers, les ont détenus pendant quelques heures, ont recueilli leurs empreintes, avant de les faire monter de force à bord de bus. «Ils ont été menottés ou ont eu les mains attachées à l’aide de corde. Ils ont été déplacés de force vers des zones éloignées, près de la frontière algérienne, ou dans des zones isolées du Sud, près de Tiznit, Errachidia, Benguerir, Beni Mellal et Marrakech», précise AI.

Lors de ces récents événements, au moins 14 demandeurs d’asile et quatre réfugiés enregistrés au Maroc ont été transférés de force vers le sud du pays, selon le Haut-Commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR) à Rabat, cité dans le communiqué d’AI. Pour l’ONG, «si les autorités marocaines ont le droit de réglementer l’entrée, le séjour et la sortie de leur territoire, ce droit doit s’exercer en cohérence avec le droit international relatif aux droits humains et la Convention relative au statut des réfugiés». 

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