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mardi, 22 juin, 2021
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Les interpellations des manifestants ne se sont jamais arrêtées

Au moins 1000 poursuites en justice depuis le début du hirak

22 février 2021 à 10 h 28 min

Les interpellations des manifestants du hirak n’ont jamais cessé depuis le début du mouvement en février 2019. Elles s’étaient même intensifiées à partir de juin 2019, après le discours très dur de l’ancien chef d’état-major, Ahmed Gaïd Salah, qui a dénoncé «la tentative d’infiltrer les marches et de porter d’autres emblèmes que notre emblème national par une infime minorité».

Les institutions de l’Etat, particulièrement le ministère de la Justice, ont toutefois rarement communiqué sur les cas d’interpellation et de détention. Ils le feront avec parcimonie lors des premiers vendredis (communiqué de la DG sur les «casseurs» du Saint-Georges), et ces derniers jours pour expliquer la décision du président Tebboune de «gracier» des détenus accusés de «crimes liés aux technologies de l’information et de la communication».

Aucun chiffre officiel n’est donc disponible permettant de recenser ces différents cas, ni même les chefs d’inculpation pour lesquels des centaines de manifestants avaient été poursuivis devant les juridictions du pays.

Des activistes, des avocats et mais surtout le très régulier Comité national pour la libération des détenus (CNLD) rendent publics périodiquement des bilans de ces interpellations, sans que les chiffres soient confirmés ou infirmés par différents ministères (Intérieur, Justice) chargés de la gestion sécuritaire des actions de protestation.

«On n’a pas un chiffre exact sur le nombre d’interpellations et de poursuites. Mais on a pu tout de même recenser pas moins de 350 détenus d’opinion depuis février 2019. Les interpellations, elles, ont dépassé les 5000 durant les mois de juin et juillet 2019, et particulièrement en novembre et décembre 2019. Pour la seule journée du 19 juin 2020, il y avait eu pas moins de 600 interpellations, à travers plusieurs wilayas. Il y a une précision à faire : le mot ‘‘interpellation’’ concerne les personnes arrêtées en pleine marche et conduites vers des commissariats, où elles ont signé des PV mais sans qu’il y ait placement sous mandat de dépôt», précise Zaki Hannache, militant du hirak, qui s’est fait fort de recenser quotidiennement les cas d’interpellation.

Pour Hannache, plus de 1000 personnes ont été poursuivies devant les tribunaux à travers le territoire national. «Toutes les wilayas étaient concernées, à l’exception de la wilaya de Tindouf. Ces poursuites ont concerné toutes les catégories sociales : des médecins, des journalistes, des enseignants de lycée, des universitaires, etc., lesquels ont perdu leur emploi en raison de ces poursuites, qui ont aussi touché tous les âges : de 17 à 86 ans. Il y a par exemple le jeune interpellé pour port de l’emblème amazigh, et le défunt commandant Lakhdar Bouregaâ. Le nombre reste énorme. Lorsque l’on sait que les interpellations intervenaient avant, pendant et après les marches et les rassemblements. On ne peut pas tout compter», estime l’activiste.

Une trentaine de détenus d’opinion encore en prison

Les chefs d’inculpation pour lesquels les activistes sont interpellés et parfois présentés devant les magistrats ont concerné l’«atteinte à la sécurité de l’Etat», «atteinte au moral de l’armée»,  «publication pouvant porter atteinte à l’unité nationale»…

Si durant l’année 2019, les arrestations n’avaient presque jamais cessé, un geste d’apaisement est intervenu début 2020 par la libération de 76 détenus d’opinion, dont le moudjahid Lakhdar Bouregaâ, des militants du RAJ  et le général à la retraite Hocine Benhadid. Les arrestations reprendront néanmoins de plus belle.

Elles avaient concerné l’«offense» à l’islam et au président de la République, etc., à travers des publications sur les réseaux sociaux. Parmi les personnes interpellées, figurent le journaliste Khaled Drareni (7 mars 2020) et le jeune étudiant Walid Kechida.

L’arrêt des marches pour cause de pandémie n’a pas empêché d’autres arrestations. Une histoire a retenu toutes les attentions : le jeune étudiant Walid Nekkiche, arrêté le mardi 26 novembre, et dont le procès émouvant s’est déroulé devant le tribunal criminel de Dar El Beïda (Alger).

Sa dénonciation de la torture et du viol subis a ému l’opinion. Les pouvoirs publics semblent vouloir réagir autrement ces derniers jours : Tebboune annonce une «grâce» au profit des détenus du hirak. «En tout, entre 55 et 60 personnes rejoindront leurs familles à partir de ce soir ou demain», signale-t-il.

Trente-trois personnes ont été libérées vendredi 19 février et une vingtaine le lendemain, à quelques jours du deuxième anniversaire du début du hirak. «Il reste une trentaine de détenus du hirak en prison», indique Zaki Hannache, faisant écho aux appels pour la libération d’autres militants en vue, tels que Mohad Gasmi, Noureddine Tounsi, Abdallah Benaoum ou encore Mohamed Baba Nadjar. 


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