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Amendement de la constitution et dialogue : La classe politique divisée

13 janvier 2020 à 10 h 25 min

Les choses commencent à se dessiner pour ce qui est de l’attitude de la classe politique, de l’opposition notamment, vis-à-vis des «consultations» que compte mener la présidence de la République à propos de l’amendement de la Constitution.

Si, globalement, les démocrates rejettent la démarche, estimant que d’un côté le Président n’est pas légitime et que, de l’autre, sa logique unilatérale renvoie à des pratiques décriées, les islamistes eux ne ferment pas la porte, même s’ils font jusque-là preuve de prudence en posant des conditions, du moins dans le cas de certains d’entre eux.

Il va sans dire, par contre, que les partis dits du pouvoir, FLN, RND et quelques formations politiques ayant l’habitude de soutenir tout ce qui émane «d’en haut», ont dès le départ annoncé leur participation à ce «dialogue».

Avant-hier, à l’occasion de la session du conseil national du Rassemblement pour la culture et la démocratie (RCD), son président, Mohcine Belabbas, a évoqué un «ravalement de façade». «Le mouvement populaire ne peut se suffire de réformes squelettiques ou de ravalement de façade sans une rupture effective avec le système politique en place», a-t-il déclaré.

En marge de cette rencontre, il a affirmé, devant des journalistes, que les rencontres entre Tebboune et deux personnalités nationales ne sont qu’un «monologue» et qu’il ne pense pas qu’il allait recevoir une invitation, faisant remarquer que le pouvoir reproduit toujours ses mêmes pratiques.

Dans ce même ordre, le Pacte de l’alternative démocratique (PAD), composé du RCD, MDS, FFS, UCP, PT et PST, ainsi que de la Ligue algérienne de défense des droits de l’homme (LADDH), a affirmé, il y a quelques jours, qu’il refuse «de se laisser enfermer dans la démarche unilatérale du pouvoir». C’est dire que dans le camp des partis dits «démocratiques», la tendance va vers le rejet des «consultations» de la présidence de la République.

Par ailleurs, les deux partis islamistes les plus en vue, à savoir le Mouvement de la société pour la paix (MSP), de Abderrazak Makri, et le Front de la justice et du développement (FJD), le Front Al Adala, de Abdallah Djaballah, ne ferment pas la porte à ce «dialogue».

Avant-hier, Makri a affirmé, à l’occasion d’une conférence de presse, que son parti s’emploiera «avec sérieux et efficacité» pour formuler des propositions concernant l’amendement de la Constitution. Le Front Al Adala, lui, n’exclut pas également sa participation, même s’il fait preuve de prudence.

Ainsi, au lendemain de l’installation, mercredi dernier, par le président de la République du comité d’experts chargé de faire des propositions sur l’amendement de la Constitution, le parti de Abdallah Djaballah a affirmé, et ce, après avoir affiché sa conviction que «la Constitution a besoin d’un amendement global et profond», qu’«il faut dialoguer avec tout le monde pour mettre en marche des politiques justes qui mettront le pays sur les rails, à condition que ce dialogue soit souverain et responsable».

«Si les conditions sont réunies pour que ce dialogue soit souverain et responsable, nous considérons que celui-ci est le moyen moderne pour faire sortir le pays de la crise», a-t-il ajouté.

Bien évidemment, il faut attendre que les «invitations» soient lancées pour avoir une idée plus précise sur les intentions des uns et des autres.

Mais, a priori, ces deux partis ne sont pas contre l’idée de participer aux consultations. Il faut rappeler, à cet effet, que le président, Abdelmadjid Tebboune, a déjà reçu l’ancien chef de gouvernement, Ahmed Benbitour, et l’ancien ministre, Abdelaziz Rahabi, dans le cadre de ces «consultations». Rahabi avait affirmé qu’il avait «senti chez le Président une volonté et de bonnes intentions», qu’il espère, comme il le précise, voir «se traduire sur le terrain».

A noter, en dernier lieu, que les partis dits du pouvoir, le FLN et le RND, ont bien évidemment affiché leur disposition à prendre part à ce dialogue, même si les deux formations vivent actuellement des crises internes qui ne semblent pas sur le point d’être réglées. Le RND, qui réfléchit à changer son sigle, a dû «exclure» certains de ses cadres ayant soutenu un autre candidat lors de la présidentielle, Tebboune en l’occurrence, et le FLN est sujet à un mouvement de contestation interne. 


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