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Réseaux sociaux et cybercriminalité : Alerte au crime 2.0

09 février 2021 à 10 h 44 min

Face à la digitalisation massive de la vie quotidienne des Algériens et des entreprises, la cybercriminalité prend des proportions alarmantes.

Intimidation, chantage, harcèlement ou encore usurpation d’identité sont autant de crimes commis sur la Toile. Avec une population relativement jeune et de plus en plus connectée, notamment aux réseaux sociaux, la protection des données et des personnes sur internet s’impose comme une urgence. La volonté politique de généraliser le e-commerce en fait une priorité nationale.

Les Algériens se connectent de plus en plus à internet. Selon le site Statcounter.com, ils sont accros aux médias sociaux. La preuve : en janvier 2021, 60,49% d’entre eux se sont connectés à Facebook, 24,07% à YouTube, 11,2% à Twitter, 3,52 % à Pinterest et 0,62% à Instagram.

C’est ce qu’ont confirmé aussi We Are Social, agence créative international, et Hootsuite, leader mondial de la gestion des médias sociaux, dans leur dernier rapport. «49,48 millions de connexions mobiles ont été recensées en Algérie en janvier 2020, dont le nombre de connexions mobiles équivalait à 114% de la population totale, soit 43,45 millions», lit-on dans ce document.

Un boom confirmé par le nombre d’internautes durant la même période, estimé à 22,71 millions. «Ce nombre d’utilisateurs a ainsi augmenté de 2,4 millions (+12%) entre 2019 et 2020, sachant que le taux de la pénétration d’internet en Algérie est de 52% à janvier 2020», rapporte la même source. Pour mémoire, l’Algérie comptait, en 2017, plus de 34,5 millions d’abonnés à l’internet fixe et mobile, contre 28,5 millions en 2016, soit une augmentation de plus de six millions d’abonnés, selon l’Autorité de régulation de la poste et des télécommunications (ARPT).

Passage rapide au crime digital

Face à cette digitalisation massive de la vie quotidienne des Algériens et des entreprises, la cybercriminalité fait fureur. «Nous recensons chaque année un nombre important d’affaires d’atteinte électronique aux personnes. En 2020, nos premiers chiffres donnent quelque 1630 affaires traitées en relation avec ces crimes perpétrés sur les réseaux sociaux seulement. 65% de ce chiffre représentent les atteintes portées à l’honneur, à la considération et à la vie privée des personnes et divulgation de secrets. L’escroquerie sur le Net, plus précisément sur les réseaux sociaux, est très importante. Elle représente 10% des affaires traitées», souligne le commandant Farid Deramchia, spécialiste dans la lutte contre la criminalité liée aux TIC à la Gendarmerie nationale.

L’escroquerie sur le Net prend plusieurs formes. Selon notre spécialiste, des internautes sont tombés dans le piège d’offre d’emploi où le but essentiel est de les transformer en mules pour transférer de l’argent.

Le concept est de recruter des personnes, au noir, pour commenter, liker et partager des posts sur les réseaux sociaux. Après une fausse promotion, elles sont chargées d’envoyer de l’argent vers d’autres comptes CCP. Ainsi, la source réelle de l’argent envoyé reste inconnue.

Autre forme : les mails envoyés d’une prétendue héritière d’une fortune dans un pays africain et qui voudrait mettre sa fortune au profit d’association de charité en Algérie. «Même si cette méthode d’arnaque est plus ou moins connue, certains internautes tombent dans le panneau. Pour gagner la confiance de la victime, ce réseau donne un compte CCP algérien pour régler les frais de transfert d’argent et de dédouanement de produits imaginaires. Le propriétaire du ccp est souvent une mule. Ces réseaux profitent de la naïveté et la cupidité de leurs victimes pour faire des profits immenses qu’ils utiliseront dans leur trafic», ajoute notre expert.

Pour les données personnelles souvent utilisées dans les affaires de chantage et de harcèlement, il appelle à la plus grande vigilance et d’éviter de cliquer sur des liens inconnus ou remplir des formulaires. Les hackers utilisent souvent des sites vitrines ou des demandes d’inscription avec les données du compte Facebook.

«Le renvoi vers le site de Facebook n’est pas réel. Ce n’est qu’une plateforme copie conforme dont les données sont utilisées par les hackers», ajoute le commandant Deramchia, qui insiste sur l’utilisation de tous les moyens mis à la disposition des internautes pour la protection de leurs données, notamment la vérification de la confidentialité de leurs posts sur leurs profils.

D’ailleurs, ces informations personnelles non protégées, dont les photos, facilitent l’usurpation d’identité. Il en est de même pour la protection des données bancaires utilisées dans les paiements en ligne.

L’expert de la Gendarmerie nationale souligne que son institution ne peut intervenir qu’après dépôt de plainte. En l’absence de cette manifestation de la victime, aucune procédure judiciaire ou enquête ne peut être diligentée.


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