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A l’initiative des étudiants et hirakistes : Contestation par l’occupation de l’espace public

03 septembre 2019 à 10 h 18 min

Comme si les deux rendez-vous hebdomadaires de la contestation ne suffisent plus, étudiants et hirakistes ont instauré un autre jour de résistance, celui du débat et de la projection dans la nouvelle Algérie. «La contestation passe aussi par l’occupation de l’espace public.

A Constantine, hormis les forums qui se tiennent après la marche de vendredi, aucun rassemblement ne vient ponctuer le reste de la semaine. Il y a eu quelques tentatives au début du hirak, mais elles n’ont pas eu la vie longue face aux pressions», explique un étudiant. A priori, lassés des tergiversations et de la surenchère nourries chaque semaine à coups de discours anachroniques par rapport aux aspirations du mouvement populaire, cette poignée d’étudiants et citoyens qui ont clairement affirmé, lors des dernières marches, leur choix d’une transition, sont passés à la vitesse supérieure.

Planifier la période de transition en amorçant le débat sur ses contours et son modus operandi. Face à un camp qui semble mener campagne pour une hypothétique échéance électorale via ses organisations satellitaires, ces irréductibles du hirak ont vu l’urgence de riposter en «renforçant les marches par la réappropriation de l’espace public», non seulement les mardis et les vendredis, mais aussi les jeudis.

Un forum est désormais tenu, chaque jeudi à partir de 17h, non seulement pour préparer la manifestation du lendemain, mais aussi pour baliser un avenir commun en dissertant sur «La vision future dans l’esprit de la transition», le processus porté par le peuple pour une sortie de crise. «Nous ne sommes plus au stade des slogans, il faut définir le socle de la nouvelle Algérie, la feuille de route du peuple pour l’avènement d’une IIe République», clame un hirakiste des plus actifs sur la scène locale.

Les échanges entre les membres du Comité des étudiants de Constantine (CEC), sur tous les fronts de la mobilisation, ainsi que des militants de la cause démocratique et de simples citoyens, tous réunis devant le palais de la Culture Al Khalifa, devenu le point de ralliement de la contestation, sont passionnés.

La prise de parole, qui se fait spontanément, peut livrer quelques anicroches. «Tout débat suscite des réactions, nous nous rejoignons dans l’essentiel, c’est-à-dire le départ du système, de ses symboles, l’instauration d’un nouveau mode de gouvernance, le choix d’une solution politique autre que celle préconisée par le pouvoir via son panel, en l’occurrence une élection présidentielle. Les contours de ce processus sont définis, mais il faut éclairer au mieux l’opinion publique», insiste un enseignant, rompu à ce genre de débat. Certains demandent des explications concernant «l’assemblée constituante, sa composante et sa mission».

Il est vrai que les propositions de sortie de crise se sont multipliées, sans pour autant saisir les nuances entre les unes et les autres. «Certains analystes avancent que nous sommes de fait dans la période de transition, politique et institutionnelle, qu’en est-il réellement», s’interroge un jeune. «Nous sommes dans une transition sans transition, c’est en fait une période médiane entre un régime non démocratique et celui démocratique auquel le peuple aspire», enchaîne un tribun dans une longue explication.
Même si, parfois, les intervenants prêchent des convaincus, la reconquête de l’espace public est un acte de résistance. Une pierre qui vient d’être ajoutée à l’édifice de la dynamique populaire à Constantine. Désormais, le jeudi est aussi jour de manifestation.


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