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Ziane Mohammed. Docteur en sociologie à l’université Constantine 2 : «A Ali Mendjeli, on a reproduit les bidonvilles dans des unités de voisinage»

24 décembre 2020 à 10 h 52 min

– Comment expliquez-vous sociologiquement le phénomène de la violence, qui demeure l’une des particularités de la nouvelle ville Ali Mendjeli ?

Tout d’abord, le phénomène de la violence n’est pas particulier à la nouvelle ville Ali Mendjeli, mais c’est une variante caractérisant l’ensemble des villes à travers le monde en général et en Algérie en particulier.

Cependant, certaines formes d’expression du comportement violent trouvent leur signification dans les fondements culturels d’appartenance et l’origine sociale et économique des acteurs.

En analysant les types de violence dans la nouvelle ville Ali Mendjeli, on ne trouve pas les mêmes types de violence dans les grandes agglomérations urbaines ; ce qui nous renvoie à des formes d’expression d’un certain âge (les violences s’expriment d’une manière collective ou familiale avec des atteintes physiques avec des armes traditionnelles : couteaux, haches, etc.)

– Certains avancent que le peuplement de cette mégapole n’a pas été bien préparé et que les anciens habitants des bidonvilles ont été déplacés avec, au fond d’eux, le sentiment de marginalisation ; qu’en dites-vous ?

A l’évidence, le peuplement (déplacement, regroupement) de la nouvelle ville s’est opéré d’une manière drastique (subite et violente), car devant la pression sociale sur la question du logement, on a procédé à un recasement rapide et expéditif d’une population dépassant de loin 100 000 habitants sur une période très courte, sans aucune prospection ni enquête de terrain avec des spécialistes en sociologie de la ville et des démographes.

Une fois à la nouvelle ville, on a reproduit les vieux quartiers et les bidonvilles de la ville de Constantine dans des unités de voisinage réparties de 1 à 20. Cette situation a renforcé l’attachement au groupe (la tribu) et l’agressivité vis-à-vis des autres groupes (les étrangers). En plus des obstacles liés à l’adaptation à de nouveaux espaces urbains, une lutte acharnée s’est déclenchée autour de l’occupation de ces espaces (commerces, parkings, etc.).

En plus d’une minorité issue des couches moyennes qui habite la nouvelle ville, la plus grande partie est constituée de catégories sociales précaires où on retrouve un des taux de chômage les plus élevés. Et avec l’absence des structures de loisirs et de culture (pas de théâtres ni de salles de cinéma) la nouvelle ville devient par la force des choses un grand dortoir pour une population hétérogène, avec quelques mosquées et des arrondissements de police.

– Quelles mesures proposez-vous, en tant que sociologue, pour faire face à ce phénomène devenu une source d’inquiétudes pour la population ?

Il est vrai que la nouvelle ville Ali Mendjeli a contribué à la réalisation du rêve de beaucoup de Constantinois d’avoir un logement avec des commodités relativement acceptables, mais les aspirations des citoyens pour l’épanouissement et la sécurité demeurent incertaines. Pour remédier à cette situation, on doit doter cette ville d’un statut juridique. Afin d’établir le plus rapidement possible un plan d’accompagnement en matière d’espaces verts, d’animation socioculturelle et autres.


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