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Déconfinement partiel et Ramadhan : Ça craint !

25 avril 2020 à 10 h 09 min

Le chef de service d’épidémiologie au CHU Frantz Fanon à Blida, le Pr Abderazzak Bouamra, insiste sur l’importance de maintenir la surveillance des taux d’hospitalisation aux urgences et d’occupation des lits en réanimation au CHU de Blida.

Alors que les mesures d’isolement ont été allégées à Blida avec la levée du confinement total pour passer à un confinement partiel à partir de 14h et l’allongement des horaires jusqu’à 17h pour les autres wilayas concernées par le confinement partiel, les spécialistes s’alarment du non-respect des mesures de prévention contre le Covid-19 à travers la distanciation sociale et le confinement. Ils appellent à plus de vigilance et de précaution pour éviter de nouvelles contaminations en ce mois de Ramadhan.

«Ce sont ceux qui sont aujourd’hui regroupés dans les marchés et les espaces commerciaux sans prendre de précaution qui risquent de se retrouver aux urgences dans les prochains jours», avertit un médecin spécialiste qui signale que les personnels de santé sont mobilisés depuis deux mois sans répit.

Et d’attirer l’attention : «Il faut aussi penser à tous ces médecins, infirmiers, infirmières qui travaillent sans relâche et loin des leurs.» Depuis quelques jours, des comportements contraires aux recommandations des scientifiques relatives au confinement sont constatés dans différentes villes du pays. Une situation qui risque d’anéantir tous les efforts consentis durant un mois, particulièrement pour tous ceux qui ont respecté le confinement à la lettre.

Le risque d’une recontamination et l’apparition d’une deuxième vague sont redoutés par les spécialistes. «Bien que le flux quotidien de malades est stable depuis quelques jours à Blida, cela ne signifie pas que le virus ne circule pas», signale le PAbderazzak Bouamra, chef de service d’épidémiologie au CHU Frantz Fanon, à Blida. «Le déconfinement doit se faire de manière progressive pour éviter une seconde vague.

Il doit répondre à une stratégie basée sur des données scientifiques», a-t-il mis en garde, rappelant que la deuxième vague de la grippe espagnole avait été plus dévastatrice que le premier pic de cette épidémie. Il s’inquiète ainsi du fait que l’on «ne sait pas encore si l’immunité est définitive chez les personnes atteintes du Covid-19.

On n’a pas encore de recul», d’où l’importance de respecter les mesures barrières et surtout protéger les personnes fragiles, en l’occurrence les malades chroniques. Le Pr Bouamra revient ainsi sur l’importance de maintenir la surveillance des taux d’hospitalisation aux urgences et d’occupation des lits en réanimation au CHU de Blida.

La courbe épidémique du Covid-19 à Blida est effectivement en plateau depuis six jours – à partir du 15 avril. «La situation est actuellement stable, selon le système de surveillance mis en place par notre service d’épidémiologie, qui existe depuis des années et qui n’a ménagé aucun effort, grâce à toute l’équipe, pour élaborer ce protocole d’évaluation.

Il s’agit donc de la surveillance du flux au niveau des hôpitaux de Blida, notamment aux urgences, des taux d’hospitalisation des cas graves et surtout d’occupation des lits en réanimation.

Ce sont les deux indicateurs importants qui nous permettent d’évaluer l’évolution d’une épidémie.» Et d’ajouter que des investigations sont toujours en cours pour justement évaluer l’impact du confinement sur cette épidémie en termes de décès évités, des taux de létalité et de contamination. «Des paramètres essentiels pour l’analyse épidémiologique», a-t-il noté.

Pour le Dr Mohamed Yousfi, chef des service des maladies infectieuses à l’EPH de Boufarik, il y a certes des indices de stabilité de la pandémie, mais cela ne suffit pas pour procéder au relâchement et au déconfinement. «En moyenne, huit à dix nouveaux cas arrivent quotidiennement à l’hôpital, dont la tranche d’âge varie entre 30 et 60 ans.

Nous avons actuellement 54 personnes hospitalisées, dont 32 cas suspects. Le virus circule encore, malheureusement nous constatons tous un relâchement de la part des citoyens. A Blida, le confinement total n’est pas respecté à 100%», a-t-il relevé.

Et d’appeler au respect strict des mesures de prévention pour éviter la deuxième vague qui «peut être fatale». Il rappelle que la région de Blida a été mise à rude épreuve depuis deux mois, dont un mois de confinement total. «Nous avons souffert durant toute cette période. Il faut capitaliser tout cet effort, même s’il n’a pas été optimal», a-t-il ajouté, tout en plaidant pour un déconfinement progressif.



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