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63e anniversaire du Congrès de la Soummam : Le Hirak s’invite à Ifri

21 août 2019 à 10 h 15 min

Le petit village d’Ifri, perché sur les hauteurs d’Ouzellaguen (62 km au sud de Béjaïa) et qui a abrité le Congrès de la Soummam en 1956, s’est réveillé hier matin au bruit des pas de centaines de visiteurs. Ils sont venus des quatre coins du pays pour commémorer le 63e anniversaire de la tenue d’une rencontre regroupant les chefs historiques des différentes zones algériennes, qui ont donné une nouvelle orientation à la Révolution et dessiné la forme du futur Etat algérien.

Le contexte actuel marqué par un mouvement populaire appelant au changement radical du système en Algérie a pesé sur les discours et a reconfiguré «la carte des présents». Cette année, les officiels ont zappé le monument de la Soummam.

Les officiels éclipsés

«Les autorités locales accompagnées des représentants des organisations de moudjahidine de la wilaya ont observé, hier, une minute de silence à la mémoire de nos valeureux martyrs, suivie du dépôt de gerbes de fleurs devant la stèle érigée en hommage aux martyrs de la Révolution, sur les hauteurs de la ville de Béjaïa», selon la cellule de communication de la wilaya.

Contrairement à l’an dernier, les quelques militants représentant les anciens partis de l’alliance présidentielle, comme ceux du MPA, le parti de Amara Benyounès, ceux du FLN et du RND, se sont éclipsés et d’autres se sont fait discrets. La place est prise d’assaut par les partis et organisations engagés dans le hirak, à savoir les formations enrôlées dans les Forces de l’alternative démocratique et l’Initiative de la société civile.

Les militants et élus du RCD conduits par le président du bureau régional, Mohamed Labdouci, se sont recueillis tôt dans la matinée d’hier à la mémoire des chouhada en déposant une gerbe de fleurs au monument, suivi de plusieurs associations locales. Juste après, les représentants des partis et des organisations affiliés à l’initiative des Forces de l’alternative démocratique se sont relayés au micro pour expliquer l’importance de cette date historique, qui a restructuré la lutte pour l’indépendance de l’Algérie et jeté les bases d’un Etat moderne.

Dans son intervention, le premier secrétaire du FFS, Hakim Belahcel, a attesté qu’«aujourd’hui, le mouvement révolutionnaire du 22 Février a ouvert la voie aux impossibles : celle de libérer le pays de la dictature, d’unifier le pays autour de la nécessité d’un Etat de droit, démocratique, civil et non militaire et celle du respect strict des droits humains». Soulignant le contexte particulier dans lequel intervient ce 63e rendez-vous, il a affirmé que le «sursaut populaire du 22 Février n’a rien à envier aux dates historiques du 1er Novembre 1954 et du 20 Août 1956, de par l’implication record du peuple algérien dans ces manifestations et par ses revendications légitimes qui aspirent au changement radical du système et à l’autodétermination». Néanmoins, poursuit-il, «l’exigence de la crise multiforme qui secoue notre pays ne peut pas se soustraire à un impératif politique qui a été l’une des recommandations majeures inscrites en lettres d’or dans la Plateforme historique du Congrès de la Soummam : la primauté du politique sur le militaire». Galvanisée, la foule scande : «Dawla madanya, machi 3askarya !» «Le panel à la poubelle !»

Les clans se donnent en spectacle

Lui emboîtant le pas, Ali Laskri, ex-secrétaire général du même parti, a insisté sur le fait que «le Congrès de la Soummam est une continuité de la Déclaration du 1er Novembre 1954, dans le sens où il a fait avancer la perspective tracée par celle-ci, à savoir l’indépendance du pays. Il a théorisé et structuré la Révolution». Ironisant sur l’attitude du pouvoir réel, c’est-à-dire, l’armée, Laskri dira que «les clans du pouvoir se donnent honteusement en spectacle, pour imposer un candidat à la présidentielle. Ainsi, la seule issue pour une guerre qui dévore les Algériens et dévaste l’Algérie serait le choix d’une perruque à un semblant d’Etat».

De son côté, Zoubida Assoul, présidente de l’UCP, a estimé que «se recueillir à la mémoire des combattants dans ce haut lieu de la Révolution réconcilie le peuple avec son histoire qui a été falsifiée par le pouvoir. La Révolution de Novembre a unifié le peuple pour arracher son indépendance et, aujourd’hui, le mouvement populaire du 22 Février l’unifie encore une fois pour revendiquer sa liberté, un Etat de droit et l’abolition de la dictature».

Ramdane Taâzibt du Parti des travailleurs a d’emblée transmis un message relatant les vœux de la pasionaria du PT, Louisa Hanoune, «de la poursuite du mouvement populaire jusqu’au départ du système». Pour Taâzibt, «le système algérien reste un danger pour les Algériens, car en l’espace d’une vingtaine d’années, l’Etat social est disloqué. L’Algérie que nous voulons est celle qui redistribuera les richesses du pays équitablement, celle qui garantira l’égalité entre les femmes et les hommes… et d’accuser ceux qui veulent aller vers une élection de vouloir pérenniser l’actuel système».

Rendant un hommage aux compagnons de Abane Ramdane et à tous les moudjahidine tombés au champ d’honneur, Meziane Mériane, représentant des syndicats autonomes, dira que «nos aînés se sont sacrifiés pour la libération de l’Algérie, mais l’Algérien n’est pas encore libre. Il est donc, pour lui, impératif de poursuivre et de mettre en œuvre les principes du Congrès de la Soummam contre lequel certains milieux hostiles opposent le courant badissien».

Peu avant midi, un débat public a été organisé sur les lieux. Il a vu défiler d’autres figures politiques et des militants engagés dans le hirak, à l’image de Saïd Salhi de la LADDH, de Abdelwahab Fersaoui de RAJ, Karim Tabbou, Aouicha Bekhti, Fethi Ghares du MDS ou encore Mokrane Aït Larbi.

Les étudiants ont marché

Pendant ce temps, la communauté universitaire a préféré maintenir sa marche hebdomadaire dans la ville de Béjaïa. A quelques semaines de la rentrée universitaire, les étudiants et les travailleurs de l’université de Béjaïa ont réussi le pari de maintenir la flamme de la mobilisation. Les marcheurs ont scandé essentiellement des slogans en faveur d’un Etat civil, insistant ainsi sur leur attachement aux principes du Congrès de la Soummam. «Dites à Gaïd Salah, dawla madania, machi 3askarya !» «La hiwar, la chiwar, vous partirez tous !» scandaient-ils.         


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