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40e vendredi et 9e mois de hirak à l’ouest du pays : A Oran, les manifestants en force

23 novembre 2019 à 10 h 12 min

Les manifestants, en force pour ce 40e vendredi de la Révolution du sourire, ont battu le pavé en entonnant des slogans hostiles au pouvoir en place ainsi qu’à la tenue de l’élection présidentielle du 12 décembre prochain.

C’était un vendredi particulier que le hirak a vécu, hier, dans la ville d’Oran, marqué par un contexte de prétendue campagne électorale. Comme à chaque fois, les manifestants se sont rassemblés en force sur la place 1er Novembre avant de débuter la marche à 14h.

En parallèle, plusieurs groupes de hirakistes ont préféré aller jusqu’au quartier de Médioni, où un candidat à l’élection présidentielle devait animer un meeting. Résultat : arrestation d’au moins 29 personnes, parmi lesquels le président de la LADDH Kaddour Chouicha, la journaliste Jamila Loukil et le militant Kacem Saïd.

A l’heure où cet article est mis sous presse, ils n’ont toujours pas été remis en liberté et un sit-in devait se tenir devant la sûreté de wilaya en fin de journée pour exiger leur libération. Pour le reste, les manifestants, en force pour ce 40e vendredi de révolution du sourire, ont battu le pavé en entonnant des slogans hostiles au pouvoir en place ainsi qu’à la tenue de l’élection présidentielle du 12 décembre prochain.

Hier, il y avait non seulement plus de monde que d’habitude, mais on sentait également plus de niaque dans les slogans entonnés et une détermination farouche chez les manifestants, notamment les jeunes.

Ainsi, quand on se trouve en immersion dans la marée humaine qui bat le pavé depuis la place des Victoires jusqu’au lycée Lotfi en rangs serrés, on se rend compte que le hirak englobe toutes les franges de la société, des plus jeunes aux plus vieux, des femmes et des hommes de la classe moyenne et les plus défavorisés. Main dans la main, tous marchent en bonne intelligence, avec un seul objectif : susciter le changement réel dans le pays, faire dégager ce pouvoir grabataire qui ne veut toujours pas lâcher prise.

«40 millions de fous et un homme lucide : Gaïd Salah», a écrit, sur sa pancarte, une séxagénaire, avec un smiley d’hilarité pour signifier l’ironie de son texte. «Moi je ne vote pas et des innocents sont en prison» arbore pour sa part un cinquantenaire emmitouflé dans l’emblème national.

Au premier rang de la marche, une longue banderole tenue par plusieurs personnes indique : «Notre but est l’Etat de droit».

La constante de 40e vendredi de hirak est bien sûr le rejet des élections, comme l’a expliqué sur son écriteau une jeune hirakiste : «Aucune élection n’est démocratique dans un système antidémocratique». «5 candidats du système pour enterrer l’Algérie démocratique. Mais c’est le hirak qui les enterrera», sur la pancarte d’une autre manifestante, alors qu’une troisième porte sur la sienne cette supplique : «Laissez-nous réparer vos conneries !» «El yed fel yed, ennahou el îssaba w nzidou el Gaïd !» scandaient à l’unisson les manifestants alors qu’ils passaient par les rues du centre-ville, ou encore : «Hna wlad Amirouche, w marche-arrière ma nwelouche. Talbine talbine talbine bel houria !» (Nous sommes les fils d’Amirouche, et on ne fera pas marche arrière. On demande la liberté).

Si la foule était dense dans les rues du centre-ville, elle l’était davantage sur la place attenant à la wilaya. C’est que beaucoup de gens ne se sont rendus à la marche qu’à partir de 16h, c’est-à-dire à l’heure où celle-ci faisait une halte à proximité la wilaya avant de rebrousser chemin. Un quarantenaire, béret sur la tête, fait référence, sur sa pancarte, à l’entame du hirak : «40e vendredire, 9e mois et toujours rien !

On passe au forceps !» Un autre, avec un humour typiquement algérien, a mis sur le sienne : «Ya Latif, nemt rohi n’voti !» (Dieu m’en garde ! J’ai rêvé que je votais).

Constatant, les yeux écarquillés, le tsunami humain devant la wilaya, un jeune homme s’esclaffe et déclare : «J’aimerais bien savoir si le meeting organisé aujourd’hui à Médioni a rassemblé une foule pareille !»


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