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35e acte de la contestation à l’est : La rue constantinoise s’oppose à un simulacre d’élection

19 octobre 2019 à 10 h 05 min

Comme à chaque vendredi, depuis huit mois, l’itinéraire traditionnel que les manifestants constantinois empruntent a résonné sous les slogans de «Madania machi askaria», «Etat civil, non militaire» et «Makanch el vote had el aâm» (Pas de vote cette année), allusion sans ambages au scrutin du 12 décembre, que le système veut imposer contre la volonté populaire. Le rendez-vous d’hier était sous le signe du «refus et de la détermination».

Refus d’une politique du fait accompli et un engagement sans faille pour reprendre son destin en main et s’opposer à un simulacre d’élection. «L’essoufflement du mouvement populaire sur lequel le pouvoir en place a misé n’a pas eu lieu. Nous sortirons encore et encore, tant qu’il sera nécessaire pour faire entendre nos voix. Et rien ne peut ébranler notre détermination», déclare un marcheur. «Y’en a marre des généraux», «Goulou lel Gaïd, le peuple ne veut plus d’un régime militaire» sont autant de slogans entonnés par la procession, qui a vu grossir ses rangs à partir de 15h.

Pour ce 35e acte de mobilisation, les manifestants fort nombreux ont clamé : «RND, FLN, Houkouma, Berlamane… dégagez Un message qui dénonce un gouvernement ayant avalisé l’avant-projet de loi sur les hydrocarbures et que les députés des deux partis politiques  s’apprêtent à entériner une fois devant l’APN. La menace de la désobéissance civile a ainsi ressurgi. «La désobéissance civile arrive», peut-on lire sur certains écriteaux, traduisant la colère populaire face à un statu quo. Très déterminés, les hirakistes à Cirta aspirent à en découdre avec cette guerre d’usure que le pouvoir en place entretient à son avantage. «Le hirak a entamé son 8e mois et la seule solution que le système nous propose est l’organisation d’une élection présidentielle. Il ne peut y avoir de scrutin transparent, tant que les architectes de la fraude sont toujours aux commandes. Et ce n’est certainement pas l’ANIE de Chorfi qui changera la donne», estime-t-on. Pour tous ceux qui battent le pavé chaque vendredi, la sortie de crise ne peut jaillir que d’une solution politique. «Le pouvoir qui a vacillé sous la pression de la rue tient mordicus à une solution constitutionnelle désuète, qui lui permet de renaître avec de nouveaux visages, mais qui s’inscrit en porte-à-faux avec le choix du peuple, celui d’aller vers une période de transition», explique Samir, un irréductible des marches hebdomadaires.

Et d’aucuns ne se sentent concernés par le scrutin présidentiel : «Cette obstination à vouloir appliquer une feuille de route obsolète dénote d’un mépris manifeste envers le peuple. Le peuple est souverain et il est en droit de décider de son avenir grâce aux articles 7 et 8 de la Constitution, c’est une Assemblée constituante qui est réclamée pour la refonte d’un Etat de droit.»

D’ailleurs, certains slogans ayant disparu, à l’image des articles 7 et 8 de la Loi fondamentale, ont été de nouveau hissés, comme pour rappeler les fondamentaux pour lesquels la rue est investie chaque semaine.


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