Inondations meurtrières de Bab El Oued : 20 ans déjà ! | El Watan
toggle menu
dimanche, 03 juillet, 2022
  • thumbnail of elwatan10072021

Inondations meurtrières de Bab El Oued : 20 ans déjà !

14 novembre 2021 à 12 h 00 min

Il y a 20 ans, presque jour pour jour, l’Algérie était frappée durement part une catastrophe naturelle majeure. Le quartier populaire de Bab El Oued à Alger a été ravagé, samedi 10 novembre 2001, par des inondations meurtrières, après des pluies torrentielles qui s’étaient abattues sur la capitale.

La crue de l’oued Koriche, aggravée par les constructions anarchiques, a tout dévasté sur son passage, dans les quartiers de Bab El Oued, Oued Koriche, Triolet et Frais Vallon situés en contre-bas de la ville. Dans les rues de la capitale submergées d’eau, des amas de voitures renversées, de maisons détruites, d’arbres et de poteaux électriques arrachés.

Le bilan de cette catastrophe était des plus lourds : plus de 800 morts, une centaine de disparus, des quartiers entièrement ravagés et des dégâts matériels considérables, estimés officiellement à 24 milliards de dinars, sans omettre le choc psychologique subi par toute la population algéroise.

La plupart des victimes ont été emportées par des les eaux en furie, ou sont mortes dans l’effondrement de leurs maisons. Des dizaines de personnes ont été entraînées par les eaux avant que leurs corps ne soient rejetés loin dans la mer, au large d’Alger, où des jeunes sont allés les repêcher, au péril de leur vie.

Les inondations ont provoqué aussi des coupures de courant, de téléphone et des difficultés d’approvisionnement. Les liaisons ferroviaires entre Alger et les autres villes ont été également interrompues à la suite de l’inondation des deux principales gares de la capitale. Ces inondations dévastatrices ont été aggravées également par la fermeture de canalisations souterraines qui auraient pu per- mettre aux eaux de s’écouler plus facilement. Ces canalisations ont été condamnées durant les années 1990 par les pouvoirs publics qui craignaient qu’elles ne servent de refuge aux terroristes.

Cette catastrophe a provoqué aussi la colère de la population face à la lenteur des secours et à l’incurie administrative. Le lendemain de la catastrophe, le Premier ministre de l’époque, Ali Benflis, et le ministre de l’Intérieur, Yazid Zerhouni, s’étaient fait huer aux cris de «Pouvoir assassin». Les services de l’urbanisme et ceux de distribution d’eau dans la ville avaient également été mis en cause. La distribution des aides, qui affluaient de l’étranger et des autres régions d’Algérie, avait enregistré, les

premiers jours, une période de flottement, entraînant des détournements de la part de faux sinistrés. Sur les 1500 familles, dont les logements à Alger ont été déclarés inhabitables, près de 1000 ont été relogées, selon les autorités de l’époque. Le gouvernement algérien avait débloqué des aides d’urgence, parmi lesquelles un versement immédiat de 100 000 DA au profit des familles des per- sonnes décédées. Un deuil national de trois jours avait été décrété par l’ex-président Abdelaziz Bouteflika, qui a invoqué la fatalité pour dégager la responsabilité des pouvoirs publics dans ce drame.

TRAGÉDIE

Suite à cette tragédie, le gouvernement avait décidé de rendre obligatoire l’assurance sur les risques liés aux catastrophes naturelles, alors que le pays est classée parmi les pays les plus vulnérables à ces catastrophes, principalement aux inondations, feux de forêt et tremblements de terre. La SEAAL a récemment fait état du recensement de 28 points noirs s’agissant des risques d’inondation au niveau de la capitale.

Dans un entretien accordé à Liberté, Abdelkrim Chelghoum, président du Club algérien des risques majeurs, a déploré le fait que «l’Algérie ne dispose toujours pas d’une véritable stratégie de prévention contre les inondations». «Pourtant, la loi 04-20, qui prévoit des mesures préventives contre ce phénomène, n’est malheureusement pas appliquée. Pis encore, cette loi est restée dans les tiroirs car les textes d’application ne sont pas encore promulgués depuis le 25 décembre 2004. Ce qui a engendré, depuis cette date, une urbanisation débridée et un aménagement du territoire obsolète où tous les projets ont été édifiés sur des sols non aedificandi (non constructibles). Il faut rappeler que toutes les grandes villes d’Algérie sont traversées par des oueds, mettant en péril la vie des populations», a-t-il dénoncé.

Et d’ajouter : «Rien qu’à Alger, l’on recense 101 oueds. En Algérie, il y a un problème, non pas de gestion des risques, mais de catastrophes, que l’on gère au jour le jour. D’où la nécessité d’un plan de protection des constructions en zones inondables. Or, cette opération revient plus cher pour le contribuable et le Trésor public. Si ce plan avait été mis en œuvre auparavant, on aurait réduit de 90% ces pertes en vies humaines et matérielles.»

H. L.


S'IDENTIFIER S'INSCRIRE
Se souvenir de moi
Mot de passe perdu?
S'IDENTIFIER S'INSCRIRE
Registration confirmation will be emailed to you.
Password Reset Registration
Login
Do NOT follow this link or you will be banned from the site!