Ali Dehiles : La Soummam et ses anecdotes | El Watan
toggle menu
lundi, 13 juillet, 2020
  • thumbnail of elwatan13072020




Ali Dehiles : La Soummam et ses anecdotes

16 août 2018 à 23 h 15 min

Le 20 Août 1956 est une date charnière. Un moment décisif, un moment phare dans l’histoire de notre guerre de Libération nationale.

Près de deux années se sont alors écoulées depuis que les artisans de Novembre ont déclenché la guerre d’indépendance nationale. Leur conviction était alors établie qu’était venu le temps de la contre-offensive générale et multiforme sur la base de la priorité à donner à l’action armée.

La répression menée par l’Etat colonial français fut incapable d’endiguer, encore moins de briser, l’élan libérateur de la nation algérienne. Sur le terrain militaire, la guérilla s’étend inexorablement tandis que les unités de l’Armée de libération nationale (ALN) infligent à l’armée coloniale française ses premières défaites.

Sur le terrain politique, l’Algérie retrouve l’unité qui avait caractérisé le mouvement des Amis du manifeste et de la liberté (AML), à la fin de la deuxième guerre mondiale, que l’on peut donc considérer comme une sorte de répétition générale de ce qui sera notre lutte de libération et qui fut noyée dans les flots de sang de la répression coloniale du 8 Mai 1945.

A la veille du Congrès de la Soummam qui se déroulera le 20 août 1956, un homme formidable et génial, Abane Ramdane, qui réintégrera la lutte en février 1955 après avoir purgé cinq années de détention dans les prisons françaises de 1950 à 1955, mettra l’accent sur le rassemblement de l’immense majorité des forces politiques et sociales de notre pays à rejoindre les positions du Front de libération nationale (FLN), tels que les Centralistes du MTLD, les Abbassistes de l’UDMA, les Oulémistes qui dans la clarté ont tous signifié leur adhésion au FLN/ALN qui structure désormais en profondeur le mouvement étudiant avec l’UGEMA, le mouvement ouvrier avec l’UGTA, et les commerçants avec l’UGCA au sein de l’Association du Cercle du Progrès «Nadi Ettarakki» du Cheikh Tayeb El Okbi et Mahmoud Ben Siam. Il s’agissait pour tous les responsables de trouver des réponses satisfaisantes aux nouvelles questions liées à l’expansion rapide du mouvement insurrectionnel.

Autrement dit, comment transformer le torrent populaire en énergie combattante sur tous les plans. Faire le bilan de vingt mois de Révolution, critiquer certaines méthodes employées, en préconiser d’autres et surtout unifier le commandement, tels étaient les buts que s’était fixés Abane en convoquant un Congrès.

Les idées politiques de Abane Ramdane

En effet, dès son entrée en scène mars 1955, Abane se préoccupa au plus haut point de la constitution effective du FLN en tant que mouvement politique capable de prendre efficacement le relais des partis de l’époque pré-révolutionnaire et de les supplanter. Pour lui, l’ALN s’étant constituée sur le terrain dès le 1er novembre 1954, à l’initiative du «Comité des Six», elle avait poursuivi son développement progressif sous la houlette des chefs de zone.

Il s’agissait à présent d’en faire de même pour le Front de libération nationale en lui donnant de la consistance sur le terrain. C’est ce qu’il entreprit de faire, avec un grand esprit d’initiative, à partir du 1er avril 1955 par un travail préparatoire dont les idées directrices nous sont restituées à travers deux tracts (avril et juin 1955) ainsi que neuf correspondances adressées par Abane à la délégation extérieure entre le 20 septembre 1955 et le 15 mars 1956.

Le 4 avril 1956, Alger confirme à la délégation du Caire la tenue d’une réunion des principaux chefs de la résistance FLN et ALN. Il écrit que cette réunion aura lieu chez Zighoud Youssef dans le Nord-Constantinois. Le 14 mai, Abane informa le Caire que le principe de la réunion est toujours maintenu mais que le lieu avait changé.

La délégation extérieure au Caire n’étant pas décidée à participer à ce Congrès sous prétexte des dangers qui pourraient survenir en cours de route entre Le Caire et le lieu où se tiendra cette réunion, Abane et Ben M’hidi décident de quitter Alger le 19 mai pour se rendre au PC de la Wilaya IV (l’Algérois) dirigé par le colonel Sadek, de son vrai nom Dehilès Slimane.

L’appel des intellectuels initié par le FLN le 19 mai 1956

Le 19 mai 1956, la section UGEMA d’Alger lançait un appel à la grève illimitée des cours et des examens et au ralliement aux maquis de l’ALN. L’année 1956 apparaît, sur divers registres, comme l’année de l’installation de l’état de guerre en Algérie. De mai à juin 1956, des dizaines d’étudiants et lycéens  déterminés affluaient vers les hauteurs de l’Atlas blidéen en direction du PC de la Wilaya IV (l’Algérois) dirigé par le colonel Saddek.

Dans la dechra d’El Ouazana, des jeunes écoliers et universitaires seront accueillis par les chefs de la Révolution algérienne, Abane Ramdane, Larbi Ben M’hidi, Dehilès Slimane, dit le colonel Saddek, le colonel Amar Ouamrane, le commandant Omar Oussedik ; d’illustres noms du FLN/ALN formaient leur comité d’accueil.

Quel privilège ! A quelques semaines de la tenue du déterminant Congrès de la Soummam (20 août 1956), les chefs révolutionnaires ont prévu un séminaire sur place. En préparation du Congrès du 20 août, ils sont venus s’enquérir de l’adhésion des étudiant à la cause nationale.

Kamel Kalache, l’un des lycéens de Médéa ayant eu cet échange avec Larbi Ben M’hidi : «Si Ben M’hidi, elle est où notre armée ?» Souriant, il répondit : «C’est vous l’armée !» – «Oui, mais où sont nos officiers ?» – «C’est vous les futurs officiers de l’armée», ajouta-t-il. Pour mettre encore mieux en relief la confiance mise en eux par les dirigeants de la Révolution algérienne, le récit de Kamel Kalache est une mine d’enseignements.

«Des débats politiques dirigés, tour à tour, par Abane, Ben M’hidi et les autres chefs avaient lieu tous les après-midi au cours desquels étaient discutés différents thèmes. Quel avenir pour l’Algérie libre et indépendante ? Quel système politique adopter ? Régime socialiste, communiste, ou démocratique ? Au plan économique, la question de l’exploitation des ressources du sous-sol algérien suscitait l’intérêt ainsi que l’émancipation de la femme algérienne», y est-il consigné.

L’acheminement de Abane Ramdane et de Ben M’hidi au PC de la Wilaya IV

Aussitôt l’appel des intellectuels du 19 mai 1956 fut initié par le FLN, Abane et Ben M’hidi furent acheminés d’Alger vers Blida grâce au vaillant et audacieux professeur Chaulet, accompagné de son épouse Claudine munis de leur Citroën 2 chevaux grise. A Blida, une quarantaine d’hommes armés, sous le commandement du colonel Sadek, de son vrai nom Dehilès Slimane, les attendaient au pied de Chréa, dans l’Atlas blidéen.

Le convoi fut composé de deux voitures. La première devant transporter Abane entouré du colonel Sadek et le colonel Ouamrane munis tous deux d’un pistolet mitrailleur et la deuxième où se trouvait Ben M’hidi. Le voyage se déroula sans incident, mais voilà qu’en arrivant à la sortie de Blida la première voiture tombe sur un barrage militaire.

Aussitôt, et constatant un éventuel danger, le professeur Chaulet au volant de sa voiture ralentit, mais le colonel Sadek assis à l’arrière à droite de Abane se trouvant au milieu, demande au professeur de poursuivre normalement jusqu’au barrage militaire. Arrivés à la hauteur du barrage, le professeur Chaulet, avec un sang-froid extraordinaire, tapera plusieurs fois sur les genoux de son épouse Claudine qui était enceinte de leur fils Luc en disant : «Alors madame Chaulet, soyez sans crainte nous arrivons bientôt à l’hôpital et tout se passera bien.»

Au même instant, Sadek et Ouamrane posèrent leur doigt sur la gâchette de leur arme automatique. Le soldat français ayant constaté une femme enceinte à bord du véhicule va ordonner immédiatement à ses hommes d’ouvrir la voie, en invitant le conducteur à poursuivre sa course. Arrivés à destination où la quarantaine d’hommes armés les attendaient depuis l’aube dans les maquis de Blida, les deux chefs, Abane et Ben M’hidi, commencèrent leur marche escortés par le colonel Sadek et le colonel Ouamrane vers le PC de la wilaya IV dans la région de Z’barbar.

L’arrivée des premiers intellectuels en Wilaya IV

«Deux années après le déclenchement du 1er Novembre 1954, je me trouvais dans l’Algérois, au lieudit Béni Missra, au nord-est de Médéa dans l’Atlas blidéen, où j’avais installé le PC ; le poste de commandement militaire de la Wilaya IV (l’Algérois) que je dirigeais depuis quelque temps. En prévision de la progression ennemie dans la région, je prenais souvent ma paire de jumelles afin de scruter l’horizon.

Par un beau matin de printemps, après avoir pris une tasse de café bien chaud avec mes compagnons d’armes, je saisis encore une fois cette paire de jumelles pour balayer l’horizon. Après une observation minutieuse tous azimuts, et à ma grande surprise, voilà que j’aperçois un mouvement suspect qui se dessinait au loin en avançant dans ma direction. Intrigué, je sonne l’alerte au PC.

Au fur et à mesure que celle-ci progressait inlassablement, je distinguais des silhouettes portant des tresses, c’était un groupe de quatre cavaliers constitué de trois jeunes femmes et un seul homme. Meryem Belmihoub (ép. Zerdani), Fadila Mesli (ép. Rédjimi), Safia Bazi et Amara Rachid.

Arrivés à une vingtaine de mètres de moi, ils descendirent à terre. Je les saluais avec beaucoup de chaleur et d’affection sachant qu’ils étaient ces premiers étudiants à avoir répondu à l’appel du FLN initié par Abane et Ben Mhidi ayant sollicité la participation des éléments intellectuels Algériens à travers un tract diffusé au début du mois de mai 1956.

Ce jour là, c’était le 19 mai 1956… Ils furent logés à côté de mon PC pour les garder en contact permanent. Dès le premier entretien, il s’était avéré que Amara Rachid était un paramédical de la faculté de médecine d’Alger, Fadila Mesli infirmière venue de Tlemcen, Meryem Belmihoub de la faculté de droit et Safia Bazi qui était institutrice.

D’autre part, et en prévision de l’arrivée d’autres groupes, je me devais de les intégrer rapidement aux mouvements d’embuscade dans la région. Entre le 18 et le 30 de ce mois de mai 1956, la nouvelle s’en est allée comme une traînée de poudre, drainant dans son sillage tous les lycées d’Alger, Maison-Carrée, Blida, Médéa et Berrouaghia.

Ainsi submergé par des affluences de toutes parts, ce qui révèle que le tract du FLN initié par Abane et Ben Mhidi fut un catalyseur formidable ayant orchestré les énergies à travers tout le pays. Je me tourne vers Abane et Ben M’hidi en leur disant : ‘‘Maintenant que nous sommes rejoints par des intellectuels, mais en plus par nos Algériennes, le colonialisme français est foutu…!» Ben Mhidi éclate de rire et Abane esquisse un sourire.»

Le départ de l’escorte

Il fallait prévoir la sécurité des congressistes Abane et Ben M’hidi qui allaient se réunir quelque part en Kabylie. La grande conférence -Abane disait même un Congrès- allait s’ouvrir dans le courant du mois d’août, pense le colonel Sadek, de son vrai nom Dehilès Slimane. Tous les chefs de zone et les représentants de l’extérieur devaient se réunir pour la première fois depuis le déclenchement de la Révolution.

Le colonel Sadek, Si M’hamed, commissaire politique, et Si Chérif, un homme du Sud à qui on avait confié la zone 6 (Sahara) devaient être du voyage. Le colonel Sadek composa l’escorte d’une centaine d’hommes armés et quatre fusils mitrailleurs de protection. A l’aube du 13 juillet 1956, l’escorte démarra du PC de la Wilaya IV (l’Algérois) dans les monts forestiers de Z’barbar.

Il prévoyait quelques jours de voyage pour gagner la vallée de la Soummam où devait se tenir la réunion de tous les responsables. Une dizaine de jours pour faire à pied les 150 kilomètres à vol d’oiseau qui séparaient le PC de la wilaya IV de la vallée de la Soummam, il fallait bien compter cela, car sur ces 150 kilomètres il allait falloir passer à travers le tiers de l’armée française.

Le ciel d’Algérie était envahi d’avions de reconnaissance de type Piper C-109 de l’armée de l’air française afin de repérer le moindre mouvement et indice suspects qui pourraient dévoiler aux renseignements de l’armée coloniale l’endroit de la tenue de ce Congrès extraordinaire.

Le 13 juillet, près de Z’barbar, la caravane d’Alger qui comprenait Ouamrane, Abane, Ben M’hidi, Sadek et Si Chérif avec une escorte d’une centaine d’hommes armés s’était fait accrocher par un bataillon français. Pour la première et unique fois de la Révolution, les deux «politiques», Abane et Ben M’hidi, allaient assister à une embuscade tenue par l’armée coloniale pour la toute première fois de leur vie. Les deux congressistes furent impressionnés par les échanges de tirs.

Il n’y avait pas eu de casse. Sous la violence de la riposte, les Français, croyant avoir affaire à une katiba, s’étaient repliés. Le colonel se souviendra avoir dit en roulant les ‘R’: «On les a terrassés avec un feu bien nourri, à tel point qu’ils ont détalé comme des lièvres».

Le calme revenu, le chef d’escorte, le colonel Sadek, rappellera à Abane et Ben M’hidi de se mettre rapidement à l’abri derrière un buisson si un autre accrochage devait survenir éventuellement. «Je suis responsable de votre acheminement à la Soummam, dira-t-il. Vous n’êtes pas là pour participer aux embuscades car vous êtes deux politiques trop importants.»

Il faut arriver à la Soummam entiers !»

Le 17 juillet, près de Bouira, dans les environs de Palestro, un nouvel accrochage eut lieu. Le colonel Sadek dira : «Nous progressions normalement en file indienne, j’étais à l’arrière de celle-ci quand j’aperçus une drôle de pierre rectangulaire qui n’était qu’un transmetteur que j’avais connu pendant la deuxième guerre mondiale en tant que tirailleur algérien ayant débarqué à Monté Casino.

Je demande aux soldats d’interpeller le colonel Ouamrane qui se trouvait en tête de file. Aussitôt arrivé, je lui montre la fameuse brique en lui disant que c’est un poste émetteur appartenant à un poste militaire français qui ne devrait pas être très loin d’ici. Le colonel Ouamrane ne prenant pas très au sérieux cet engin qui jonchait le sol ordonne à la file de poursuivre la marche.

Le colonel Sadek lui dira : ‘‘Ah bon, tu ne veux pas me croire !’’ Il donnera un coup de pied à celle-ci en avertissant ses hommes de se préparer au combat. Quelques centaines de mètres parcourus, ils entendront la voix d’un soldat français avec l’accent marseillais :‘‘Halte-là’’… Aussitôt, le colonel Sadek ordonne aux soldats : ‘‘90° sur la droite. Tir croisé, feu à volonté !’’ …

Encore une fois, dira-t-il, on leur a donné une tannée en leur infligeant une lourde défaite. Le colonel Ouamrane recevra une balle dans le mollet qui lui faisait très mal. Alors le colonel Sadek lui dira en ces termes : ‘‘Tu ne voulais pas me croire, voilà qui est fait’’ A Boukerou (le pseudo du colonel Ouamrane). Il poursuivra : ‘‘N’oublie pas que je suis un vétéran de la deuxième guerre mondiale, par conséquent je connais bien les dispositifs de l’armée française.» Après une journée de marche, le convoi militaire décide de faire une halte pour passer la nuit afin de se reposer.

Une anecdote du Congrès de la Soummam.

Autour d’un café après un modeste dîner par une belle nuit étoilée du mois de juillet de l’année 1956, Dehilès, dit le colonel Sadek, interpellera un soldat de son contingent faisant partie de l’escorte militaire et lui demandera de raconter le drôle de rêve qu’il avait fait quelque temps auparavant aux deux chefs suprêmes du FLN, en l’occurrence Abane Ramdane et Larbi Ben M’hidi qui étaient chacun d’eux assis sur un rocher. Le jeune soldat intimidé et impressionné par la présence des deux congressistes commencera à narrer son récit.

Il leur dira : «J’ai rêvé d’une belle vache en bonne santé avec de jolis yeux noirs et des mamelles remplies de bon lait se faisant téter par une dizaine de petits cochons noirs à l’apparence répugnante». Abane, qui avait les yeux plongés dans son journal L’Echo d’Alger et Ben M’hidi qui tenait sa tasse de café en regardant très affectueusement le jeune soldat rétorquera à celui-ci en esquissant comme d’habitude un sourire serein et confiant.

«Apparemment, tu as fait un rêve prémonitoire !» Aussitôt, Abane refermera son journal en prêtant l’oreille à l’intervention de Ben M’hidi qui poursuivra en ces termes : «Cela m’a l’air d’un rêve de prémonition où la vache regorgeant de bon lait pourrait représenter la future belle Algérie libre et indépendante qu’on ne connaîtra pas fort probablement vu notre esprit de sacrifice et notre engagement solennel à libérer notre patrie du joug colonial français, et les soi-disant petits cochons noirs pourraient être ces intrus et opportunistes venant de tout bord, ceux précisément qui n’auront pas participé à ce mouvement de libération, mais de surcroît viendront profiter et s’enorgueillir de notre sacrifice que je pourrais les nommer tour à tour ‘‘Ewled lahram’’».

Dans le silence de la nuit, les trois chefs se regardèrent avec un air perplexe. Aussitôt, Abane enchaînera et dira : «Oui, bien sûr, tout est possible. On peut imaginer un tas de scénarios. Nous sommes justement là pour poser les fondations d’une République démocratique qui devra drainer une élite de femmes et d’hommes qui seront en mesure de gouverner notre pays dans les règles de l’art.»

Abane poursuivra en disant : «Georges Clemenceau avait dit lors d’une allocution prononcée à l’Assemblée Française au lendemain de la grande guerre en 1918 : ‘‘La guerre et les affaires d’Etat sont des problèmes importants qui doivent être confiées à des hommes mûrs et compétents, et non à des militaires bourrus et encore moins à des opportunistes’’».

Le colonel Sadek : «Il se fait tard mes amis car demain nous allons avoir une longue marche à poursuivre.» Extinction des feux…
Le lendemain matin, à l’aube, le convoi reprit sa progression vers la Soummam après avoir partagé un café bien chaud avec de la galette. Deux jours plus tard, au douar Beni-Mélikèche, dans la région de Tazmalt, la caravane algéroise fit sa jonction avec les Kabyles Krim, Amirouche et Mohammedi Saïd.

Dans la nuit du 22 juillet, la caravane comptait maintenant deux cents hommes. Lors du passage de la ligne de chemin de fer Bouira-Bougie, les chefs FLN tombèrent dans une embuscade de routine tendue par des rappelés.

On apprendra plus tard que le mulet qui transportait quelques documents inhérents au Congrès de la région s’était détaché du convoi et de panique s’était rendu dans une caserne coloniale à Tazmalt, apportant à domicile aux services de renseignements français l’annonce d’une conférence dès plus importantes, la date fixée au 30 juillet, toute la documentation nécessaire à l’établissement d’une plateforme politico-militaire de la plus haute importance ! Seul le lieu de la rencontre manquait.

Immédiatement, le général d’Elissagaray monta une gigantesque opération de ratissage dans toute la région des Bibans. En fait, c’était une diversion opérée par Abane, Ben M’hidi, le colonel Sadek, le colonel Zighoud, chef Constantinois, et le colonel Amirouche dans un seul but de tromper et troubler les cartes des renseignements français. Le colonel Sadek se souviendra de son vivant bien après l’indépendance que les documents authentiques et confidentiels du Congrès étaient dans les deux poches de chacun des deux congressistes, Abane et Ben M’hidi, au nombre de 30 pages.

Il affirmera qu’il était le seul à le savoir, car Abane et Ben M’hidi lui faisaient confiance dès lors qu’il était devenu leur conseiller militaire vu sa grande expérience de la deuxième guerre mondiale, mais surtout le fidèle ami de Abane.



S'IDENTIFIER S'INSCRIRE
Se souvenir de moi
Mot de passe perdu?
S'IDENTIFIER S'INSCRIRE
Registration confirmation will be emailed to you.
Password Reset Registration
Login
Do NOT follow this link or you will be banned from the site!