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Ayachi Ahmed. Ingénieur zootechnicien, cadre dirigeant OROV

«1000 camions moutonniers chargés vers le Nord»

14 août 2018 à 22 h 59 min

– A quelques jours de l’Aïd El Adha, quelle est la situation du marché ?

Sur l’ensemble des marchés aux bestiaux de l’Ouest et Sud-Ouest, il y a une grande disponibilité d’animaux destinés à l’Aïd. Ces deux dernières semaines nous avons assisté à une activité intense dans les marchés de Mecheria et Bougtob à partir desquels plus de 1000 camions moutonniers ont été chargés (soit approximativement 10 000 têtes d’antenais et béliers) pour prendre différentes destinations : Alger, Annaba, Constantine, Guelma, Oran, Tlemcen Mostaganem, etc. Les prix sont abordables : de 28 000 DA à 60 000 DA.

– La fièvre aphteuse a-t-elle un impact sur les prix ?

Elle pourrait avoir un impact sur les prix, si le fléau couvre l’ensemble du pays. Cela suppose la fermeture des marchés et le ralentissement des transactions commerciales. Mais du moment qu’il n’y a pas épidémie, il n’y a pas d’impact sur les prix du mouton de l’Aïd.

– L’abattage massif, particulièrement des races ovines, durant la journée du sacrifice, a-t-il des répercussions sur le cheptel dans le pays ?

Au contraire, l’abattage massif de l’Aïd est bénéfique pour la filière ovine, car il permet de délester les parcours steppiques d’une quantité importante d’animaux (plus de 4 millions de têtes) improductifs, puisque 90% des animaux sacrifiés sont des mâles.

La diminution brusque de la charge animale sur les parcours permet une dynamique du développement végétatif et l’amélioration du faciès floristique des parcours avec augmentation de l’offre fourragère. Pour ce qui est de la diversité raciale ovine, il faut dire que la situation est drastique, puisqu’on assiste depuis une trentaine d’années à une absorption génétique des races à faible effectif (la race Hamra, la Rembi, la Berbère, la Bleue de Kabylie, la Dman et la Sidaho) par la race blanche Ouled Djellal qui domine aujourd’hui tous les espaces pastoraux et même sahariens.

Les pouvoirs publics doivent intervenir pour stopper ce lessivage génétique ovin pour maintenir une diversité biologique ovine très importante pour les générations futures. L’opinion publique doit savoir dans quelle situation nous sommes aujourd’hui avec le risque de se retrouver dans les cinq prochaines années avec un cheptel ovin composé essentiellement d’une seule race, alors que nos voisins méditerranéens enregistrent l’existence d’une moyenne de 20 races ovines répertoriées et valorisées par pays.

– Que proposez-vous pour la préservation des races actuellement menacées ?

D’abord, il faut promulguer des textes législatifs qui protègent les races ovines qui sont en danger d’extinction. Il y a lieu de créer des conservatoires spécialisés par race chez les éleveurs volontaires via des contrats avec le ministère de l’Agriculture. Un dispositif de soutien à la préservation des races menacées pour encourager des éleveurs à adhérer aux programmes de conservation doit être mis en place. Une valorisation des races menacées par la labellisation des produits spécifiques que ce soient la viande, le lait et dérivés et la laine s’impose.


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