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Repères économiques

Système éducatif et anticipation d’émergence

10 décembre 2018 à 10 h 00 min

Lors des différents séminaires, de nombreux citoyens soucieux du devenir de leurs pays et de leurs enfants posent aux experts la sempiternelle question : faut-il être optimiste ou pessimiste pour le devenir de notre nation ?

Les plus déterminés vont plus loin en insistant sur un point : si on devait choisir un seul indicateur pour être fixé sur notre avenir, quel serait-il ? Ils ont raison de préciser que si on devait hiérarchiser les indicateurs, lequel devrions-nous placer au plus haut de la liste. Car il y en a plusieurs.

Lorsqu’on fait de la prospective économique d’un pays, nous n’utilisons pas un, mais plusieurs indicateurs pour le situer dans sa trajectoire. Plus que cela, on situe l’ensemble des indicateurs dans leur évolution temporelle, mais également on les positionne par rapport aux données des autres pays. C’est la trajectoire d’une batterie d’indicateurs comparés que l’on suit avec attention pour positionner le pays par rapport à une évolution d’ensemble.

C’est ce que l’on fait également lorsqu’on opère des analyses stratégiques pour une entreprise. Nous avons deux principes clés qui nous permettent de nous positionner. Le premier consiste à stipuler que gérer c’est mesurer. On accepte rarement des données peu mesurables pour situer sa trajectoire et décider.

Les paramètres qualitatifs (comme la satisfaction, la détermination, etc.) peuvent être rendus mesurables. Le second principe consiste à dire : gérer c’est comparer. En effet, il est rare qu’un indicateur seul par lui-même et pour lui-même signifie grand-chose. Si notre productivité s’améliore de 4%, nous sommes en excellente position si la compétition s’améliore de 1%, mais nous sommes en danger si elle progresse de 8%.

Ayant en vue ces éléments, on peut procéder aux analyses les plus pointues. Il y a bien sûr des différences entre situer la trajectoire d’une entreprise et celle d’un pays. Mais nous n’allons pas entrer dans les détails des deux méthodes. Il nous importe surtout de simplifier et de «populariser l’analyse».

L’éducation, bien sûr

Il y a de nombreux paramètres qui peuvent nous inciter à l’optimisme ou au pessimisme pour le développement d’un pays. Nous avons la productivité, la croissance, la recherche et le développement, l’évolution des équilibres de la balance des paiements, la création d’entreprises et autres. Tous contribuent à des degrés divers aujourd’hui à façonner une nation en devenir. Il faut également une analyse dynamique, c’est-à-dire lire les données et les interpréter pour de nombreuses années.

Enfin, on n’oublie pas de les comparer pour situer notre trajectoire par rapport au reste des pays. Nous ne voulons pas développer outre mesure la méthode, mais seulement répondre à la question pressante de nos citoyens. Si nous devions positionner en haut de la liste des indicateurs les plus importants de l’évolution d’un pays, aucun prospectiviste n’objecterait de situer en haut du répertoire le système éducatif. Mais quel aspect du système éducatif ? Ce serait bien sûr son aspect qualitatif.

Il est mieux indiqué de former des élites compétentes qui boosteraient la créativité et l’exportation plutôt que de massifier et de créer une inflation de diplômés qui deviennent des cas sociaux. A une seule condition. Que l’accès à l’élitisme scientifique se fasse en fonction du mérite et non des revenus des parents. On peut théoriser beaucoup sur pourquoi la qualité du système éducatif est le paramètre le plus important du devenir d’une nation.

Mais il suffit de faire une seule observation pertinente. Parmi les pays développés et émergents, aucun n’a un système éducatif qui se classe parmi les 30% derniers et pratiquement tous se classent en haut de la liste. Ceci nous vaudrait de dire qu’il est impossible d’accéder à l’émergence ou au développement avec un système éducatif qui se range parmi les derniers dans la hiérarchisation des différents classements (PISA, Davos, etc.). Les différentes études de l’OCDE montrent également qu’il y a une forte corrélation entre les classements PISA et la croissance économique des pays.

A méditer

La qualité du système éducatif est un indicateur-clé du devenir d’une nation. Il ne s’agit pas d’une projection sur quelques jours ou quelques mois, mais bel et bien sur le long terme (plus de cinq ans). Si nous avons des problèmes au niveau des différents secteurs d’activité (santé, administration, transport, etc.) cela s’expliquerait, en grande partie, mais pas en totalité, par la faiblesse du système éducatif.

Ce dernier s’entend par les différents paliers dont nous disposons, y compris l’enseignement supérieur et la formation professionnelle. Bien que nous ayons quelques institutions à performances élevées dans l’ensemble, nous avons beaucoup de lacunes à corriger.

Mais il y a une observation de taille. Il ne s’agit pas d’observer le classement actuel et de se prononcer, mais surtout d’évaluer l’évolution des positions. Si nous gagnions chaque année 7 à 8 places, même si on est parmi les 20% derniers, on est en droit d’être optimistes. Les classements concernent les différents paliers et modules, le système universitaire, les business schools, etc.
Beaucoup d’analystes critiquent ces classements.

Ils sont loin d’être parfaits. Leurs propres concepteurs situent leurs limites et les améliorent souvent. Il y aurait donc, comme dans toute évaluation, des marges d’erreur dans ces classements. Mais ils sont précieux et on aurait tort de les sous-estimer. Nous n’avons pas eu d’informations de malversation dans ces classements, comme les dépassements rapportés dans le Doing Business.

Dès lors que l’on désire avoir une idée sur l’évolution très probable de notre pays, ayons les yeux rivés sur l’évolution du système éducatif. Mais même si c’est l’indicateur le plus important, celui qui conditionne tout le reste, il est loin d’être l’unique.

Mais cela a des implications énormes en termes de politiques économiques. Le premier élément concerne l’affectation des ressources. Il doit figurer au top des priorités avec la sécurité nationale dont il fait partie intégrante. Le second concerne son management et sa coordination avec les autres secteurs. Le processus de prise de décision le concernant aussi est à méditer. Nous avons en ce sens plusieurs alternatives de réussite.

Il n’est pas question ici de développer ces aspects. Alors que nos citoyens s’intéressent un peu plus à l’évolution comparative de notre système d’éducation et ils sauront comment va évoluer notre nation.

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