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dimanche, 17 février, 2019
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Repères économiques

Restructuration du secteur public : Y a-t-il une méthode efficace ?

11 février 2019 à 11 h 00 min

Le débat sur la situation du secteur public fait de plus en plus profil bas. Par le passé, ce secteur fut là au centre des enjeux et des débats économiques.

L’importance s’expliquait en premier lieu par sa taille. A la fin des années quatre-vingts, il constituait plus de 85% de la production nationale hors hydrocarbures. Maintenant, il avoisinerait les 30%. Normal ! Ce recul a été observé dans tous les pays du monde. En Chine, il représentait 99% de l’économie à la fin des années soixante-dix.

Il serait aux alentours des 30% actuellement, et il est encore en voie de régression. Dans notre pays, malgré sa taille réduite, il accapare la majorité des ressources, si l’on considère les crédits et les appuis de toutes sortes pour l’aider à se restructurer. C’est sur ce point qu’il faut focaliser un débat qui semble devenir de plus en plus silencieux.

Les raisons du profil bas seraient multiples. Il y a comme un effet de lassitude. Les mêmes positions et les mêmes mécanismes sont évoqués de la même manière depuis des décennies maintenant et n’aboutissent pas à des politiques économiques cohérentes.

De surcroît, les différentes tentatives de privatisation ou d’assainissement des entreprises ont pour la plupart produit plus de déboires que de réussites. Il y a comme un sentiment d’impuissance qui nous envahit. Pourtant, les expériences internationales et les sciences sociales ont produit des schémas et des orientations très utiles qui ont été salutaires dans de nombreux pays.

Public Choice, une branche de la science économique qui s’intéresse aux secteurs publics, a produit les conditions d’efficacité d’un secteur public qui ont été complètement ignorées par nos décideurs. Les institutions qu’il faut pour le piloter efficacement ne sont pas au point. Les ressources qui lui sont consacrées sont disproportionnées par rapport à sa taille.

Les solutions existent

Il y a un écart énorme entre l’état de nos connaissances sur le management des secteurs publics et les pratiques de notre pays.

Dans tous les pays du monde, les secteurs publics connaissent quelques difficultés plus ou moins importantes, même en Chine un des pays qui a le mieux réussi à faire de son secteur public économique un cheval de bataille de premier ordre pour maîtriser le développement.

Mais les écarts sont minimes, contrairement au début des années quatre-vingt -dix, lorsque les problèmes de transition commençaient à se poser aux ex-pays socialistes.

Évidemment, on ne peut évoquer tous les problèmes liés au management des entreprises publiques. C’est tout un cours semestriel qui se déroulerait, alors pour aller au fond des choses, mais je vais évoquer un point essentiel qui se dresse comme un obstacle majeur à une véritable restructuration du secteur public.

Et il est contre-intuitif, c’est-à-dire qu’il défie ce que nous pensons être logique et normal. Alors, lorsqu’un mécanisme économique est contre-intuitif, il est combattu par un nombre impressionnant d’acteurs administratifs et de régulateurs.

L’une des règles les plus importantes à considérer dans la gestion du secteur public, c’est la problématique de la compétition et de la faillite. C’est la première condition stipulée par la branche «Public choice». Non seulement là où c’est possible il ne faut pas octroyer des monopoles au secteur public, mais, mis à part des entreprises stratégiques, une entreprise publique économique défaillante va être mise en faillite.

La Chine ne subventionne pas les entreprises non stratégiques et les laisse partir en faillite lorsqu’elles sont inefficaces. Une levée de boucliers s’enclenche lorsque vous dites que la faillite est une bonne chose pour l’économie, pourtant c’est une tautologie en économie. L’un des plus grands économistes, l’Australien Joseph Schumpeter, disait que les économies qui ne laissent pas leurs mauvaises entreprises mourir seront perpétuellement en crise.

C’est la gestion archaïque des socialistes au Venezuela qui a mis à genoux un pays super-riche en adoptant des politiques populistes et anti-efficacité. En voulant trop protéger et mal protéger les populations, on finit toujours par détruire leur vie.

La Faillite est une bonne chose : Il faut simplement l’expliquer et la gérer

J’ai expliqué à maintes reprises les mécanismes des faillites, mais c’est toujours bon de les décrire d’une autre manière afin que l’on ne continue pas de dilapider nos ressources et d’hypothéquer l’avenir de notre pays. Si vous dites à un décideur, on doit mettre en faillite une entreprise de réalisation, il va s’offusquer : nous allons perdre des emplois et un outil de production, rétorquera-t-il.

C’est totalement faux. Dans le processus de faillite, on vend aux enchères les équipements, et de la mort de cette entreprise vont naître des dizaines d’autres avec l’achat de ses moyens de production. Ces dizaines d’entreprises vont créer en deux ou trois ans trois à quatre fois plus d’emplois et produire cinq à six fois plus.

Surtout si on l’accompagne avec des entreprises spécialisées (formation et reconversion du personnel, essaimage, création d’entreprises). Aucun travailleur ne sera laissé-pour-compte durant cette phase de transformation. De nombreux pays ont créé ces industries du savoir mais pas nous.

Nous jouons à nous faire peur : la restructuration, la faillite et la privatisation sont rejetées sur de fausses bases, de faux mécanismes inventés de toute pièce, et donc, on demeure trop loin de l’innovation et de la compétitivité.

Cela dit, il ne faut pas croire que rien ne se fait, on essaye toujours une énième configuration. Il y a même des projets très intéressants qui se développent comme un institut de formation de haut niveau pour l’encadrement des dirigeants.

Bien sûr, à condition d’avoir une mise à niveau de classe mondiale, mais nous n’avons pas une doctrine explicite sur les politiques à mener pour redresser le secteur économique public. Pourtant, nous avons maintenant les connaissances, les expériences internationales ainsi que les spécificités nationales qui nous permettent de concevoir une approche pour régler définitivement la problématique du secteur public.

Il faut d’abord localiser le lieu où les décisions finales se prennent après des consultations élargies (partenaires sociaux, experts, responsables publics, citoyens etc.). Il n’y a pas que cette question. Tous les paramètres environnementaux sont interpellés.

Pour le moment, nous sommes en attente d’une doctrine de référence à laquelle les acteurs de ce secteur adhèrent et ne cessent de perfectionner les mécanismes de mise en exécution des mesures salutaires prises. La doctrine se fait attendre ; de même qu’une restructuration digne des anticipations des managers et des citoyens.

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