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Repères économiques

Economie mondiale : perspectives et impacts

24 décembre 2018 à 11 h 00 min

Beaucoup de prévisions des adeptes de la mondialisation se sont révélées exactes. L’interconnexion et la dépendance des économies en furent les plus importantes. D’autres phénomènes ont carrément échappé aux partisans de l’internationalisation, comme l’accentuation des inégalités et la destruction des écosystèmes planétaires.

Quoi qu’il en soit, un pays a toujours intérêt à faire de l’intelligence économique, au sens d’un radar qui balaie tous les événements et l’information environnants pour en extraire les plus pertinents à son évolution. Le management de l’information est le second facteur-clé de succès de réussite des entreprises et des pays. Il n’est distancé que par le management des cerveaux humains : développement et utilisation.

Aujourd’hui, pour faire de l’intelligence économique sur l’évolution de l’économie mondiale, il ne suffit pas d’obtenir abondamment de chiffres. Les données existent au sein de nombreuses institutions et les résultats des différents modèles économétriques (certains contiennent des centaines d’équations) sont diffusés très rapidement par les technologies modernes de l’information.

La problématique est d’interpréter ces variétés de données, ainsi que de nombreux développements économiques et politiques qui risquent d’impacter positivement ou négativement un pays ou une région. C’est ce qu’on appelle transformer les données en information. Passer des données à l’information est un métier. De nombreuses universités mondiales offrent des masters en intelligence économique. Ce genre de formation est très peu prisé dans les pays en voie de développement.

Le problème du discernement

Le problème le plus important de l’intelligence économique est de transformer les données en information. Les premières sont des matières brutes qu’on trouve partout et certaines font les grands titres des journaux. Les premières (données) s’apparentent aux matières premières, comme le bois, l’acier, les terres rares, les hydrocarbures, etc.

L’information s’apparente aux produits finis (avions, téléphones, etc.) fabriqués à partir des matières premières. C’est le cas aujourd’hui, par exemple, de tous les journaux qui sont focalisés sur la décision de la Banque fédérale américaine d’augmenter les taux d’intérêt de 0,25% et de faire passer le taux directeur de 2,25 à 2,5%.

C’est une donnée, un événement que les Bourses et les politiciens n’aiment pas pour les conséquences qu’il induit. Mais l’information serait que l’activité économique va ralentir. Le rythme de croissance et de création d’emplois va s’affaiblir. Ceci serait l’information fabriquée à partir des données brutes et des connaissances scientifiques  : hausse des taux d’intérêt, plus utilisation des lois économiques.

Mais les informations les plus pertinentes à un pays sont souvent indicibles. Par exemple, l’année passée, plus de 50% des nouveaux investissements mondiaux et des nouvelles installations énergétiques furent orientés vers les énergies renouvelables. Nous sommes en train d’opérer une formidable transition énergétique mondiale. Cette information nous concerne en premier lieu en tant que pays producteur d’énergie conventionnelle. Mais cette information vitale est peu diffusée au niveau international et très peu au sein de nos médias.

Les énergies renouvelables, qui représentaient 11% de la consommation énergétique mondiale, vont grimper substantiellement dans le bouquet énergétique global. On peut en tirer de nombreuses conséquences en matière de décisions stratégiques, mais on reviendra sur ce thème central. Maintenant, nous nous rapprochons du haut du cycle de l’économie mondiale. La croissance globale, qui fut de 2,4% en 2016, sera de 3% en 2018 et 2019, selon la moyenne des prévisions des institutions internationales. La population mondiale qui croit de 1,15 à 1,2% par an va constater une meilleure évolution de son pouvoir d’achat.

Ce qu’il faut anticiper

On peut puiser dans les statistiques mondiales à profusion des informations sur l’évolution des paramètres économiques et sociaux : investissements, distribution des revenus, exportations, etc., mais c’est le fait de donner un sens à tout cela qui est difficile, mais pourtant plus important. Dans notre pays, nous envisageons une croissance annuelle d’à peine 2,5 à 3%.

Mais contrairement aux autres pays de la planète, nous avons une forte démographie : 2,4 à 2,5 de croissance annuelle. Ce qui implique que le pouvoir d’achat va quasiment stagner. Nous nous situons parmi les 20 pays qui ont la plus forte croissance démographique mondiale. C’est le seul classement où on est performants. Seuls une poignée de pays africains et du Moyen-Orient nous dépassent.

Nous sommes toujours en situation où nous puisons des réserves pour financer des dépenses sociales et économiques que l’on ne pourra pas maintenir indéfiniment. Tout le monde s’inquiète, à juste titre, du fait que les réserves qui se situaient à 195 milliards de dollars en 2014 seront d’à peine 66 milliards à la fin de l’année 2019. Nous allons donc peu profiter de la croissance mondiale.

En fait, il y a beaucoup de pays qui vont en bénéficier grandement : l’Asie, une vingtaine de pays africains, les USA, le Canada et quelques pays européens. Cependant, il y a beaucoup d’incertitudes ces derniers temps : la remise en cause de la globalisation, les tensions géopolitiques, l’immigration, l’aide au développement, l’évolution de la productivité et la financiarisation de l’économie peuvent à tout moment faire rechuter l’économie mondiale à ses niveaux les plus bas. Pour les hydrocarbures, à moyen et long termes, la situation risque d’être franchement mauvaise.

Nous sommes dans la même situation que la Malaisie à la fin des années quatre-vingts, lorsque les recettes pétrolières chutaient et mettaient en danger le pays. Le Premier ministre, Mahatir, lançait alors le fameux plan «2020 : Malaisie pays développé». Aujourd’hui, le pari est réussi. Dans notre cas, tout le monde parle de la diversification économique. Mais chacun se fait une idée spéciale de son contour. C’est pour cela que nous aurions besoin d’un plan stratégique pour sortir de ce marasme. Il y a beaucoup d’autres conditions, mais l’essentiel est d’avoir un référentiel commun qu’on s’efforce de réaliser. Pour le moment, c’est un «Wishful Thinking».

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