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mardi, 23 octobre, 2018
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Un impertinent hors pair

15 juillet 2018 à 1 h 49 min

Donald Trump est entré par la petite porte en Grande-Bretagne pour une visite qui devait être d’Etat et qui a été transformée en visite de travail, au grand soulagement de la reine d’Angleterre qui, protocole oblige, n’était plus tenue de partager avec lui un dîner officiel ni de l’inviter à passer la nuit au palais royal.

Il faut dire que le locataire de la Maison-Blanche n’était pas le bienvenu chez les Britanniques qui, dès son élection, n’ont pas caché leur hostilité à son égard et ont exprimé ouvertement le souhait de ne pas le voir chez eux. Les raisons principales ? Ils l’accusent notamment d’être «raciste, xénophobe, mal élevé». Le personnage ne laisse pas indifférent.

Il manie avec maladresse le chaud et le froid. Il se prend pour le maître du monde et s’érige en donneur de leçons avec un langage qui ne sied pas du tout à un homme d’Etat, surtout à un président des Etats-Unis. Il s’est montré extrêmement impoli avec ses alliés, principalement la Grande-Bretagne, envers laquelle il a montré son absence de savoir-vivre. Pourtant, Theresa May a été la première chef d’Etat à lui rendre visite après sa prise de fonction à la Maison-Blanche.

Il a exprimé son arrogance dans une interview à un tabloïd britannique le jour-même de son arrivée sur le sol anglais. Il a affirmé que les Etats-Unis ne signeront pas d’accord privilégié avec la Grande-Bretagne si cette dernière s’engage dans un accord de libre-échange avec l’Union européenne après l’entrée en vigueur du Brexit.

Une douche froide pour la Première ministre qui, la veille, déclarait que les Etats-Unis sont «les plus proches alliés, mais aussi les amis les plus chers». Trump enfonce le clou en rendant hommage à son «ami Boris», secrétaire au Foreign Office, partisan d’un Brexit dur, qui avait démissionné une semaine auparavant pour exprimer son mécontentement à l’égard de la politique conciliante de Mme May.

Des gestes qui créent un malaise difficile à estomper même si, deux jours plus tard, Trump, égal à lui-même, se met à distribuer des satisfecit en disant que la Première ministre «est très intelligente», un changement de discours qui ne trompe pas le légendaire flegme anglais.

Et il n’a pas contribué à apaiser l’opinion : des centaines de milliers de Britanniques sont descendus dans la rue pour dénoncer le président milliardaire, notamment à Londres, qui lui reproche de s’en être pris à son maire d’origine pakistanaise Sadiq Khan, accusé par Trump de faire un «mauvais travail sur le terrorisme». C’était une manière pour le président américain d’exprimer une nouvelle fois sa haine pour les musulmans.

Les Britanniques l’ont compris ainsi.
Il en recevra une nouvelle démonstration en Ecosse où il est arrivé, hier, pour un séjour privé. Là aussi, il a été accueilli par des manifestations hostiles, surtout à Glasgow, où les autorités écossaises ont refusé de l’accueillir à l’aéroport.

Les Ecossais lui reprochent un tweet antimusulman qui a été largement repris et exploité par l’extrême-droite britannique. Le fait qu’il soit écossais par sa mère ne lui a été d’aucun secours.

En fin de compte, il semble que Trump perd de sa superbe devant un seul homme, le jeune leader nord-coréen Kim Jong-un.

Ce dernier n’est pas du tout impressionné par le langage provocateur du président américain et il sait le lui faire comprendre.

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