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dimanche, 17 février, 2019
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Système à bout de souffle

11 février 2019 à 11 h 00 min

Les élections présidentielles depuis 1999, chez nous, se suivent et se ressemblent, ou du moins sur un point : les «danseuses du ventre» entrent en scène plusieurs semaines avant même le début de la campagne électorale.

Ce qui s’est passé samedi dernier à la Coupole du complexe sportif Mohamed Boudiaf, à Alger, en est la parfaite illustration de tout ce qui est possible en matière de courtisanerie et de servilité vis-à-vis du chef, ici en l’occurrence du président de la République sortant.

L’ambiance voulue par le FLN, organisateur de cette kermesse montée à coups de dinars sonnants et trébuchants, si l’on en juge par le nombre de cars et autobus immatriculés en dehors de la wilaya d’Alger, mobilisés pour ramener les supporters à l’applaudimètre pour la circonstance et retransmis abondamment sur les chaînes de télé publiques et privées.

Danseuses du ventre recrutées parmi les cadres et militants de l’ex-parti unique, mais aussi des hauts fonctionnaires étaient au rendez-vous aux côtés «de chauffeurs de salle et de bendir», ce tambourin bien de chez nous auquel on arrache toutes les sonorités que l’on veut, mais tous, les uns aussi bien que les autres, tombés en adoration devant le portrait de l’absent, mais non moins candidat non encore déclaré à sa propre succession, ce qui n’allait être que le cas le lendemain, c’est-à-dire hier.

L’originalité, cette fois, pour briguer un 5e mandat, Abdelaziz Bouteflika a choisi de s’adresser par lettre aux Algériens, sur ce qu’il compte faire s’il est réélu. Une relation épistolaire qui ne vient pas moins confirmer le mépris constant à l’égard des citoyens algériens que le système politique et les faiseurs de rois qui gravitent autour de lui veulent confiner dans un rôle de mineurs, incapables de faire les choix déterminants pour leur avenir.

En d’autres termes, choisir ce qui est bon pour eux et non pas attendre et entériner ce que d’autres à l’intérieur de ce système auront décidé ce qui est bon pour les Algériens et pour leur avenir, y compris dans le choix des dirigeants.

Mais pour arriver à ses fins, le système, encore une fois, pour arracher ce 5e mandat, ne reculera pas, par le biais de ses donneurs d’ordre, à user de procédés déjà utilisés pour neutraliser toute velléité à vouloir perturber le cours des choses.

D’ores et déjà, le général à la retraite Ghederi, candidat déclaré à la prochaine présidentielle, en fait l’amère expérience pour avoir fustigé tout au long de ses interventions dans les médias et «osé» se présenter comme étant le candidat antisystème.

D’abord de l’institution militaire à laquelle il a appartenu avant de prendre sa «retraite», jusqu’aux pressions exercées sur son entourage et sur lui-même : filatures, écoutes téléphoniques de la part des services de sécurité, en passant par toutes sortes d’entraves afin de l’empêcher de se rapprocher de la société civile, y compris dans des actes anodins, comme celui de se rendre à l’enterrement d’un autre général, Abdelmalek Guenaïzia, une manière comme une autre de le neutraliser un tant soit peu.

Il ne faut pas être grand clerc pour deviner que la collecte des 60 000 signatures de citoyens ou les 600 d’élus nécessaires pour espérer entrer en course ne sera pas de tout repos pour le concerné au regard des premières turpitudes.

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