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dimanche, 23 septembre, 2018
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Ni prévenir, encore moins prévoir

30 août 2018 à 3 h 11 min

Les propos du ministre de la Santé tenus, dimanche dernier, lors d’une conférence de presse à l’hôpital de Boufarik, affirmant que l’épidémie de choléra sera éradiquée dans trois jours, ont surpris non seulement les professionnels de la santé mais aussi le citoyen lambda, étonné non seulement dans le retard mis par les autorités à communiquer sur l’épidémie, mais aussi dans leur incapacité à déterminer son ampleur et son origine, rendant par conséquent difficile la tâche consistant à la circonscrire ?

Malheureusement, trois jours plus tard, le bilan des cas avérés de choléra hospitalisés s’est alourdi. Et on n’en sait pas plus sur l’état réel de l’épidémie, ni quels en sont les principaux foyers de contamination ? Entre-temps et comme il fallait s’y attendre, c’est l’affolement sur la Toile et les réseaux sociaux face au silence sidéral en matière de communication officielle.

Il n’en fallait pas plus pour semer la panique au sein de la population, livrée à elle-même, en manque d’informations de la part des autorités qui semblent oublier que la réalité de 2018 n’est pas celle des années 1980. Il est plus facile de se déplacer à travers tout le territoire que l’on peut traverser en quelques heures et qu’il n’en faut pas plus à une épidémie pour se propager.

Mais au-delà de ce constat, le plus surprenant c’est qu’aujourd’hui beaucoup d’experts indépendants s’accordent à dire qu’une telle catastrophe était prévisible tant les négligences sont nombreuses de la part des institutions, à commencer par celles de la commune jusqu’aux services techniques spécialisés, comme ceux de l’agriculture ou de l’environnement.

Le laisser-aller a atteint un tel degré que l’on se rend compte aujourd’hui que l’on a abandonné jusqu’au moindre réflexe de prévention au niveau local où les autorités ont failli à leurs obligations dans le domaine sanitaire à l’égard des populations délaissées ou ignorées.

Ces mêmes experts sont aujourd’hui unanimes à affirmer que les eaux d’irrigation à partir des oueds et autres cours d’eau utilisées dans l’agriculture sont, dans le meilleur des cas, en grande partie polluées par les rejets industriels ou ménagers. Le pire étant tout simplement le recours aux eaux usées par des agriculteurs ignorants, peu sensibles aux risques encourus par la consommation de fruits et légumes produits de cette manière sur la santé des citoyens.

Et c’est d’abord là que se situent les failles qui ont permis l’apparition et la propagation d’une telle épidémie, conjuguées au laisser-aller en matière de maintien d’hygiène et de salubrité publique au niveau des communes, des daïras de la part d’autorités beaucoup plus soucieuses de préoccupations électoralistes et clientélistes que de l’amélioration du cadre de vie de leurs administrés.

Et ce n’est pas une campagne nationale concoctée à la «va-vite» par le ministère de l’Environnement à la suite de cette épidémie qui comblera les lacunes des institutions nationales et des collectivités locales, incapables qu’elles sont aujourd’hui de prévoir et encore moins de prévenir tout risque dans leurs obligations envers les citoyens.

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