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Les inquisiteurs en ordre de marche

10 février 2019 à 10 h 00 min

Jamais membre du gouvernement n’a été autant décrié, critiqué, y compris par les médias privés soutenus et entretenus par le pouvoir, que Mme Nouria Benghebrit. Depuis sa nomination à la tête de l’Education nationale en 2014, elle est devenue la pire ennemie, la cible à abattre des islamo-baathistes.

La toute première agression a porté sur ses origines. Ils lui ont tout simplement trouvé des origines juives, un discours antisémite qui n’a pas place en Algérie, dont la Révolution a été marquée par l’universalité et qui a réuni dans ses rangs des musulmans, des juifs, des chrétiens. Chaque fois que Mme Benghebrit éternue, la meute des obscurantistes se déchaîne dans l’espoir de l’abattre. Pourquoi un tel acharnement ? Au vu de son parcours professionnel, à la dimension internationale, et connue pour son opiniâtreté et sa combativité, les islamo-baathistes ont compris qu’ils avaient affaire à un nouveau Mostefa Lacheraf qui a lutté pour créer une école moderne, ouverte sur le monde et hostile à toute forme d’obscurantisme.
Ils y ont vu une menace pour leur idéologie, d’autant qu’ils se sont mis à espérer depuis l’arrivée au pouvoir de Abdelaziz Bouteflika en 1999. Car, selon eux, pour créer une véritable société islamiste, il fallait d’abord commencer par prendre le contrôle de l’éducation nationale, comme l’ont fait les talibans en Afghanistan ou les wahhabites en Arabie Saoudite.

C’est la priorité des priorités pour eux. L’on se rappelle que le FIS, lorsqu’il avait le vent en poupe, s’était attaqué aux lieux du savoir et a exigé par exemple la suppression de la mixité dans les écoles. Le GIA a surenchéri : en 1995, il a publié un communiqué à la veille de la rentrée scolaire pour interdire l’école aux enfants. Pour la première fois, les parents d’élèves avaient surmonté leur peur et ont refusé d’obtempérer aux ordres des terroristes. Une défaite dure à avaler, mais l’AIS et le GIA se sont vengés en massacrant femmes et enfants dans les hameaux isolés.

Chaque fois que l’occasion leur est donnée, les islamo-baathistes reviennent à la charge. Il a suffi que la ministre de l’Education nationale dise que l’école doit être protégée de l’idéologie pour qu’ils se déchaînent à nouveau. Sachant très bien que l’Etat est faible, des imams ont transformé leurs salles de classe en lieux de prière, des prêcheurs du vendredi dénonçant «la juive» ennemie de l’islam. Même Makri du MSP, dont on pensait qu’il a mis de l’eau dans son vin et qu’il s’est adapté à un système démocratique, s’est mis à lâcher son fiel en s’interrogeant pour savoir si Mme Benghebrit fait sa prière et si sa religion est autre que l’islam. Voilà l’inquisition qui reprend avec violence.

Heureusement que la ministre est une battante qui n’a pas peur de cette engeance qui a semé la désolation et la terreur dans les années 1990. Elle fait admirablement barrage aux ennemis du savoir et de l’islam authentique, cet «islam de Cordoue» dont parle avec fierté le ministre des Affaires religieuses, Mohamed Aïssa. Malheureusement, le pouvoir laisse «Dame courage» affronter toute seule la meute. Il ne veut pas déplaire à la mouvance qui veut renvoyer l’Algérie au moyen-âge.

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