Les clans avant la «bande» | El Watan
toggle menu
mardi, 23 avril, 2019
  • thumbnail of elwatan20190423

Les clans avant la «bande»

15 avril 2019 à 9 h 00 min

Le pays est depuis plusieurs semaines le théâtre d’une révolution pacifique dans la rue et d’une guerre ouverte au sommet. Les échos de la lutte des clans continuent d’alimenter la chronique nationale et de brouiller les pistes à un moment où tout un peuple est résolument engagé sur la voie de son émancipation politique.

Alors que des millions de citoyens étaient sortis dans la rue pour demander le départ de tout le système, l’opinion publique était invitée, à la fin du mois dernier, à suivre les péripéties d’une réunion secrète entre des parties jadis adverses, accusées de vouloir porter atteinte à l’institution militaire du pays. A présent, et au lendemain d’une manifestation où des citoyens ont suffoqué dans le Tunnel des facultés, noyé dans les gaz lacrymogènes, c’est la vraie fausse information du délogement de l’ancien patron de la police et de ses supposés démêlés avec la justice qui est servie à la population.

Cette guerre féroce entre les clans se poursuit sous le mot d’ordre proclamé d’une lutte implacable contre la «bande», celle du Président qui a démissionné une heure après la mise en demeure du chef d’état-major de l’ANP, ou des oligarques qui peuvent être attrapés par le plus simple agent aux frontières. Si la bande n’existait pas, il faudrait la créer. Elle assume actuellement la mission précieuse de sauvegarde d’un système qui l’a engendrée. Elle représente la quintessence de sa nature hégémonique et l’expression la plus éclatante de sa corruption profonde.

Ce n’est pas la répression qui menace la mobilisation citoyenne, mais la capacité manœuvrière d’un système qui multiplie les leurres et les mystifications. Aucun citoyen de Béchar ou de Tébessa, ni d’ailleurs, ne connaît les noms des nouveaux ministres de l’Intérieur ou de l’Energie. Pourtant, ils ont été refoulés, ces derniers jours, sans autre forme de procès et empêchés par la population d’effectuer leurs visites officielles.

Cela ne dissuade pas les stratèges du statu quo de faire la promotion de la seule revendication réclamant le départ des «3B». S’ils n’étaient pas soucieux de se conformer aux dispositions constitutionnelles pour faire bonne figure sur la scène internationale, les détenteurs actuels du pouvoir auraient volontiers remercié ces trois personnalités, sans relief notable, pour les remplacer tout simplement par les concepteurs historiques et les managers réels des dispositifs de fraude électorale.

Mais le jeu des «pions» selon les circonstances et l’évolution des événements ne peut plus être opérant depuis qu’un jeune manifestant a relancé dans les rues d’Alger, le 12 mars dernier, la revendication définitive d’une rupture radicale avec le système en place. Les atermoiements et les manœuvres en cours heurtent mais ne stoppent pas l’aspiration des Algériens au changement. Ces derniers n’attendent pas de nouvelles promesses et d’autres discours trompeurs, mais un signal fort que les clans vont se conjuguer au passé et leurs représentants admis à la retraite politique.

Lire aussi

Loading...

Related Post

S'IDENTIFIER S'INSCRIRE
Se souvenir de moi
Mot de passe perdu?
S'IDENTIFIER S'INSCRIRE
Registration confirmation will be emailed to you.
Password Reset Registration
Login
Do NOT follow this link or you will be banned from the site!