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Encore une honte

14 juillet 2018 à 1 h 01 min

Pauvre peuple camerounais ! Depuis l’indépendance de son pays, le 5 mai 1960, il n’a connu que deux Présidents. Ahmadou Ahidjo, qui décédera en 1982, et son successeur Paul Biya. Ne voilà-t-il pas que ce dernier vient d’annoncer qu’il se présentera pour un 7e mandat à l’élection présidentielle prévue le 7 octobre prochain.

A 85 ans, sa soif morbide pour le pouvoir l’empêche de voir que l’Afrique a évolué et qu’elle aspire à des changements qui l’engagent dans la démocratie, la liberté et la prospérité.

Pour justifier cet attachement malsain et maladif à la fonction présidentielle, il prétend répondre à des appels incessants des Camerounais de l’intérieur et de la «diaspora», un discours éculé entendu sous d’autres cieux, aussi bien dans le monde arabe qu’en Afrique.

Pourtant, malgré 36 ans de présidence, un record de longévité, Paul Biya ne peut se prévaloir d’un bilan flatteur. Il gère le Cameroun à sa guise, les ministres n’étant là que pour exécuter strictement ses instructions.

Le multipartisme a été instauré mais il est de façade, les partis de «l’opposition», dirigés tous par des septuagénaires qui lui étaient proches, n’existant que pour amuser la galerie. Sur le plan économique, le pays stagne alors qu’il est immensément riche. Le poids fort de son règne : il a érigé la corruption en mode de gouvernance.

Au point qu’en 2010, selon l’AFP, le parquet de Paris a ouvert une enquête pour «recel de détournement de fonds publics» dans l’affaire des «biens mal acquis» visant également le fils du président de la Guinée équatoriale ainsi que des membres de la famille Bongo du Gabon.

Malheureusement, les dégâts provoqués par son règne absolu ne s’arrêtent pas là. Il a mené une politique favorisant la majorité francophone et marginalisant la minorité anglophone, laquelle vient de prendre les armes pour défendre ses droits, poussant jusqu’à se battre pour la succession. Une guerre civile dont le pays aurait bien pu se passer.

Pour rappel, trois puissances s’étaient disputé le pays au XIXe siècle : l’Angleterre, la France et l’Allemagne. A la défaite de celle-ci lors de la Première Guerre mondiale, le Cameroun est placé sous le protectorat des Français et des Anglais qui se le partagent, d’où le clivage linguistique qui perdure jusqu’à ce jour et qui a été entretenu par le Président qui est un francophone, diplômé de sciences Po Paris.

La candidature de Biya n’augure rien de bon pour le Cameroun et donne un autre mauvais exemple aux dirigeants africains qui s’accrochent au pouvoir contre vents et marées. Elle constitue une nouvelle déception pour toute la jeunesse africaine qui rêve de bouleversements profonds et d’une vie meilleure.

Paul Biya s’ajoute à la liste de ces dirigeants continentaux qui font honte à l’Afrique, de ces dirigeants qui ont dévalorisé la fonction présidentielle et qui rêvent d’être monarques, mais qui n’ont pas les moyens pour réaliser cette lubie. Et c’est surtout un manque de respect total pour leurs peuples qu’ils empêchent d’accéder à la dignité et de connaître la considération.

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