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mercredi, 20 mars, 2019
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Temps électoral et calculs de pouvoir

20 janvier 2019 à 10 h 00 min

La convocation vendredi par le président Bouteflika du corps électoral pour l’élection présidentielle fixée pour le 18 avril prochain va certainement faire l’effet d’un antidote sur les paris des bookmakers politiques qui avaient misé sur des scénarios alternatifs et transitoires à la tenue du scrutin dans les délais constitutionnels.

Maintenant que la messe a été dite sur cette question, après de longs mois de surenchères politiques pour tenter de trouver une issue à l’impasse politique dans laquelle s’est trouvé le pouvoir qui s’est pris à son propre piège d’avoir cadenassé la porte de la succession à Bouteflika, y compris au nez des potentiels candidats du sérail, il serait naïf de croire que la raison d’Etat l’a emporté sur les calculs de pouvoir. Car si, après avoir fait le dos rond pendant de longs mois, le président Bouteflika a fini par siffler le hors-jeu dans cette partie… de ballons de sonde à laquelle se sont joints des acteurs du pouvoir et de l’opposition, il demeure que l’énigme reste entière. Pourquoi n’a-t-il pas brandi le carton rouge bien avant pour rassurer la classe politique et l’opinion, recadrer le débat politique et confondre les professionnels de l’intox qui nous sortaient de leurs boîtes à outils des scénarios tellement bien ficelés que beaucoup ont fini par mordre à l’hameçon ?

Une fois de plus, Bouteflika tente de ramasser la mise politique en se posant en légaliste face à ses détracteurs qui lui avaient dressé un bûcher, pour les velléités réelles ou supposées qu’on lui a prêtées de vouloir tenter un putsch constitutionnel en triturant, de nouveau, la Constitution pour se maintenir au pouvoir sans passer par les urnes. C’est une constance dans sa vision de la politique : ne jamais dévoiler ses cartes, toujours surprendre pour se ménager des longueurs d’avance sur ses adversaires politiques. Tout est chez l’homme calculs et stratégies – pas dans le sens noble impliquant une saine compétition qui a ses règles, son éthique politique et morale – mais de ruse et d’abus de position dominante que lui confèrent ses larges prérogatives de chef de l’Etat dont il use et abuse de manière insatiable au goût de l’opposition.

Il est vrai que, constitutionnellement, Bouteflika n’a pas commis d’entorse à la Constitution en attendant la dernière minute pour convoquer le corps électoral, laissant dans l’intervalle s’installer dans le pays un débat schizophrénique sur l’hypothèque de l’élection présidentielle et la prorogation du mandat présidentiel.

Mais en jouant la montre, il a – et c’est sans nul doute l’objectif recherché – plombé la vie politique et électorale devant d’éventuels concurrents auxquels il ne fait aucune concession. Pas même le fait de leur consentir, en bon joueur, de s’offrir un tour de piste d’échauffement, comme il est admis dans une période préélectorale dans les régimes démocratiques pour prendre la température de l’opinion et se préparer à la campagne et aux joutes électorales.

Après la fin du suspense de la convocation du corps électoral, s’ouvre un nouveau pari, celui de la candidature ou non de Bouteflika pour un 5e mandat ; une option qui, en vérité, n’a jamais disparu des radars du pouvoir même si, un moment, elle semblait avoir été mise sous l’éteignoir. Bouteflika va-t-il nous jouer encore une fois le phénomène de l’éclipse en choisissant le temps politique et électoral qui lui sied pour se déterminer ? Chaussons nos lunettes et attendons pour voir ce spectacle cyclique et de moins en moins attractif qui s’invite aux Algériens tous les cinq ans depuis vingt ans !

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