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«Pour El Oued et pour tous les Algériens»

19 juillet 2008 à 21 h 03 min

La localité de Oued Alam, située à 14 km du chef-lieu d’El Oued, est entrée dans l’histoire de l’athlétisme national. En effet, Imad Touil, qui a perdu pour faute technique son titre de champion d’Algérie du 1500 m devant son frère Abdelmadjid, a réussi là où personne ne l’attendait.
Repêché de justesse, tout comme son frère, pour faire partie de l’équipe nationale de cross, Imad, encouragé par son entraîneur Saïd Ahmin et par l’entraîneur national Réda Abdenouz, a su être à la hauteur de la confiance placée en lui. A 19 ans, personne ne misait sur lui. Au national de cross qui s’est déroulé à Bordj Bou-Arréridj en mars dernier, des langues se sont déliées pour affirmer que les frères Touil sont grillés : «Ils ont couru trop de cross». De la méchanceté gratuite. Allusion faite à leur petite prestation notamment, lorsque Abdelmadjid abandonne la course.

Aujourd’hui, d’autres voix s’élèvent pour dire que c’est le fruit de la «politique» mise en place, qui a permis à Touil de réaliser l’exploit. Pire, lors de la réception qui a eu lieu au ministère de la Jeunesse et des Sports, l’entraîneur national, Réda Abdenouz, (ancien champion olympique du 800 m aux JO) n’était pas présent, alors que d’autres n’ont pas loupé le rendez-vous du ministre. En présence de leur père, les frères Touil n’ont pas manqué de rendre hommage à Réda Abdenouz qui a vraiment cru en leurs grandes capacités physiques et à leur talent. La preuve, le champion du monde Imad Touil n’a bénéficié d’aucune bourse de préparation. En dépit de ces embûches, Imad Touil est au sommet de l’athlétisme mondial…juniors.

Propos recueillis par
A.C.

Présentez vous aux lecteurs …

Je suis le frère jumeau de Abdelmadjid. Nous sommes nés le 19 février 1989 à El Oued. Issu d’une famille très nombreuse (15 personnes, 9 garçons et 4 filles) mon père est directeur d’une école primaire. J’ai débuté l’athlétisme avec mon frère dans la catégorie «école».

Que représente pour vous ce titre mondial junior remporté dans une épreuve difficile ?

C’est un sacre qui honore l’Algérie, El Oued ainsi que tous les algériens et ce, après d’énormes sacrifices et des conditions d’entraînements extrêmement difficiles. Ce titre ne peut me procurer que de la joie. Il me fera oublier les difficultés de ma préparation réalisée sur le macadam, le sable, et sous une chaleur torride.

Avez-vous bénéficié d’une prime ou d’une bourse pour vous entraîner?

Non. J’aurai souhaité bénéficier d’une prise en charge ne serait ce que sur le plan alimentaire, mais rien n’a été fait. Seul mon frère Abdelmadjid a eu 20 millions de centimes lors de ses résultats précédants.
Comme je suis issu d’une famille nombreuse et modeste, je ne peux avoir un repas de sportif, qui me permettrait de récupérer de mes efforts fournis aux entraînements. Je me contente de manger de ce que je trouve à la maison. Outre ce coté, je ne peux pas me permettre de changer ou acheter des paires de training. Sur le plan des équipements sportifs, j’ai énormément souffert. Imaginez quelqu’un qui s’entraîne sur du bitume avec des chaussures usées.

Combien de titres avez-vous remporté durant votre jeune carrière ?

Contrairement à mon frère qui a raflé cette saison le doublé, le 1500m et le 5000m lors du championnat d’Algérie juniors les 17 ,18 , et 19 juillet à Tlemcen , je n’ai remporté qu’un seul titre dans ma carrière, à savoir celui du champion d’Algérie du 800m. Pour l’anecdote, j’ai été déchu de mon titre du 1500m à Tlemcen et ce, pour avoir commis une faute technique. Suite a cette inattendue disqualification, dont je reconnais ma responsabilité, le titre du 1500 m est revenu à mon poursuivant qui n’était autre que mon frère Abdelmadjid.

Revenons au mondial, est-ce que vous avez vraiment cru à la médaille d’or ?

Lorsque je prends part à des compétitions nationales ou internationales, je ne pense qu’à une donner le meilleur de moi-même. Je ne fais pas trop de calcul. Cela dit les 3’44’ réalisés en juillet au meeting de Zitouna (Tunisie) m’ont stimulé pour aborder les mondiaux juniors sans aucun complexe. Ma victoire acquise lors du tour éliminatoire m’a davantage motivé pour aller chercher le titre mondial.

Avez-vous préparé un plan tactique avec votre frère ?

Plus au moins, car chacun de nous croyait en ses chances de podium. Nous étions certains de pouvoir décrocher une place au podium. Mais le staff technique, sous la houlette Réda Abdenouz, a proposé à Abdelmadjid de lancer la course. Ce choix tactique a été adopté afin que je repère mon frère de loin. Comme prévu, le rythme de la course m’arrangeait bien. Il fallait attendre le dernier tour pour imprimer mon accélération .Cette rage de vaincre a fini par payer. J’ai eu des grandes sensations qui m’ont donné des ailes pour battre sur le fil le Kenyan James Kiplagat et l’Ethiopien Demma Daba.

Comment vous entraînez-vous ?

Avec mon frère, nous nous entraînons avec le même programme établi tracé par Saïd Ahmim. Nous avons droit à un ou deux jours de repos par semaine. En parallèle, je me consacre à mes études.

Selon vous, que faut-il faire pour poursuivre cette ascension ?

Il faut surtout une meilleure prise en charge, digne de ce nom. On sera senior dans quelques mois. Pour se maintenir au niveau mondial et préparer les J.O de 2012, il ne suffit pas seulement de savoir courir. Il faut un projet qui est capable de nous propulser loin.

Pouvez-vous donner plus d’explications sur l’abandon de votre frère et votre cinquième place au dernier championnat d’Algérie de cross disputé à Bordj Bou Arréridj, en mars dernier ?

Mon frère n’est pas allé au terme de la course en raison d’une indigestion. Quant à moi, j’étais dans un jour sans. Alors que nous étions donnés favoris et ce, compte tenu de nos succès aux différents challenges de cross. Malgré les excellentes prestations, on a failli ne pas faire partie de la sélection junior devant participer aux championnats du monde de cross, qui se sont déroulé à Edimbourg en Ecosse. Finalement, on a été retenu in extremis grâce à l’entraîneur national Réda Abdenouz, qui a défendu notre cause au niveau de la FAA. Ce repêchage a été salutaire pour l’équipe nationale juniors qui a permis à l’Algérie de terminer à la 8e place.

Avez-vous une idole ?

Sans conteste, c’est Noureddine Morceli. Cette ancienne star mondiale restera un bel exemple de réussite pour les sportifs algériens

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