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Mobilisation contre la démolition de 42 immeubles

30 avril 2016 à 10 h 00 min

 et s’interrogent sur les véritables motivations de cette mesure prise après le relogement des familles occupant ces habitations dites «menaçant ruine». L’architecte Djilali Tahraoui se pose la question : «Est-il nécessaire de  démolir ces immeubles ? Pourquoi cette précipitation dans la prise de décision et la mise en œuvre d’un tel programme ? La priorité n’est-elle pas de reloger uniquement ?».

Intervenant à l’occasion de la sortie du numéro 1 de la revue Madinati, dont il dirige la publication et qui a consacré tout un dossier au quartier de Sidi El Houari, M. Tahraoui évoque un paradoxe s’agissant du classement dudit centre historique d’Oran comme secteur sauvegardé et une célébration officielle de cette résolution, tout en entamant des démolitions d’envergure. Il y a, en effet, de quoi s’interroger sur ces incohérences des décisions politiques. De son coté, Kouider Metair, président de l’association Bel Horizon et spécialiste des questions du patrimoine et de la ville, souligne un fossé qui se creuse entre les centres de décision et la société civile.

«Pourquoi ne se tourne-t-on pas vers nous alors que nous n’arrêtons pas de proposer notre expérience et connaissance d’Oran, du patrimoine et du moindre recoin de la ville», s’exclame cet ancien élu. Et d’ajouter : «Pourquoi cette gestion opaque du dossier des démolitions et du relogement ? Nous avons besoin de connaitre nominalement les membres des commissions «dites d’experts» qui ont validé ou permis la décision de raser la mémoire, comme il se fait normalement de par les villes du monde. M. Metair rappelle le retard inexpliqué de la mise en place d’un plan permanent de sauvegarde et de mise en valeur du secteur sauvegardé (PPSMVSS) et ce, une année après le classement du vieux centre d’Oran. Certains propriétaires refusent de vendre leurs habitations situées dans ce  quartier. Ils se sont constitués en collectif et leur association a du mal à voir le jour. Massinissa, jeune passionné du patrimoine et habitant Sidi El Houari, affirme que le collectif est décidé à tenir tête et qu’«un règlement positif se profile». Il y a un espoir, dit-il, mais il lance un appel à tous les Oranais pour constituer un bloc de résistance et soutenir les propriétaires qui, finalement, luttent pour la mémoire d’Oran. Ce rassemblement d’intellectuels et d’associations pour préserver la mémoire et sauver Sidi El Houari constitue en fait une résistance. «Ce quartier représente la diversité culturelle à travers les traces de passages de plusieurs civilisations.

L’architecture est l’empreinte identitaire d’Oran et, en supprimer quelques unes, c’est permettre à d’autres cultures étrangères à notre tradition de combler ce vide», commente Ahmed, un habitant du quartier qui pointe du doigt les calamités architecturales que nous constatons dans les nouveaux centres urbains. «Il y a des spécialistes de la restauration et de la réhabilitation. Des jeunes ont été formés ici par des associations et des experts étrangers. Laissons-les faire et apprécions le résultat», dit notre interlocuteur avec optimisme, en rappelant les ateliers de formation de l’association SDH et les chantiers d’été qui attiraient des centaines de jeunes fiers de leur ville.


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