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«Il y a une vraie compétition entre le Qatar et l’Algérie»

16 novembre 2011 à 1 h 00 min

– L’une des conclusions du sommet du Forum des pays exportateurs de gaz à Doha concerne l’importance des contrats à long terme et le renforcement de l’indexation des prix du gaz sur ceux du pétrole. Pensez-vous que les contrats à long terme soient les seuls garants d’un niveau de recettes à même de relancer les investissement dans le gaz ?


Les contrats à long terme assurent surtout la longévité et la sécurité des prix. Ce sont des contrats qui prévoient un prix qui varie ensuite en fonction des clients et d’un panier de sources d’énergie (pétrole, électricité, charbon). Ils assurent la sécurité et la négociabilité des prix. Mais à mon avis, le contrat à long terme a des inconvénients. Dans le cadre de ce genre de contrats, on s’engage sur de longues périodes ; le long terme veut dire plus de dix ans. Cela peut être avantageux pour de grands producteurs comme la Russie et le Qatar, lesquels ont des réserves énormes et ont plus de flexibilité pour le contrôle de leur production et de leurs besoins. Mais pour un pays comme l’Algérie, je pense que ce n’est pas la meilleure solution. Il est préférable, à mon avis, de tabler sur des contrats à moyen terme car cela permettrait de contrôler beaucoup mieux notre production. Il faut aussi prendre en compte les besoins du marché interne. La demande intérieure augmente à une vitesse extraordinaire. On a consommé 29 milliards de mètres cubes en 2010 et, d’après la Commission de régulation de l’électricité et du gaz, il est prévu que les besoins du marché local atteignent 50 milliards de mètres cubes en 2025. Est-ce que nos réserves vont augmenter et suivre la tendance ? Est-ce que notre production va se maintenir ? Ce n’est pas sûr.


– Plaidez-vous pour plus de transformation de gaz pour la création de valeur ajoutée ?


Absolument ! J’estime qu’il faut trouver des solutions pour produire de l’énergie et la consommer non seulement pour des besoins domestiques, mais aussi en production industrielle. Il faut quelque part en faire quelque chose pour en tirer plus d’avantages. L’énergie est le seul avantage dont bénéficie l’Algérie pour le moment. L’énergie est une ressource disponible à un prix abordable et en quantité suffisante.


– D’après une récente étude du cabinet Wood Mackenzie, le marché pourrait bien absorber la surproduction de gaz d’ici à 2013. Ne pensez-vous pas qu’à ce moment-là, ce sont les marchés spots qui risquent de présenter un certain intérêt ?


C’est certain. Le gaz est en train de devenir la principale source d’énergie, puisqu’elle est propre. Je pense que la situation risque de changer au-delà de 2015. Personnellement, je crois au pic-oil. Beaucoup de personnes disent qu’il y a encore du gaz et du pétrole à découvrir un peu partout dans le monde. Ce qui est vrai, y compris en Algérie. Mais on n’en découvrira jamais assez pour subvenir aux besoins de la croissance. Il est vrai qu’aujourd’hui, la récession plombe la consommation d’énergie, mais la croissance reprendra un jour ou l’autre et arrivera au maximum en 2014 ou en 2015. De toute manière, les réserves de gaz, à ce moment-là, seront inférieures à celles existant aujourd’hui, y compris pour les gaz de schiste. Automatiquement, le prix sera certainement plus élevé. Mais il ne faudra vendre du gaz que si l’on a besoin de cet argent et que si l’on n’a pas réellement besoin de ce gaz sur notre marché intérieur. Nous sommes en train de vivre une transition énergétique qu’il faudra gérer avec beaucoup de prudence au cours des cinq prochaines années. Il y a des décisions extrêmement importantes qu’il va falloir prendre.


– A Doha, les pays exportateurs de pétrole se sont engagés à soutenir les contrats à long terme. Mais pensez-vous qu’un pays comme la Russie puisse respecter un tel engagement, surtout lorsqu’on sait que ce même pays n’a pas hésité à casser ses prix pour conserver des parts de marché ?


Le Forum des pays exportateurs de gaz n’est pas une OPEP. Pour le moment, les membres du FPEG n’ont déterminé ni quota, ni prix, ni quoi que ce soit. Il y a une collaboration. Ils échangent des données et de l’expérience. Ils projettent aussi de créer un institut du gaz en Algérie. Il y a une certaine concertation entre les pays exportateurs, mais ils ne se sont pas encore engagés à fixer des prix communs ou des quotas. Chacun défendra ses intérêts comme il le voudra ou comme il le pourra. L’Algérie ne peut pas avoir la même stratégie gazière que la Russie ou le Qatar. Les stratégies commerciales des pays exportateurs de gaz ne sont pas les mêmes parce qu’on n’a pas les mêmes problèmes ni les mêmes besoins. Par exemple, le Qatar est l’un des plus grands exportateurs de gaz actuellement et a tout intérêt à avoir des contrats à long terme. Le Qatar a intérêt à vendre le maximum de gaz et diversifier sa clientèle pour rester puissant sur le marché gazier. Il se doit de rester compétitif non seulement par rapport aux autres sources d’énergie, mais aussi par rapport à d’autres pays. Il est en train d’envahir, ces dernières années, le marché méditerranéen et il nous gêne beaucoup. Il y a une vraie compétition entre le Qatar et l’Algérie. La Russie, elle,  privilégie plutôt l’Europe de l’Est et du Nord. Cette région n’est pas une priorité pour les Algériens. La Russie défendra demain ses prix, et peut les indexer sur n’importe quel produit en fonction du moment. Mais elle ne pourra pas le faire dans le cadre de contrats à long terme. La formule de calcul des prix et leur révision y sont définis à l’avance.


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