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Une activité en déclin

05 janvier 2014 à 10 h 00 min

Le glas a-t-il sonné pour la production du liège dans la wilaya de Jijel ? Connues pour être l’un des plus importants viviers de cette matière à l’échelle nationale, les subéraies de cette wilaya ne sont plus en mesure de mettre sur le marché les quantités d’avant. Les chiffres donnés par l’inspecteur en chef des forêts, Kadjour Mohamed-El Hadi, parlent d’ailleurs d’eux-mêmes. En moins de deux décennies, le liège récolté ne suffit même plus à faire tourner une petite unité de transformation de cette matière. La chute a été drastique, constate-t-on, à l’annonce des statistiques. Si au début des années 1980, la quantité de liège récoltée était de 80408 quintaux, elle n’est plus qu’à 12109 en 2013.

En 1990, à peine avant que les zones forestières ne deviennent des endroits interdits d’accès de par les risques sécuritaires qu’elles comportaient après avoir été investies par les groupes terroristes, les quantités récoltées avaient atteint quelque 25 000 quintaux. «C’est autour de ce chiffre que notre production tournait », précise M. Kadjour. Si en 2000, le rendement enregistré était de 26 000, le déclin s’est poursuivi à un rythme constant pour atteindre…5300 quintaux en 2012. Cette baisse a d’ailleurs négativement influé sur le secteur de la transformation du liège. «Il n’y a plus que quelques unités qui peinent à tourner, faute de matière», souligne l’inspecteur en chef. Le manque d’une main-d’œuvre qualifiée pour la récolte du liège, les feux de forêt qui ravagent chaque année des milliers d’hectares, mais aussi ce facteur déterminant qui est l’âge avancé des subéraies, sont les éléments fondamentaux mis en cause dans ce déclin.

L’âge minimum actuel des arbres du chêne liège est de 80 ans, voire plus, et peut atteindre les 100 ans dans certaines surfaces, selon le même interlocuteur. Pour le détail, la wilaya de Jijel qui offre un couvert végétal de 80% de l’ensemble de son territoire, a une superficie forestière de 137 475 ha, dont 75 000 productrices du bois et du liège. Les surfaces produisant uniquement du liège sont estimées à 34 000 ha. Telle une peau de chagrin, ces espaces sont, comble du massacre, en train de se rétrécir, perdant du coup leur valeur patrimoniale  Au rythme des dégâts causés, tel qu’on ne cesse de le déplorer, l’on risque aussi de voir disparaître d’autres surfaces. Pour remédier à cette situation et réduire ses retombées économiques néfastes, l’enjeu pour la conservation des forêts est de se lancer dans des actions de reboisement. Des zones ont été délimitées pour leur protection dans le but de ressusciter le patrimoine perdu.

Par insouciance ou manque de civisme, des espaces reboisés ont été détériorés ! «L’effort le plus salvateur pour relancer la production de liège dans cette wilaya passe inéluctablement par la création de pépinières», assure, M. Kadjour. C’est dans cette optique qu’une pépinière moderne pouvant  produire jusqu’à un million de plants par an a été créée. Les quantités produites, nous précise notre interlocuteur, sont largement suffisantes pour reboiser les subéraies affectées par la vieillesse ou ravagées par les incendies. Conscients de cet enjeu, beaucoup s’accorent à dire que le renouvellement de ce riche patrimoine dans la wilaya de Jijel qui, sans trop d’exagération, a valeur du pétrole à Hassi Messaoud, ne peut se faire qu’à la condition d’entretenir et de protéger les espaces forestiers en déperdition, en plus des actions de reboisement.                

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