Des terres envahies par une urbanisation sauvage | El Watan
toggle menu
mardi, 30 novembre, 2021
  • thumbnail of elwatan10072021



Des terres envahies par une urbanisation sauvage

05 avril 2018 à 12 h 00 min

En pleine crise du sachet de lait, indisponible depuis plusieurs semaines, et de la cherté des fruits et légumes, de plus en plus inaccessibles pour les petites bourses, des interrogations sont souvent soulevées sur le sort réservé à certaines exploitations agricoles, jadis appelées «Domaines agricoles socialistes» (DAS) pour ensuite devenir des exploitations agricoles collectives et individuelles.

A l’instar des autres wilayas du pays, où souvent ces exploitations ont été déviées de leur vocation, dans la wilaya de Jijel, le souvenir de cette époque où ces entités produisaient des grandes variétés de fruits et légumes, en plus d’une production laitière qui suffisait à elle seule à procurer le bonheur des consommateurs, est toujours vivace dans les esprits.

Un petit tour dans l’un de ces domaines du côté de la ville d’El Milia suffit pourtant à se rendre à cette triste évidence qui rappelle qu’il n’y a plus rien qui ait résisté au vent qui a soufflé sur ces exploitations.

Si la production agricole n’est plus qu’un vague souvenir dans ce domaine, dévoré par des constructions illicites, des maisons de hauts standing et une urbanisation sauvage, qui l’a englouti, il ne reste plus dans cet espace que des hangars et des étables, tombées en ruine, qui témoignent de cette noble époque, où la production laitière était la spécialité de ce domaine. Les vaches laitières de la race bovine Holstein, importées, il fut un temps, n’ont plus aucune trace.

Tout a disparu. Comment et de quelle manière ? Personne ne peut donner de réponse, pas même ceux qui avaient le lait de ces vaches à portée de la main et qui n’ont plus aujourd’hui que le sachet de lait, qu’ils ne trouvent pas, pour se consoler en se rappelant de cette période de gloire de la production laitière dans ce domaine.

Bref, tout a disparu, même les champs de production de navets, de pastèques et de melons, de patates et des produits maraîchers ne sont plus que des terres en jachère. Certains exploitants se sont orientés, dans leur tentative de revaloriser ces espaces dans l’arboriculture, mais jamais ils ne sont parvenus à réussir leur coup.

Transformé en une banale et misérable agglomération urbaine, ce domaine, connu sous le nom de «El Koumiti» (le comité), ne vit plus que sur les souvenirs de son passé. C’est dans ce domaine que des fruits de qualité étaient produits. Il y avait, en plus des produits maraîchers et du lait, une production d’une grande qualité de diverses variétés de pommes et de poires. De la pêche aussi, des prunes, et toutes sortes d’agrumes. Ces fruits étaient produits en qualité et en grande quantité dans un vaste champ du côté du lieu-dit Lemroudj, sur les rives de l’Oued Boussiaba.

Depuis leur disparition, les arbres fruitiers de ce vaste champ n’ont jamais été renouvelés et aucun arbre, fût-il un pommier, n’a été replanté.

L’escape reste à ce jour abandonné, perdant la vocation pour laquelle il a existé. La réorientation de la politique agricole vers l’investissement dans le cadre des nouveaux textes encadrant ces exploitations reste cependant un espoir pour revaloriser leur potentiel, dont une partie a été dilapidé par l’incurie des uns et des autres.


Advertisements


S'IDENTIFIER S'INSCRIRE
Se souvenir de moi
Mot de passe perdu?
S'IDENTIFIER S'INSCRIRE
Registration confirmation will be emailed to you.
Password Reset Registration
Login
Do NOT follow this link or you will be banned from the site!