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Portrait d’une Egypte en ébullition

11 février 2013 à 10 h 00 min

Le Caire (Egypte). De notre envoyé spécial

 

Après les affrontements sanglants entre pro et anti-Morsi de décembre 2012, qui avaient fait 8 morts suite à la déclaration constitutionnelle qui avait mis le feu aux poudres, voici qu’une nouvelle spirale de violence embrase le pays à l’occasion de la célébration du deuxième anniversaire de la révolution. Le 26 janvier, des dizaines de victimes sont déplorées à Port-Saïd après la condamnation à mort de 21 supporters impliqués dans la tragédie du match ayant opposé le club Al Masry de Port-Saïd au Al Ahly du Caire le 1er février 2012, et qui s’était soldé par 74 morts. L’un dans l’autre, ce sont pas moins de 56 personnes au total qui ont péri ces derniers jours dans des affrontements avec les forces de l’ordre.

Cette accélération tragique des événements, ajoutée à la déception suscitée par le référendum des 15 et 22 décembre, qui entérinait une Constitution fortement décriée, a plongé l’Egypte dans le chaos. Mais curieusement, plus que ce nouveau cortège de morts, c’est la vidéo du lynchage du citoyen Hamada Saber par la police devant le palais présidentiel, où on le voit sauvagement dénudé et molesté par les flics, qui choquera le plus l’opinion égyptienne. L’opposition, regroupée autour du Front du salut national, a revu ses revendications à la hausse, en exigeant l’amendement de la Constitution, la formation d’un gouvernement d’union nationale, la démission du procureur général et la révision de la loi électorale. Le FSN a menacé, en outre, de boycotter les élections législatives et d’appeler à une présidentielle anticipée s’il n’y a pas de signaux positifs de la part du président Morsi pour apaiser la situation. Et pour mettre la pression sur le gouvernement FM, les forces de l’opposition ont organisé vendredi de grosses manifestations sous le slogan «Le vendredi de la dignité». Image émouvante : les manifestants ont accompli la prière de l’absent en plein Maydan Ettahrir, en hommage au chahid Chokri Belaïd.

Parallèlement à cela, il y a eu l’émergence d’un groupe anarchisant baptisé les «Black Blocs». Cagoulés, vêtus de noir, ses membres entendent répondre du tac au tac aux milices islamistes type «Hazimoune». Dernière action en date : ils ont bloqué vendredi le métro du Caire à la station Sadate, en exigeant le départ de Morsi. Ainsi, deux ans après la chute de Moubarak, l’Egypte cherche toujours son modèle démocratique. Le processus de transition s’embourbe. Corollaire de ce blocage politique, le pays est en proie à une crise économique des plus aiguës, ce qui pousse les plus pessimistes à prédire une «révolte du pain». «La viande, on ne la voit qu’à la télévision», se plaint Ahmed Attia, un cadre à la retraite qui défilait les poignets enchaînés, à la place Tahrir. C’est une évidence : les temps sont durs. «Les Egyptiens ont perdu leur sens de l’humour», lâche, amer, un chauffeur de taxi. Sa boutade résume on ne peut mieux cette conjoncture difficile. Heureusement qu’ils ont Bassem Youssef pour les faire rire de leurs malheurs.

Mais face à ce tableau noir, les Egyptiens sont loin d’abdiquer, comme en témoigne cette galerie de portraits que nous proposons à nos lecteurs. Ali El Feel, un activiste du mouvement Kifaya a une belle formule pour dire la foi qui l’anime : «L’Egypte n’est pas un pays que nous habitons. L’Egypte est un pays qui nous habite.» Ali, Dalia, Mahmoud, Gamal, Bassem, Ahmed, Mariam, en ont fait leur credo. Grâce à des femmes et des hommes comme eux, l’Egypte libre survivra. 
 

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