Le défi de Mahmoud Abbas | El Watan
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Le défi de Mahmoud Abbas

23 janvier 2005 à 0 h 00 min

Il poursuivait hier à Ghaza ses efforts pour obtenir un arrêt des violences par une rencontre avec des responsables du Front démocratique de libération de la Palestine (FDLP) qui s’est prononcé ainsi que le FPLP (Front populaire de libération de la Palestine) et les Brigades des martyrs d’El Aqsa pour un cessez-le-feu conditionnel avec Israël.
Il a eu, vendredi à huis-clos, un deuxième entretien avec des responsables du Jihad islamique, et a rencontré des responsables des Comités de résistance populaire qui regroupent, dans la bande de Ghaza, les principaux mouvements palestiniens.
Les dirigeants de ces comités ont indiqué qu’ils feraient connaître ultérieurement à M. Abbas leurs décisions notamment quant à l’éventualité d’une trêve. «Nous avons abordé toutes les questions, y compris celle d’une trêve. Mais il n’y a pas de trêve gratuite», a déclaré l’un des responsables du Jihad islamique, Mohammad Al Hindi, laissant entendre qu’Israël aurait à assurer une contrepartie. Les discussions avec M. Abbas se sont déroulées dans «une atmosphère sérieuse et positive», a-t-il ajouté. Ces discussions doivent reprendre prochainement, a-t-il indiqué sans préciser de date.
En revanche, les nouvelles discussions qui devaient avoir lieu vendredi soir avec des responsables du mouvement Hamas, n’ont pas eu lieu. «Il n’y a pas eu de rencontre», a déclaré sans autre précision Sami Abou Zohri, porte-parole du Hamas. Les dirigeants du Hamas et du Jihad islamique avaient indiqué que leurs premiers contacts avec M. Abbas s’étaient déroulés dans une atmosphère positive.
Voilà donc le marathon que le nouveau président palestinien entreprend depuis mardi dernier à Ghaza, alors que Sharon avait donné le feu vert à son armée d’y mener une opération de très grande envergure. Abbas a commencé ses entretiens avec les responsables du mouvement islamiste radical Hamas en vue de les convaincre à observer une trêve. C’est dans le même but qu’il s’est réuni, mercredi soir, avec des responsables du Djihad islamique dont Mohammad Al Hindi. A l’issue de cette rencontre, il a déclaré : «Nous avons discuté de toutes les questions, dont la trêve, et nous sommes convenus de poursuivre le dialogue après la fête de l’Aïd El Adha». Le chef de la diplomatie palestinienne, Nabil Chaâth, a dit à la presse que le nouveau président de l’Autorité palestinienne Mahmoud Abbas (alias Abou Mazen) «resterait à Ghaza jusqu’à ce que nous obtenions un accord qui sera mis en œuvre par tous les groupes». Sur le terrain, M. Abbas, qui ne semble pas vouloir attendre les résultats des négociations avec les mouvements palestiniens armés, a donné ses ordres aux responsables sécuritaires palestiniens de tout faire pour empêcher toute attaque contre Israël. C’est dans ce contexte qu’Israël a accepté le redéploiement de milliers de policiers palestiniens le long de la frontière de la bande de Ghaza. Ayant représenté à maintes reprises, une cible facile pour l’armée israélienne, qui n’a pas hésité à les attaquer, ces forces avaient été obligées de quitter leurs positions durant l’Intifadha. Des dizaines de policiers palestiniens avaient perdu leur vie à la suite de ces agressions. Bien qu’il refuse toute possibilité de confrontation armée avec les mouvements radicaux palestiniens, Abbas semble déterminé plus que jamais à appliquer sa politique basée sur la démilitarisation de l’Intifadha et le retour aux négociations avec le gouvernement israélien.
Maintenant que le redéploiement des forces sécuritaires palestiniennes tout au long de la frontière est devenu une réalité, c’est aux mouvements palestiniens en question de décider la suite de ces événements. Leur détermination à poursuivre les attaques contre Israël les mènera à une confrontation certaine avec les forces de sécurité. Dans la rue palestinienne, qui vit sous l’état de siège imposée par l’armée israélienne, où les signes de fatigue et de lassitude deviennent de plus en plus évidents, des voix s’élèvent pour demander qu’une chance soit donnée à M. Abbas.
Le terminal de Rafah, à la frontière égypto-palestinienne fermé par les Israéliens depuis plus de 40 jours à la suite d’une attaque de la résistance contre une position de l’armée israélienne, vient d’être rouvert à la circulation. Près de 20 000 Palestiniens pourront ainsi rejoindre leur domicile. Au cours de cette période d’attente, dans des conditions tout simplement inhumaines, neuf d’entre eux sont morts. Par ailleurs deux enfants palestiniens ont été froidement tués le premier jour de l’Aïd El Adha.
Le premier, âgé de 13 ans, a été tué d’une balle dans la nuque alors qu’il marchait en compagnie de sa famille à Rafah, au sud de la bande de Ghaza. Le second, âgé de 14 ans, a été abattu en Cisjordanie alors qu’il jouait avec une arme en plastique qu’il a reçu en cadeau.
Par ces actes criminels, Israël cherche à miner les négociations entre M. Abbas et les mouvements de résistance armé. C’est peut-être une preuve de plus que la paix et le calme sont les ennemis les plus redoutables d’Ariel Sharon.


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