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Alger, Le Caire et Tunis veulent prendre les choses en main

14 janvier 2017 à 10 h 00 min

Adoubées par la Ligue arabe, l’Algérie, l’Egypte et la Tunisie ont décidé de conjuguer leurs efforts pour convaincre les gouvernements rivaux de Tripoli et de Tobrouk d’enterrer la hache de guerre et de reprendre le chemin des négociations.

La décision de ces trois pays de lancer une telle initiative s’explique par leur crainte d’une plus grande dégradation de la situation sécuritaire dans la région après l’annonce du maréchal Khalifa Haftar de sa ferme intention de marcher sur Tripoli pour en chasser les milices qui y font leur loi depuis 2011. Mais il n’y a pas que cela. Ils craignent également que le dossier libyen finisse par être l’otage d’une confrontation entre les grandes puissances.

L’idée, soutiennent des sources libyennes, émane du président tunisien Béji Caïd Essebsi qui a proposé de tenir un sommet avec ses homologues algérien et égyptien afin d’impulser une nouvelle dynamique au processus de règlement de la crise libyenne actuellement en panne. Martin Kobler, l’envoyé spécial du secrétaire général de l’ONU pour la Libye, soutiendrait la démarche, surtout que ses efforts destinés à réconcilier Tripoli et Tobrouk et surtout à faire appliquer l’accord de Skhirat ont pour le moment échoué. Le Président tunisien, affirment les mêmes sources, est persuadé que la démarche peut aboutir dans la mesure où chacun des trois pays dispose de canaux privilégiés avec les différentes parties libyennes. Ils ont donc les moyens de les amener à infléchir leur position. Béji Caïd Essebsi a soutenu en outre qu’aucun pays ne peut parvenir à régler à lui seul la crise libyenne.

L’annonce de ce projet de sommet intervient, signale-t-on, après une série de réunions tenues à la fin du mois de décembre dernier au Caire entre des experts algériens, égyptiens et tunisiens. Ces réunions présidées par le chef d’état-major de l’armée égyptienne en personne, le général de corps d’armée Mohamed Hidjazi, ont, semble-t-il, permis de déblayer le terrain. Le général Mohamed Hidjazi a été désigné par le président Abdelfattah Al Sissi pour gérer le dossier libyen.

L’envoyé spécial de la Ligue arabe pour la Libye, le Tunisien Salaheddine Jamali, qui a confirmé ces contacts, a annoncé que la proposition du président Béji Caïd Essebsi de tenir un sommet à trois sera d’abord précédée par une réunion des ministres des Affaires étrangères des pays voisins de la Libye, ajoutant que les contacts entre la Ligue arabe, l’Algérie, l’Egypte et la Tunisie se sont intensifiés ces derniers jours. Comme le président Béji Caïd Essebsi, Salaheddine Jamali se dit également convaincu qu’une coordination entre les trois pays est plus prometteuse que les initiatives entreprises jusque-là séparément par l’Algérie, la Tunisie et l’Egypte.

L’envoyé spécial de la Ligue arabe pour la Libye, qui précise que la date et le lieu de la tenue du sommet n’ont pas encore été déterminés, a indiqué qu’il se rendrait bientôt en Libye pour prendre contact avec les responsables des gouvernements de Tripoli et de Tobrouk pour les informer de l’initiative.

Des sources proches des tribus et de certains acteurs politiques libyens disent qu’un consensus sur la nécessité d’amender l’accord de Skhirat afin de faire une place au maréchal Khalifa Haftar et à son armée commence à se dessiner. De toutes les façons, il ne peut pas en être autrement vu que l’Armée nationale libyenne (ANL) fondée par Khalifa Haftar est devenue aujourd’hui une réalité incontournable. 


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