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«De nouvelles découvertes sur Constantine ne sont pas exclues»

18 mars 2011 à 1 h 00 min

-Le livre sur Constantine que vous venez de publier chez Colorset s’adresse-t-il aux amoureux connaisseurs de la ville ou en propose-t-il une initiation, une découverte ?

Ce livre s’inscrit dans la lignée des précédents déjà parus (El Djazaïr Beni Mazghanna, Honaïne, ancien port du royaume de Tlemcen). Il se veut une histoire de la ville. Bien sûr les Constantinois sont concernés au premier chef par ce livre dans la mesure où il raconte l’histoire d’une ville qui est la leur et dont ils peuvent être fiers. Les monuments cités ou les quartiers ont une consonance particulière dans l’imaginaire des Constantinois quand on évoque Salah Bey, Bab El Kantara, Bab El Djabia Souika ou la Brèche. Mais le livre est écrit dans une logique plus large, qui consiste à faire découvrir la ville qui, par son histoire, a contribué à une histoire plus large au niveau de la région, mais également au niveau national.

La ville a été la capitale d’un des plus grands rois que l’Afrique du Nord ait connus en la personne de Massinissa. Ici, le superlatif n’est pas de trop, même si l’historien se doit de mesurer ses propos. La ville a aussi donné un Jugurtha qui a été pour les Algériens, pour ne pas dire les Nord-Africains, un symbole de résistance. Donc, mon livre retrace une histoire urbaine qui peut être élargie, car elle a impliqué de par son importance d’autres régions, par exemple à l’époque de la Confédération cirtéenne.

-En tant qu’historien, archéologue et ancien directeur du patrimoine, quel regard portez-vous sur la ville phénicienne et sur Constantine des années 2010 ?

Vous savez, c’est une ville chargée d’histoire. Il suffit de se promener dans Cirta et d’imaginer la ville à l’époque antique. Savez-vous que l’ex-garage Citroën était une très grande nécropole ? On y a découvert plus de 800 stèles puniques que l’on peut admirer au musée national Cirta, mais aussi au Louvre. Quand vous vous promenez dans la vieille ville, vous voyez ça et là des morceaux de colonnes et des chapiteaux antiques. La ville a connu sans discontinuer toutes les civilisations qui sont passées dans notre pays. Il suffirait de faire des fouilles en bas de Bab El Djabia pour retrouver les strates humaines à l’origine de Cirta.

D’ailleurs, les parois du Rhumel abritent les grottes du Mouflon et de l’Ours. Quand vous visitez le musée vous pouvez vous rendre compte de ce que recelait le sous-sol de la ville. Par exemple, le Bacchus et les nombreuses stèles épigraphiques…, et il n’est pas exclu que de nouvelles découvertes voient le jour à l’occasion des travaux à l’intérieur du Vieux Rocher. Pour vous donner un simple exemple, la Citadelle (Casbah) a servi depuis la nuit des temps comme centre du pouvoir : palais de Massinissa, centre de la vie politique à l’époque romaine, forteresse et siège du pouvoir à l’époque almohade, siège du pouvoir Hafside, siège du pouvoir ottoman, garnison française, caserne de l’ANP…

-Vous parlez de nouvelles découvertes, car des fouilles sont en cours ? Quel type de fouilles ?

Non il n’y a pas de nouvelles fouilles, mais toute une partie de la vieille ville est en ruine, les maisons sont totalement démolies. Les restaurations actuelles de la rue Mellah Slimane auront une répercussion certaine sur les autres quartiers. Dans le colloque international, qui avait été organisé il y a deux ans, nous avions préconisé d’ouvrir un chantier de fouilles justement sur les quartiers démolis, car ils pouvaient fournir à la ville des renseignements intéressants quant à son histoire. Je suis sûr que l’on mettra en évidence la période numide sur laquelle nous avons très peu de choses, sans occulter les autres périodes, aussi partie intégrante de notre histoire. A ce jour, cette proposition n’a pas vu de concrétisation. Pourtant, il serait essentiel d’ouvrir un chantier pour la compréhension de l’histoire de la ville et par conséquent de notre histoire tout court.

-Avez-vous d’autres projets de monographie de villes algériennes ?

Bien sûr, car dès le départ, je me suis fixé d’écrire sur l’histoire des villes d’Algérie qui ont abrité des royaumes depuis la période antique ou médiévale. J’ai déjà terminé un livre sur Tlemcen qui paraîtra bientôt, dans la même sève que les précédents livres. Je m’attelle à écrire sur d’autres villes aussi prestigieuses comme Béjaïa ou la pentapole du M’zab avant de me lancer dans un Atlas des villes, une œuvre de longue haleine.

 


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