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Présidentielle 2007

01 mars 2007 à 18 h 28 min

Une bonne raison pour esquisser quelques repères des questions de déontologie journalistique soulevées outre – Méditerranée. Mais aussi de noter un changement important de types d’acteurs visibles dans la nouvelle scène de mise en promotion des candidats. Après trois décennies marquées essentiellement par de grandes émissions du style « Face à Face », la tendance est actuellement à l’introduction d’émissions de débats mettant en communication des animateurs vedettes et des « panels de citoyens», présentés en électeurs réels, voire, comme dit communément, en « vraies gens ». Cette configuration de jeux de rôles est nouvelle.
Ce que la nouvelle donne apporte en expressions vives et libres de la société ainsi choisie – dans le fond aléatoire sociologiquement dans ses segments de «représentativité » – elle le perd aussi en force de questionnements pointus sur les enjeux de société et leur évolution tels que le journalisme a pour métier de les identifier et questionner en démocratie. Avec son accumulation de compétences à décrypter les réalités pour les mettre en perspective dans les ressorts de situations sociales complexes.
Le chamboulement apporté déjà dans la médiatisation de la prochaine campagne pour le scrutin présidentiel français est tel que le Club des médiateurs – un groupe informel d’une douzaine d’ombudsmans d’organes d’information – a tenu à donner une alerte sur les conditions exceptionnelles annoncées par les joutes et conflits d’intérêts en cours, et leur répercussions sur les principes cardinaux du journalisme. Ainsi la médiatrice du quotidien Le Monde, journal inondé de courrier de lecteurs révoltés sur ce qu’ils estiment des partis pris d’un côté ou de l’autre, établit un premier constat : «Cette campagne, nouvelle dans sa forme, impose aux journalistes une adaptation délicate. Bataille d’images plus que de programmes ou de partis, elle oppose frontalement deux grands « communicants », Nicolas Sarkozy et Ségolène Royal, passés maîtres dans l’art du « plan médias ». Le principe est simple : pour contrôler les journalistes, il suffit de les occuper.
Pas un jour, donc, sans une information « exclusive », une phrase, un « événement », un voyage, etc. D’où cette désagréable impression d’une « main invisible » manipulant une presse consentante. « Les journalistes politiques ne sont finalement que l’extension des services de communication des politiques », déplore un lecteur. La rédaction du Monde n’est pas consentante.
Mais comment résister ? Ignorer les « événements » créés à dessein revient à se couper de l’actualité, relayée en boucle par un univers médiatique de plus en plus concurrentiel et immédiat. » Il est prévisible que dans l’évolution du nouveau cadrage des tumultes de campagne électorale les voix populistes, et Le Pen encore en figure de proue, avec son slogan mégalo de «candidat de la vie et du peuple», puissent ravir la palme des petits mots qui font le succès faute de programmes.
La confusion des projets gauche / droite, et a fortiori les enjeux des mouvements sociaux étant remisés en reliques de la préhistoire des médias en campagne électorale. Friande de ces ingrédients, la télévision commerciale largement dominante dans l’audimat, et acquise aux candidats de droite, ne s’embarrasse pas trop des règles déontologiques du journalisme, et de l’équilibre de l’information entre candidats, contrairement à certains titres de presse. A en croire un article récent d’un reporter du Figaro parti couvrir un meeting du Front national, Le Pen, qui n’a pas encore reçu le quorum de signatures minima à candidature, promet aux « petits, les obscurs, les sans-grade, travailleurs pauvres ou retraités» plein de choux gras à se mettre sous les dents.
Il campe ainsi tout simplement ses concurrents « qui se sont succédés depuis trente ans », et qui en réponse au « désastre de la crise profonde qui traverse le pays » en portent la responsabilité. Dans le détail croustillant de sketch cela donne : « L’altesse Royal des Charentes qui propose des soins palliatifs aux blessés de la guerre économique … et Nicolas qui va, qui vient, qui court et nous attend au coin du bois madame …
Tandis que dans une posture toute neuve Bayrou joue au rebelle, Tartuffe dans le rôle de d’Artagnan !»


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