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Il y a 163 ans les «Emmurades» des Sbehas… par Saint Arnaud

11 août 2005 à 0 h 00 min

Le must des crimes de la colonisation sera perpétré sans état d’âme par Saint Arnaud qui emmura un millier d’Algériens de la tribu des Sbehas réfugiés dans les grottes du Dahra du 8 au 12 août 1842.
Trois ans après le drame, le 15 août 1845, Saint Arnaud écrit à son frère : «… Alors (le 12) je fais hermétiquement boucher toutes les issues, et je fais un vaste cimetière, la terre couvrira à jamais les cadavres de ces fanatiques…» «Du 8 au 12, j’ai été malade, mais ma conscience ne me reproche rien. J’ai fait mon devoir de chef, et demain je recommencerai…» Quel cynisme !
Avec la culture du vignoble, les colons français vont développer les chais et les cuves de vin. Alors plus de poursuites, plus de sièges ; on rafle les Algériens et on les enferme dans les chais et dans les cuves à vin.
Des centaines d’Algériens seront ainsi entassés dans les cuves et les chais à vin à Aïn Isser (Tlemcen), Sfisef (Mascara), Mouzaïa (Blida), Collo (Skikda).
A Aïn Isser, près de Tlemcen, dans la nuit du 14 au 15 mars 1957, une centaine d’Algériens sont enfermés dans quatre chais à vin désaffectés. Les cadavres de 41 d’entre eux seront retirés asphyxiés par les émanations de gaz carbonique. Les cadavres seront dispersés dans une zone interdite afin d’attribuer ces assassinats au FLN.
Le 16 avril 1957 à Sfisef, ex-Mercier Lacombe près de Mascara, 23 suspects sont enfermés dans une cave à vin. Au matin, (17 avril), on constate l’asphyxie par émanation de SO2 (anhydride sulfureux, gaz asphyxiant extrêmement énergique) des 23 suspects. Le 27 juin 1957 à Mouzaïa-ville (Blida), 21 suspects seront encore asphyxiés dans une cuve à vin. Les responsables des deux premières tragédies, le lieutenant Curutch et le sous-lieutenant Lefèbre seront acquittés !
Ces faits ont été rapportés dans le rapport du gouverneur général Delavignette (21 juillet 1957), membre de la Commission de sauvegarde des droits et de liberté individuelles. Le 22 mars 1959 au douar Ouled Fatima, commune de Aïn Touta dans les Aurès, après un accrochage par peur de représailles de la soldatesque coloniale, la population, en majorité des enfants, des femmes et des vieillards se réfugie dans une grotte au lieudit Terchioui : ordre est donné de nettoyer la grotte.
Pendant plus de 6 heures, des grenades asphyxiantes, des gaz toxiques, des armes chimiques seront utilisés.
On dénombre 112 cadavres.
Hier encore, les mêmes méthodes furent utilisées en Nouvelle Calédonie où des indépendantistes réfugiés dans une grotte furent gazés !
Début janvier 1961, à l’issue d’un Conseil des ministres, le général de Gaulle confiera à son ministre de l’Information, Louis Terrenoire, dit Tchernozium : «Jusqu’à présent j’ai fait de nombreux discours ; il s’agissait de préparer progressivement l’opinion à ce qui doit arriver. Maintenant cela devient sérieux. Il faudra se taire, car on aura des contacts avec le FLN, on va les entreprendre.»
Décidément, vous êtes et demeurez de «bien mauvais élèves» comme disait le célèbre général Giap.
Pour nous, l’histoire de la France en Algérie, c’est une histoire de rapports dominants dominés ou, mieux encore, l’histoire d’un long et douloureux parjure.
Fermons le ban et l’arrière-ban.
Quant à nos politiciens et à ceux qui nous dirigent, ils devraient cesser de s’indigner ou d’exiger. Ce sont de bien mauvais comédiens.

Youcef Ferhi

Membre fondateur de la Fondaton du 8 Mai 1945


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