Georges Omar Pisani n’est plus | El Watan
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Un brave moudjahid effacé

Georges Omar Pisani n’est plus

07 mars 2019 à 10 h 00 min

C’est avec beaucoup de peine  que j’ai appris  le décès de mon ami, le moudjahid Omar Georges Pisani, survenu à Kouba (lotissement Michel-Haï El Badr), il avait 84 ans. Sa demeure, dont une partie a été transformée en étable, il y a toujours vécu depuis sa naissance, en 1934. Son père y habitait depuis le début du siècle dernier. 

Dans le quartier, c’était un personnage  connu  et apprécié. Il était désigné par le métier qu’il exerçait depuis sa tendre jeunesse. «Taliani le laitier», c’est ainsi qu’on le désignait, et pas seulement les voisins. Sa réputation avait dépassé ses frontières étriquées. Homme affable, dont la réserve le confine à l’effacement, Omar se déclinait ouvertement comme un homme de gauche, proche des thèses communistes. Le sobriquet de «Taliani» l’agaçait, car c’est un descendant d’éleveurs de chèvres maltais. Métier que toute sa famille pratiquait et que son père lui a légué.

Pendant la guerre de Libération, sa maison a servi de refuge aux moudjahidine, notamment ceux d’El Harrach, avec lesquels il activait. Les camions de son père servaient au transport des armes pour le FLN. Bien intégré et fier de son algérianité, Georges  a longtemps sollicité la nationalité, mais sans résultat. Un jour, il m’a appelé pour me dire, tout heureux, qu’il l’avait enfin obtenue, non sans ajouter : «Le portrait que tu m’as consacré dans les colonnes d’El Watan m’y à beaucoup aidé.» J’étais heureux pour lui.

Un autre jour, il m’apprend qu’il s’est converti à l’islam et que c’est l’imam d’Hussein Dey qui a officié la cérémonie, qui comptait visiblement beaucoup pour lui. Il s’appelait désormais Omar, dont l’épouse,  brave fille du Djurdjura, était sa complice idéale. Jamais il n’a évoqué ses faits d’armes, se fondant dans la masse de ses voisins qu’il aimait et qui le lui rendaient bien. Omar, le brave, repose désormais au cimetière El Alia, tout près de ses compagnons de lutte. Que la terre lui soit légère.  Adieu l’ami. 


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