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«Préfigurer une immigration sereine»

23 avril 2013 à 10 h 00 min

 Lyon
De notre correspondant

Après l’avalanche de lois décidées sous le mandat du président Nicolas Sarkozy et son ambition de mettre en place une immigration choisie, le président François Hollande avait promis une réflexion sur des bases concrètes. Pour le ministère de l’Intérieur qui a publié un long document préparatoire, ce débat parlementaire doit être compris «comme une opportunité inédite de replacer la politique française en matière d’immigration économique à sa juste place et de dégager, sur la base de données transparentes, une stratégie réaliste, cohérente et aussi consensuelle que possible».

L’objectif serait «d’apaiser un sujet sensible, en ouvrant un dialogue constructif, nourri par les différents acteurs de l’immigration en France. La présentation de l’ensemble des informations relatives à l’immigration professionnelle et à l’accueil des étudiants étrangers vise à éclairer utilement les échanges pour les rendre fructueux, afin qu’ils préfigurent le nouveau visage d’une immigration française sereine».

Rien que ça, serait-on tenté de dire. Le sujet de l’immigration a suscité nombre de clivages importants dans la société française, libérant la parole xénophobe sur la place publique et les médias et contribuant au renforcement dans les urnes de ce courant de rejet. Pourtant, les autorités gouvernementales sont confiantes, espérant «la perspective de meilleure lisibilité et sécurité juridique à l’ensemble des parties prenantes, dans le respect des droits des individus et des intérêts de notre pays». Il s’agirait de «définir, en fonction de leurs particularités, des stratégies visant à une maîtrise éclairée des flux migratoires».

Tenant compte que le «sujet de l’immigration en France est présent de manière récurrente dans le débat public. La réalité des flux migratoires est trop souvent méconnue ou présentée à des fins polémiques». Alors qu’il s’agit pourtant de «renforcer l’attractivité de la France en accueillant les talents étrangers et les visiteurs professionnels qui contribuent au dynamisme et au rayonnement de l’économie française».

Dans le cadre du Pacte national pour la croissance, la compétitivité et l’emploi, les orientations suivantes ont été retenues à propos de l’immigration professionnelle et l’accueil des étudiants étrangers : «Développer une stratégie en matière d’attractivité visant, notamment, à attirer les talents internationaux et les grands projets d’investissement, ainsi que les activités culturelles et scientifiques.»
Ainsi, le gouvernement veut croire que «la croissance régulière du nombre d’étudiants étrangers témoigne de l’attractivité de notre système de formation et s’inscrit dans une concurrence mondiale accrue pour attirer les talents internationaux».

D’ailleurs, le nombre d’étudiants admis au séjour en France n’a cessé de croître d’année en année, atteignant 64 558 en 2011, avant une baisse en 2012, lors de la circulaire Guéant qui restreignait l’accueil, abrogée depuis. Si le gouvernement veut, il pense aussi aux moyens : «Il n’est sans doute pas souhaitable de restreindre drastiquement les migrations d’ étudiants et de travailleurs hautement qualifiés, qui aspirent à une carrière professionnelle de dimension internationale. Il faut, dès lors, imaginer des solutions nouvelles pour que la France soit une destination de choix dans ces parcours professionnels internationaux, par une politique de développement des migrations circulaires des personnes à haut potentiel, par une implantation d’établissements supérieurs français à l’étranger et un accroissement des moyens alloués à la coopération universitaire.»

Enfin, à propos de l’immigration professionnelle, «c’est une immigration de circulation, plus qu’une immigration d’installation, particulièrement lorsqu’elle vise des salariés hautement qualifiés. Le débat pourrait être l’occasion de réfléchir aux moyens de concilier la protection du marché du travail national avec l’entrée sur le territoire de salariés hautement qualifiés, dont l’apport peut être déterminant pour la croissance et le rayonnement de notre économie». Voilà qui va alimenter le débat, alors que les crispations sont toujours vivaces dès qu’on parle d’immigration, beaucoup l’assimilant au coût excessif, et entraînant la hausse du chômage…


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