La maquisarde, de nora hamdi : «Ma mère, mon héroïne» | El Watan
toggle menu
samedi, 01 octobre, 2022
  • thumbnail of elwatan10072021

La maquisarde, de nora hamdi : «Ma mère, mon héroïne»

17 juin 2014 à 10 h 00 min

Lyon
De notre correspondant

C’est une belle surprise à laquelle nous convie Nora Hamdi, auteure et cinéaste. Pour son cinquième livre, cette fille issue de l’immigration algérienne, née en France, fouille dans les viscères les plus intimes de son histoire, celles du bouleversement des années 1950, en plein dans les méandres de la Guerre de Libération nationale. Elle fait ce que beaucoup de jeunes voudraient faire : donner vie au courage des anciens plongés au cœur de la tragédie coloniale.A son tour, elle prend littérairement les chemins du maquis, pour rappeler aux générations d’aujourd’hui que l’Algérie ne s’est pas libérée par enchantement.

La lutteuse irréfléchie mais décidée, le personnage courageux de ces temps du combat, elle l’avait devant les yeux depuis qu’elle est née puisque c’est sa mère. Nora Hamdi, dans La Maquisarde, fait un retour vers le passé de sa famille, un passé lié à la guerre dans la campagne algérienne. Ce qui n’était pas évident pour une femme qui n’a jamais mis les pieds en Algérie, devient ici un témoignage bouleversant par-dessus les décennies qui nous séparent de ces années de bravoure.

Nora Hamdi, dans les dernières pages, résume le sentiment qui l’a saisie au retour de ce voyage (au propre et au figuré),  lorsqu’elle a compris l’histoire dont elle provient : «Personne ne pourrait imaginer que ces femmes silencieuses, croisées si souvent dans les rues ou les marchés en France ou en Algérie, ont sans doute eu des vies héroïques.» Et la dernière phrase du roman : «Je suis fière de ma mère, mon héroïne.»

Ses précédents ouvrages

Jusque-là, ses premiers romans avaient tourné autour d’un autre registre, très actuel, celui de la France d’aujourd’hui dans laquelle sa vie de fille d’émigrés avait sa place, sans en être le centre principal. Son premier roman, en 2004, Les Poupées et les Anges,  traite de l’histoire de deux sœurs adolescentes de la banlieue parisienne qui, entre modernité et tradition, cherchent leur place de femme (éd. AuDiable Vauvert, chez qui elle publiera en 2005, Plaqué or). Banco pour ce premier roman puisqu’elle est lauréate du prix Yves Navarre.

En 2008, elle transformera ce bel essai en l’adaptant au cinéma avec dans les rôles principaux les nouveaux visages des enfants de l’immigration, dont Leïla Bekhti pour la première fois à l’écran et déjà prénominée aux César 2009. Depuis, la comédienne a fait beaucoup de chemin.

Quant à Nora Hamdi, elle continue son petit bonhomme de chemin : raconter des histoires. En 2010 elle revient à l’écriture et publie Les Enlacés  (éd. Léo Scheer) qui traite des relations amoureuses. En 2011, elle sort son quatrième roman La Couleur dans les mains », (éd. Léo Scheer), pour lequel elle est finaliste du prix Lilas. Le roman est inspiré de son expérience dans la peinture…

Dans ses quatre premiers livres, l’auteure est dans la transcription d’histoires de la vie quotidienne dans un style attachant.  Parlant de vécus qui lui ressemblent forcément, même si elle s’en abstrait habilement, elle écrit dans un style ressemblant fortement à des scénarios fouillés, ou plutôt à des scripts améliorés où l’on se coule avec bonheur. Avec La Maquisarde, elle passe à la vitesse supérieure.
 


S'IDENTIFIER S'INSCRIRE
Se souvenir de moi
Mot de passe perdu?
S'IDENTIFIER S'INSCRIRE
Registration confirmation will be emailed to you.
Password Reset Registration
Login
Do NOT follow this link or you will be banned from the site!