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Classe tous risques !

19 août 2009 à 19 h 58 min

Pour une fois, il faut le souligner dès à présent, ce n’est pas le transporteur, à savoir Air Algérie, qui est ici la cause mais les affréteurs, en l’occurrence, les agences algériennes de voyages qui s’organisèrent pour le cas en question autour de l’une d’elle : la clé du Sud. L’épisode le plus douloureux a été assurément vécu par trois jeunes filles oranaises. Le 11 août, il est deux heures à l’aéroport d’Antalya (minuit à Alger) lorsque le chef d’escale annonce aux trois Oranaises qu’elles ne peuvent pas embarquer parce qu’elles n’avaient pas de places. Elles montrent leurs billets qui mentionnent des OK sans équivoque. Rien à faire, il n’y a plus de place en cabine. Les pleurs ne sont d’aucun effet d’autant plus que nous ne sommes pas dans un bus et que l’aviation a des règles très strictes.
Il se trouve, selon le représentant d’Air Algérie, que l’agence Clé du Sud et son partenaire à Antalya, Adonis, ont tout bonnement surbooké l’avion qu’ils ont dû prendre pour un de ces ridicules bus privés algérois. L’information arrive aux autres voyageurs qui sont déjà en zone internationale et bientôt la fébrilité gagne tout le monde. Une attitude est rapidement adoptée par presque l’ensemble des voyageurs rassemblés devant la porte d’accès à l’avion : «Nous refusons d’embarquer s’il n’y a pas de solution pour les jeunes filles». Le chef d’escale s’énerve, quelques voyageurs éprouvés par une très longue journée et presque toute une nuit de fatigue, élèvent le ton et quelques éclats de voix plus tard, la solution apparaît dans la caboche irritée du responsable d’Air Algérie. Il proposa aux parents qui ont des enfants en bas âge de prendre leurs rejetons sur leurs genoux. Même sachant que le voyage va durer plus de trois heures, des volontaires se déclarèrent prêts à accepter de sacrifier leur confort et celui de leurs enfants. Lorsqu’elle accéda à la cabine, Ibtissem (15 ans), la plus jeune des filles, avait encore les joues baignées de larmes mais un large et franc sourire illuminait son visage. Il est sûr qu’Ibtissem et ses compagnes n’oublieront pas de sitôt ce que c’est qu’un voyage avec les agences algériennes de tourisme…
Et ce n’est que le dernier des incidents de ce séjour, car d’autres estivants ont été victimes des comportements pour le moins étranges, lamentables parfois et, assurément, toujours préjudiciables des agenciers algériens du tourisme. Prenons le cas de ces deux couples de médecins algérois qui globalement semblent avoir bien tiré profit de leur séjour à Antalya. La fausse note, comme pour tout gâcher, se fera entendre le dernier jour : les représentants de l’agence libanaise Adonis tour, partenaire des agences algériennes, ne se donnèrent pas la peine d’avertir nos médecins à propos du changement d’horaire du vol qui, prévu à 7h30 dans la journée du 10, a été retardé jusqu’à après minuit de la journée du 11. Nos médecins arrivèrent, comme il convient de le faire, plusieurs heures avant l’embarquement, ils ne surent que plus tard qu’ils allaient passer près de 24 heures à l’aéroport. Et en plus, ils ne trouvèrent personne pour soigner leur dépit et leur stress provoqués par autant de désinvolture et de manque de professionnalisme.

Les secrets de l’arnaque

En réalité, les déconvenues des estivants algériens en partance pour la Turquie allaient commencer avant même qu’ils ne quittent le territoire algérien. Certains d’entre eux avaient payé un séjour comportant un nombre précis de jours et de nuits, par exemple, respectivement 10 et 9 à compter du 1er août pour ceux d’entre eux qui avaient acheté leur voyage chez l’agence Euro-méditerranéenne du Val d’Hydra. En réalité, et c’est là le premier aspect de l’arnaque, le séjour n’est que de 8 jours et 9 nuits, le départ ne se faisant qu’à minuit passé, donc nous sommes déjà le 2. Ensuite, ce n’est pas une nuit d’hôtel, mais en réalité une nuit de voyage puisqu’elle se passe entre deux aéroports, les 3h et demi de la cabine d’avion et ô surprise pour un fatiguant trajet routier de 120 km parce que les agenciers avaient omis de dire à leurs clients qu’ils ne leur ont pas réservé à Antalya mais à plusieurs heures de route de là. Le retour allait révéler la même arnaque : il faut remettre la clé de l’hôtel vers 1h30 du matin de la journée du 10 août pour arriver à l’aéroport d’Antalya vers 5h afin d’embarquer à 7h 30.
Voilà un séjour bien diminué, sans compter les fatigues du voyage de nuit et un transfert éreintant sur plus de 100 km. Auparavant, il fallait se serrer la ceinture, les organisateurs ont dû négocier un prix plancher avec Air Algérie pour réaliser le maximum de gains : aussi, aucun repas n’a été servi à bord à l’exception de quelques rafraîchissements. Il en sera de même au retour.
Et ce n’est malheureusement pas tout ! Arrivés aux hôtels, certains ne trouvèrent pas ce qu’ils attendaient légitimement de leurs réservations payées rubis sur l’ongle et à l’avance s’il vous plaît ! Les hôteliers turcs, travaillant pratiquement à l’abattage, ne s’émeuvent pas des protestations et ainsi ceux qui par exemple étaient au départ d’Alger sûrs d’avoir réservé une chambre triple se retrouvèrent avec une chambre double dotée d’un canapé en guise de troisième lit et pourtant le brave patron de l’ Euro-méditerranéenne a bien empoché pour une chambre triple. Si le tort est réparé le lendemain ou le surlendemain, les agences algériennes ont déjà réalisé leurs gains. Il en fut ainsi, chose encore plus grave, pour cette famille algéroise qui croyait avoir loué un appartement et qui dût accepter des simples chambres à l’hôtel Saphir de Konakli près d’Antalya. Et cette autre famille qui fut contrainte de payer plusieurs centaines d’euros supplémentaires pour avoir le produit qu’elle croyait avoir déjà payé à Alger.
La déconvenue sera encore plus grande, lorsqu’elles découvriront que ceux qui leur ont vendu leurs séjours les ont mises dans les griffes d’hôteliers peu scrupuleux : la nourriture, payée en formule exclusive, était d’une qualité douteuse. Elles retrouvèrent même, et cela durant tout leur séjour, des restes des repas de la veille servis le lendemain comme petit-déjeuner, les jus s’avérèrent être de l’eau colorée et sucrée, quant à la vraie pulpe d’orange, il fallait passer à la caisse à deux euros le petit verre. Est-ce tout ? Non ! Nos touristes ne sont pas encore au bout de leur peine.
Passons sur les cas où les chambres et autres appartements on été trouvés dans un mauvais état, rongés par l’humidité ou encore ne sentant pas la rose. Rapportons donc, chose plus choquante, la mésaventure de cette jeune Algéroise qui, lors de son séjour à Istanbul, se fit rabrouer avec brutalité par le représentant d’Adonis pour avoir osé s’adresser à un autre organisateur d’excursion opérant dans la capitale turque et qui pratiquait des prix plus avantageux pour ses clients. Adonis, prenant certainement les Algériens pour ses clients privatisés donc taillables et corvéables à merci, s’en prit à notre jeune fille qui ne dut son salut qu’à de braves garçons, qui voyant leur compatriote en danger, se mirent à serrer leurs poings et à durcir leurs regards. Le même Adonis, partenaire de nos agences algériennes de tourisme, attirera plusieurs fournées de touristes dans un traquenard qu’il doit renouveler depuis belle lurette. La combine est montée avec une société étatique turque qui commercialise des bijoux, une autre qui vend des habits en cuir et enfin un restaurateur d’Antalya. On fait croire aux touristes qu’ils vont visiter des usines et se restaurer dans un bon établissement.
Le pot aux roses ne sera découvert par les intéressés que vers la fin du circuit. Point de visite sérieuse pour les process de fabrication des bijoux et du cuir mais par contre de très longs moments aux halls d’exposition où des vendeurs particulièrement agressifs tentent de vendre des produits près de dix fois leur prix en Algérie. Le comble du comble sera atteint le dernier jour au moment de l’embarquement, lorsque le représentant d’Adonis disparaît avec les passeports : il était parti accueillir ses nouvelles victimes algériennes qui venaient juste d’arriver. Et la morale de tout cela? L’Etat algérien devrait certainement organiser ce secteur qui, rappelons-le, a déjà fait des victimes par milliers parmi les hadjis et ceux qui pratiquent la Omra. Les agenciers, pour une grosse partie d’entre eux, ne sont ni honnêtes, ni professionnels, ni dotés de moyens pour vendre des produits aussi sensibles ni suffisamment encadrés par des textes législatifs capables de défendre les intérêts des consommateurs. Un touriste devrait pouvoir trouver des lois pour attaquer en justice celui qui a encaissé mais qui ne s’acquitte pas de sa part de contrat.

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