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Sondages d’opinion en Algérie : Un marché sans transparence et non évalué

18 avril 2011 à 1 h 00 min

Seul un expert algérien, Laïd Zaghlami, professeur à l’Institut de l’information, a dénoncé la manipulation dans les enquêtes de sondage en Algérie à partir de ses multiples expériences par le passé, sans citer des exemples.
Il faut dire que l’expérience dans le domaine des sondages d’opinion en Algérie est confrontée à des lacunes. Et pour cause, le sondage pour le recensement économique, qui sera lancé à la fin du mois en cours, risque de coûter au Trésor une fortune dont on refuse de donner une estimation, puisque ce recensement se dégradera au fur à mesure que le temps passe, selon Benoît Riandey, statisticien à l’Institut national d’études démographiques (INED) de Paris et président du groupe enquête de l’association professionnelle des statisticiens en France (Société française de la statistique).

Comparant la situation de l’activité économique en Algérie à celle de la France, M. Riandey met en exergue la prédominance du secteur informel dans le pays d’où la nécessité d’enquêtes spécifiques pour le secteur informel. Pour lui, «ce n’est pas en enquêtant auprès des entreprises qu’on aura des informations sur le secteur informel». Pour rappel, le recensement économique en question sera réalisé en trois phases par Digitech, dont une première pour le dénombrement des entreprises. Il s’agit d’enregistrer, pour chaque entité, sa localisation, son identification complète, les données relatives à l’emploi, son chiffre d’affaires et, le point central de l’enquête, son activité, selon une présentation passée de Wassila Sami, de l’Office national de statistiques d’Algérie et Sabrina Conti de Digitech.

L’informel échappera au sondage

Il se trouve que ce genre de recensement n’est plus effectué en France depuis au moins 20 ans, selon M. Riandey. De plus, ce dernier signale que dans ce recensement, le secteur informel échappera complètement au sondage. Pire encore, entre temps des entreprises vont naître et d’autres vont disparaître.Donc, les premières ne seront pas enquêtées puisqu’elles ne figureront pas dans le fichier national. Pour sa part, Youcef Bazizi, directeur à l’ONS, explique que «l’enquête économique est un recensement exhaustif  et l’ensemble des communes sera touché».
Il s’agit «d’un sondage qui touchera l’ensemble des opérateurs économiques publics et privés. Il consistera, selon lui, à obtenir un fichier des entreprises et établissements économiques en Algérie qui permettra d’avoir une harmonisation entre les différentes structures publiques détentrices et utilisatrice de ce fichier». 

Il y aura d’abord la phase d’identification, puis une enquête approfondie, avec des agrégats économiques, qui portera sur un échantillon d’entreprises. Grâce à un logiciel, les questionnaires seront remplis par saisie optique en français et en caractère latin avec des lettres majuscules. Par ailleurs, «des informations devraient être codées, car il ne suffit pas de connaître le nom de l’entreprise mais de savoir sa branche d’activité pour entrer dans la comptabilité nationale par secteur économique», précise ce statisticien. Ainsi, la plupart des questionnaires sont directement exploitables par informatique, ce qui fait gagner beaucoup de temps, d’après lui. Cet expert français relève aussi que «la mesure d’audience, du lectorat ou de l’affichage dans la rue, est un facteur de régulation des prix pour toutes les démarches publicitaires», en ajoutant que «le prix d’une affiche ou un spot publicitaire sera fixé en fonction du nombre de lecteurs ou d’auditeurs ou de passants devant l’affiche. Donc, il y a une mesure d’impact qui doit être faite avec rigueur pour réguler les prix de la publicité. La concurrence qui existe entre les différents supports médiatiques repose sur ces mesures d’audience».

En fait, «ces mesures apportent des prix qui correspondent à la réalité de l’apport économique pour les entreprises pour que les publicités ne soient pas mensongères et que les prix ne soient pas disproportionnés par rapport à l’avantage que l’entreprise pourra en tirer», a-t-il expliqué. Ce n’est guère le cas en Algérie où le marché de la publicité demeure opaque en absence de transparence et d’évaluation.                                  
 

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