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Nezzar, la décennie 90 et la résistance

05 août 2012 à 10 h 00 min

Tout ce que compte le pays en résidus de l’ex-FIS et en adeptes du «qui tue qui ?» d’ici et d’ailleurs a applaudi à la décision de la justice suisse de refuser l’immunité à Khaled Nezzar, ex-ministre de la Défense nationale, dans le cadre d’une instruction pour «crimes de guerre». Empêtrées dans leur politique «réconciliatrice», les autorités algériennes n’ont pu exprimer une quelconque solidarité ou venir au secours d’un des leurs. Quant à la société, elle n’est pas arrivée à sortir de son profond silence, son choix restant toujours l’oubli comme thérapie des lourds traumatismes vécus. Mais peut-on se taire sur cette affaire liée au plus grand drame, après la colonisation, vécu par le peuple algérien ? Toute une nation a failli basculer de la modernité vers le Moyen-Âge par le fait de forces obscurantistes, n’eut été une incroyable résistance populaire appuyée par une armée régulière patriotique qui a pu sortir relativement indemne du choc d’Octobre 1988.

Cette résistance rassemblait, outre les structures de l’Etat, des comités de village, les associations de femmes, les corporations (journalistes, magistrats, fonctionnaires…), des intellectuels et des artistes, des citoyens, etc. L’ANP était un élément de ce front, certes le plus fort. Mais elle n’agissait pas seule, elle obéissait à des ordres politiques, notamment du HCE, le Haut Comité d’Etat qui palliait la vacance présidentielle. Khaled Nezzar œuvrait dans le cadre de cet engagement de la population à s’opposer coûte que coûte à la déferlante intégriste. Fort de la légitimité qu’il tirait de la résistance populaire, l’ex-ministre de la Défense et ses pairs de l’institution militaire décidèrent l’interruption du processus électoral et l’engagement frontal de l’armée régulière contre les groupes terroristes du GIA et de l’AIS. L’ONG suisse Trial, à l’origine de la plainte déposée contre lui, a ignoré cette réalité, à l’évidence pour ne pas perturber son montage juridique. Une ONG suspecte du fait que son palmarès se résume à la condamnation d’un maire du Rwanda. Elle n’a nullement inquiété les généraux et responsables politiques israéliens ainsi que les dictateurs de tout poil arabes qui transitent régulièrement par la Suisse. Si Trial et les juges suisses voulaient faire œuvre utile pour le drame algérien, leur regard doit se tourner vers les chefs politiques de la mouvance intégriste et en direction de leurs bras armés qu’étaient les GIA, l’AIS, le GSPC dont l’avatar d’aujourd’hui est AQMI.

Cette ONG suisse et les magistrats helvétiques sont dans le même état d’esprit qu’il y a quinze ou vingt ans, lorsque le péril intégriste était sous-estimé, voire méconnu en Occident. Cet état d’esprit a radicalement changé après l’attaque spectaculaire du 11 Septembre des deux tours jumelles de New York qui a rappelé au monde entier que l’intégrisme religieux est une des plaies de l’humanité. L’Algérie est vue aujourd’hui comme un des pays qui luttent le mieux contre le terrorisme. Certes, de graves dépassements ont eu lieu durant la décennie rouge qui a vu, outre la mort de dizaines de milliers de personnes, la disparition de centaines de citoyens. Un des devoirs des officiers supérieurs qui étaient en première ligne, parmi eux Khaled Nezzar, est de contribuer à faire la lumière sur le drame de la décennie 1990, notamment sur le sort des disparus pour que leurs proches puissent enfin trouver la paix. Au demeurant, c’est par la vérité et la justice que la page sera tournée définitivement. C’est la voie qu’a choisie l’Afrique du Sud aujourd’hui apaisée, préservée de toute ingérence étrangère.

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