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La raison d’Etat

05 octobre 2008 à 19 h 57 min

Les émeutes du 5 Octobre 1988 qui ont enfanté dans la douleur un nouveau système politique en rupture avec l’héritage du parti unique, voire pour certains la seconde République algérienne, aurait pu et dû, pour les acteurs de ce mouvement et tous les Algériens qui se sont reconnus dans la dynamique d’octobre entrer par la grande porte au panthéon de l’histoire officielle. Et s’ajouter aux dates marquantes qui ont jalonné la construction de l’Etat algérien.

La société civile et une partie de la classe politique qui se réclame de l’opposition au pouvoir célèbrent chaque année cette journée avec cette conviction chevillée au corps qu’octobre 88 aura été un tsunami politique qui avait ébranlé les fondements du système en place. Pour eux, les jeunes qui sont sortis dans la rue, bravant un système policier formaté à la culture de la lutte contre la subversion faisant de chaque Algérien un suspect potentiel qui mérite une surveillance policière étroite et une répression féroce contre ceux qui contreviendraient à cette règle, ne sont pas des casseurs professionnels, selon l’appréciation qui en avait été faite et que l’on continue à faire de ces événements dans les milieux officiels. L’histoire finira bien un jour par s’écrire et révéler les tenants et aboutissants de ces journées d’émeutes sur lesquelles on continue encore aujourd’hui, vingt ans après, dans les sphères officielles, à imposer une chape de plomb pour ne retenir de ces événements que la violence et les actes de destruction des édifices publics et autres symboles de l’Etat pour démontrer le caractère «contre-révolutionnaire» du mouvement, selon l’acte d’accusation que le système brandissait à la face de toutes les voix discordantes. Faudrait-il s’étonner de cela ?

De ce que le pouvoir fut amené à fermer ce dossier sans l’avoir jamais ouvert en dénonçant, pour mieux noyer le poisson, la manipulation et l’instrumentalisation de ces événements sans lever le voile sur l’identité de ces manipulateurs de l’ombre et leurs desseins. Aujourd’hui, deux versions sur les causes de ces émeutes qui renvoient à deux Algérie qui n’arrivent pas à se regarder en face et à se dire les vérités sur ces épisodes de l’histoire s’affrontent sur le sens à donner à ces événements, sur leur portée politique. Les acteurs qui ont géré de près ou de loin ces événements, au niveau politique ou sur le terrain, affichent un embarras certain à s’exprimer sur ces événements. L’initiative d’El Watan de faire parler certains responsables directs dans le cadre de son supplément sur le 5 Octobre et qui s’est heurtée à un mur du silence en témoigne. Les rares acteurs qui ont osé brisé la loi du silence se sont cantonnés dans des lectures conventionnelles et des lieux communs qui ne font pas avancer le débat sur la quête de la vérité sur ces événements.
Deux décennies après, les événements d’Octobre semblent relever encore de la raison d’état. Sinon, comment expliquer qu’aucun colloque officiel sur ces événements n’ait été organisé à ce jour pour réfléchir sur les origines et la portée du 5 Octobre, qu’aucune enquête n’ait été diligentée ?


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