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La jeunesse à vau-l’eau

31 août 2008 à 21 h 04 min

Les déclarations triomphalistes des autorités sur l’état de l’économie du pays sont démenties tous les jours par les arrestations de harraga sur les côtes algériennes et européennes. Ils ne se comptent plus par dizaines, mais par centaines. Leur détermination est si forte que leur fuite se poursuit même après avoir été interceptés par les forces navales, comme nous l’avons vu, le week-end dernier, à Annaba, où 17 harraga ont réussi à escalader le mur d’enceinte du groupement des gardes-côtes et à s’évaporer dans la nature. Les pouvoirs publics ont beau rester muets sur ce phénomène qui se développe chaque jour, la réalité est là : les jeunes Algériens fuient leur pays au péril de leur vie et au mépris de la loi, qui se durcit. Les autorités demeurent silencieuses parce que cette fuite éperdue des jeunes Algériens renvoie l’image de l’échec de la politique suivie par les équipes gouvernementales successives. Les chiffres rendus publics sur la situation socioéconomique du pays laissent perplexes les institutions internationales, dont les rapports classent régulièrement l’Algérie lanterne rouge en matière de sous-développement et de corruption. Il faut une bonne dose d’audace et de cynisme pour prétendre que le taux de chômage est de 12%, alors qu’il oscille entre 25% et 30% selon des études sérieuses. Les statistiques officielles incluent la précarité dans le système de calcul, considérant les postes créés dans le cadre du filet social, rémunérés à 2000 ou 3000 DA, comme étant des emplois à plein temps.

Cette humiliation des jeunes organisée à travers les plans dits de soutien à l’emploi a laissé des blessures profondes et une désillusion sans retour sur la volonté du système politique en place à assurer un avenir décent aux Algériens. Avec 80 milliards de dollars de revenus cette année et des réserves de change qui devront dépasser les 150 milliards à la fin de l’année, le pays est l’un des plus «riches» d’Afrique, le 4e selon la Banque africaine de développement. En matière de répartition des richesses, l’Algérie est la plus mal lotie. 20% de la population, soit 6,5 millions d’Algériens, vivent sous le seuil de la pauvreté, avec moins de deux dollars par jour, selon les estimations du programme des Nations unies pour le développement. Les revenus du pays augmentent, le fossé social se creuse, les pauvres deviennent plus pauvres, la classe moyenne disparaît, les jeunes se jettent à la mer… L’explication de ce déséquilibre entre les revenus engrangés par le pays et le niveau de vie des Algériens tient en peu de mots : la corruption, l’incompétence et la mauvaise gouvernance. La démocratie, seul remède contre ces maux, est mise en stand-by par le système politique dont le seul objectif est de rester en place et de survivre aux jeunes…

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